Vingt millions de plus pour le septième art - Diane Lemieux dévoile sa politique du cinéma
Québec double le budget consacré à la production de longs métrages en français
Vingt millions par année d'argent neuf, voilà ce que le gouvernement du Parti québécois a ratissé pour le septième art dans sa nouvelle politique québécoise du cinéma, laquelle entrera en vigueur dès le 1er avril. Celle-ci a été lancée hier à l'heure du budget par la ministre de la Culture, Diane Lemieux, sous le titre de Pour porter le Québec à l'écran.
Un montant annuel de neuf millions excédentaire viendra soutenir la production des longs métrages de langue française, doublant ainsi le budget qui leur était alloué par le Québec (lequel passe de neuf millions à 17,9 millions).
Aide à la création, à la production en français et à l'accès du public à une cinématographie variée sont les grands axes sur lesquels repose cette nouvelle politique. Son but n'est pas nécessairement d'augmenter le nombre de films québécois mais de leur octroyer un budget moyen plus élevé. Elle entend aussi augmenter le nombre de tournages sur nos terres.
Jusqu'à maintenant, toutes enveloppes confondues (les crédits d'impôt y compris), le Québec consacrait une centaine de millions de dollars au secteur de l'audiovisuel. Il en ajoute vingt aujourd'hui, ce qui n'est pas énorme. De cette somme, 7,4 millions annuels sont des fonds directs et 12,6 millions iront de leur côté grossir le montant alloué par les crédits d'impôt.
Une longue gestation
Sans vouloir crier au pactole, la ministre de la Culture, Diane Lemieux, parlait hier au Devoir de ces nouveaux fonds comme d'une somme significative. «Je ne pouvais pas ne plus essayer avec cette politique de ramasser les gaffes du fédéral. Les choix récents du gouvernement canadien, à Téléfilm entre autres, créent des distorsions terribles. Notre choix fut de donner un appui marqué au long métrage de langue française, en misant sur la diversification plutôt que sur un cinéma surtout commercial.»
Il aura été dit que la longue gestation de la politique québécoise du cinéma allait connaître un accouchement tardif. C'est à la onzième heure, soit le jour du discours du budget et la veille du dévoilement de la date des élections, que la ministre de la Culture a lancé hier sa très attendue politique du cinéma. Rappelons que le projet fut annoncé par Agnès Maltais en juillet 2000 pour l'été suivant mais qu'il traîna en longueur et fut repris par Diane Lemieux, qui hérita de son portefeuille et accumula aussi les délais. Le voici enfin sur ses rails.
Les grandes lignes de cette politique avaient déjà été dévoilées. S'y ajoutent des sommes allouées à chaque volet: aide accrue au scénario et au développement de projets (700 000 $), davantage d'argent pour les oeuvres en langue française (neuf millions), le tout en aide sélective. L'animation, le documentaire d'auteur et le court métrage recevront une aide particulière (un million de plus pour ces deux dernières catégories). Des bourses de carrière seront créées à l'intention des scénaristes et des réalisateurs. Par ailleurs, des projets dans le domaine des arts médiatiques à caractère expérimental seront mieux appuyés.
En gros, la SODEC voit ses crédits doubler: de 15,5 millions à 31,5 millions, tandis que le budget du CALQ verra ses crédits passer de 1,4 million à 2,1 millions. Ces deux organismes seront les principaux gestionnaires des nouveaux fonds.
Autre objectif majeur: aider les régions à avoir enfin un accès digne de ce nom à la culture cinématographique, en créant un levier additionnel pour inciter les producteurs à tourner et à investir hors métropole, en soutenant les initiatives régionales, en créant un nouveau programme d'aide et de mise en marché des productions québécoises. Il y aura plus de copies de films et des efforts des exploitants de salles se verront encouragés pour une diffusion sur l'ensemble du territoire québécois.
Le milieu scolaire
Cette politique entend également améliorer l'accès à la culture cinématographique. Éducation, sensibilisation des publics devraient déboucher sur le soutien en milieu scolaire des activités éducatives en cinéma, notamment à travers des activités parascolaires. La formation de la main-d'oeuvre sera étudiée et mieux encadrée.
Côté exportation des oeuvres québécoises, 600 000 $ seront injectés pour élaborer une nouvelle stratégie, afin de développer des marchés étrangers pour nos films. Le doublage des films au Québec sera soutenu par un nouveau crédit d'impôt. Cette mesure ne concerne toutefois pas les oeuvres américaines, qui elles font l'objet d'un tarif préférentiel incitatif. Pas d'obligation de doubler chez nous, donc.
Par ailleurs, la Loi sur le cinéma sera modifiée afin de permettre l'instauration du dépôt légal pour les documents d'images en mouvement. Obligation sera faite de déposer une copie des films à la Cinémathèque québécoise, mesure que la plupart des distributeurs respectaient déjà. Le budget des festivals de cinéma augmentera sans qu'on exige d'eux, le cas échéant, des réorientations nouvelles.
Des mesures ayant été fortement envisagées ont été écartées de cette politique: l'imposition (comme en France) d'une taxe à la billetterie, par exemple, permettant de réinvestir dans la production. Ou des quotas exigés des exploitants de salles pour diffuser un pourcentage d'oeuvres québécoises. La ministre Lemieux dit préférer soutenir le cinéma plutôt que de l'assujettir à des règles trop strictes. Quotas et redevances à la billetterie étaient, il est vrai, des mesures très impopulaires chez les exploitants de salles. Cette politique n'a décidément brusqué personne.
