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Le monde selon Babine

La grosse production québécoise de la saison à saveur fantastique, réalisée par Luc Picard sur un scénario du conteur Fred Pellerin, gagnera une foule d'écrans vendredi prochain

Odile Tremblay   22 novembre 2008  Cinéma
Quand j'ai rencontré Fred Pellerin et Luc Picard, ils arrivaient de Saint-Élie-de-Caxton. La veille, la population avait réservé une ovation monstre au film Babine projeté dans l'église. Huit cent personnes, un petit tapis rouge, Bernard Derome commentant en direct. La totale! Fred Pellerin voulait plaire aux gens du village. De fait, ce sont leurs histoires qu'il raconte sur scène, sur disque, et ici à l'écran, mais mythifiées, modifiées, avec une dimension supplémentaire. Il s'agit de leur héritage et aussi du sien, puisque le conteur habite Saint-Élie et veut pouvoir regarder ses habitants dans les yeux, au coin des rues. «Pour les gens, c'est une source de fierté, de voir leurs anecdotes recueillies dans un garage devenir matière au septième art... On était ravis de les trouver si enthousiastes.»
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  • Micheline Pelletier
    Abonné
    mardi 28 juillet 2009 01h23
    Quelqu'un aura-t-il le courage d'avouer que c'est raté?
    On aime Fred Pellerin, on aime Luc Picard, on avait envie que ce soit bon, mais ça ne prend pas. Peut-être parce qu'un conte, ça ne se transforme tout simplement pas en film? En allant voir Pellerin en spectacle, on est ébloui par sa virtuosité langagière, ses textes mouvants, vivants, qui perdent leur fraîcheur sitôt qu'on tente de les figer à l'écrit. Chez Pellerin, la trame de l'histoire n'occupe qu'une importance minime par rapport aux chemins qu'emprunte la verve du conteur jusqu'au dénouement et l'émerveillement vient moins du récit lui-même que de l'aisance du conteur à retrouver chaque fois le fil de son histoire malgré ses mille détours. À l'écran, le massacre est total. Pour habiller l'histoire de Babine, dépouillée des envolées lyriques du conteur, on a tablé sur la mièvrerie et les bons sentiments. Et sur des visages archiconnus. C'est du Pellerin mort et suremballé.

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