Un montant annuel de neuf millions excédentaire viendra soutenir la production des longs métrages de langue française, doublant ainsi le budget qui leur était alloué par le Québec (lequel passe de neuf millions à 17,9 millions).
Aide à la création, à la production en français et à l'accès du public à une cinématographie variée sont les grands axes sur lesquels repose cette nouvelle politique. Son but n'est pas nécessairement d'augmenter le nombre de films québécois mais de leur octroyer un budget moyen plus élevé. Elle entend aussi augmenter le nombre de tournages sur nos terres.
Jusqu'à maintenant, toutes enveloppes confondues (les crédits d'impôt y compris), le Québec consacrait une centaine de millions de dollars au secteur de l'audiovisuel. Il en ajoute vingt aujourd'hui, ce qui n'est pas énorme. De cette somme, 7,4 millions annuels sont des fonds directs et 12,6 millions iront de leur côté grossir le montant alloué par les crédits d'impôt.
Une longue gestation
Sans vouloir crier au pactole, la ministre de la Culture, Diane Lemieux, parlait hier au Devoir de ces nouveaux fonds comme d'une somme significative. «Je ne pouvais pas ne plus essayer avec cette politique de ramasser les gaffes du fédéral. Les choix récents du gouvernement canadien, à Téléfilm entre autres, créent des distorsions terribles. Notre choix fut de donner un appui marqué au long métrage de langue française, en misant sur la diversification plutôt que sur un cinéma surtout commercial.»
Il aura été dit que la longue gestation de la politique québécoise du cinéma allait connaître un accouchement tardif. C'est à la onzième heure, soit le jour du discours du budget et la veille du dévoilement de la date des élections, que la ministre de la Culture a lancé hier sa très attendue politique du cinéma. Rappelons que le projet fut annoncé par Agnès Maltais en juillet 2000 pour l'été suivant mais qu'il traîna en longueur et fut repris par Diane Lemieux, qui hérita de son portefeuille et accumula aussi les délais. Le voici enfin sur ses rails.
Les grandes lignes de cette politique avaient déjà été dévoilées. S'y ajoutent des sommes allouées à chaque volet: aide accrue au scénario et au développement de projets (700 000 $), davantage d'argent pour les oeuvres en langue française (neuf millions), le tout en aide sélective. L'animation, le documentaire d'auteur et le court métrage recevront une aide particulière (un million de plus pour ces deux dernières catégories). Des bourses de carrière seront créées à l'intention des scénaristes et des réalisateurs. Par ailleurs, des projets dans le domaine des arts médiatiques à caractère expérimental seront mieux appuyés.
En gros, la SODEC voit ses crédits doubler: de 15,5 millions à 31,5 millions, tandis que le budget du CALQ verra ses crédits passer de 1,4 million à 2,1 millions. Ces deux organismes seront les principaux gestionnaires des nouveaux fonds.
Autre objectif majeur: aider les régions à avoir enfin un accès digne de ce nom à la culture cinématographique, en créant un levier additionnel pour inciter les producteurs à tourner et à investir hors métropole, en soutenant les initiatives régionales, en créant un nouveau programme d'aide et de mise en marché des productions québécoises. Il y aura plus de copies de films et des efforts des exploitants de salles se verront encouragés pour une diffusion sur l'ensemble du territoire québécois.
Le milieu scolaire
Cette politique entend également améliorer l'accès à la culture cinématographique. Éducation, sensibilisation des publics devraient déboucher sur le soutien en milieu scolaire des activités éducatives en cinéma, notamment à travers des activités parascolaires. La formation de la main-d'oeuvre sera étudiée et mieux encadrée.
Côté exportation des oeuvres québécoises, 600 000 $ seront injectés pour élaborer une nouvelle stratégie, afin de développer des marchés étrangers pour nos films. Le doublage des films au Québec sera soutenu par un nouveau crédit d'impôt. Cette mesure ne concerne toutefois pas les oeuvres américaines, qui elles font l'objet d'un tarif préférentiel incitatif. Pas d'obligation de doubler chez nous, donc.
Par ailleurs, la Loi sur le cinéma sera modifiée afin de permettre l'instauration du dépôt légal pour les documents d'images en mouvement. Obligation sera faite de déposer une copie des films à la Cinémathèque québécoise, mesure que la plupart des distributeurs respectaient déjà. Le budget des festivals de cinéma augmentera sans qu'on exige d'eux, le cas échéant, des réorientations nouvelles.
Des mesures ayant été fortement envisagées ont été écartées de cette politique: l'imposition (comme en France) d'une taxe à la billetterie, par exemple, permettant de réinvestir dans la production. Ou des quotas exigés des exploitants de salles pour diffuser un pourcentage d'oeuvres québécoises. La ministre Lemieux dit préférer soutenir le cinéma plutôt que de l'assujettir à des règles trop strictes. Quotas et redevances à la billetterie étaient, il est vrai, des mesures très impopulaires chez les exploitants de salles. Cette politique n'a décidément brusqué personne.
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