Tir ami
Grégoire Collin joue le rôle d’un tueur à gages, dans le premier long métrage de Cédric Anger.
L'idée de départ est excellente: un homme d'affaires (Gilbert Melki) se sent menacé, un tueur à gages (Grégoire Collin) est sur sa piste. Qui sont le commanditaire et l'intermédiaire et comment retarder l'inéluctable? En faisant du tueur son ami, pour ensuite lui demander, non pas de renverser la sentence, mais de lui accorder un sursis. Le Tueur raconte, justement, l'intervalle, le sursis, entre ce qui est annoncé et ce qui arrivera. Or, le début et la fin, collés, auraient fait un excellent court métrage. Espacés d'une heure, ils forment les bouts d'une oeuvre spleenétique peu convaincante et trop manifestement rembourrée, qui s'étire jusqu'à l'ennui.
L'ennui étant que Cédric Anger, scénariste du Petit Lieutenant, qui signe ici son premier long métrage en tirant grand bénéfice des images bleu-gris de Caroline Champetier (qui a travaillé avec Rivette, Jacquot, Doillon, etc.), meuble et rembourre avec des développements forcés et de la psychologie de salon. Son scénario, méticuleusement articulé autour d'ellipses et de jump cuts, reste à la surface des personnages et leur donne une fausse profondeur à coups de révélations à demi-mot et d'anecdotes pas toujours convaincantes. Sur le père inconnu du tueur, par exemple.
Mélanie Laurent (Je vais bien, ne t'en fais pas), qui campe une call-girl embauchée par la victime pour distraire l'assassin professionnel, redonne un peu d'élan au film en forçant le tueur mystérieux à verbaliser ce qui est en dedans de lui. Mais son personnage n'est que ça et ça se voit: une fonction. Jamais une âme, ou un imprévu, ou un élément chaotique. De plus, cette héroïne sent la matérialisation du fantasme de scénariste bien plus qu'elle n'évoque son appartenance au réel, dans lequel elle est censée être taillée. Au final, elle aurait pu ne pas y être, ce qui eut été dommage puisque Mélanie Laurent est une excellente comédienne. Mais dans ce film sans feu ni flamme, pourtant sélectionné en France pour le prix Louis-Delluc du meilleur premier long métrage, elle fait l'effet d'une borne-fontaine.
***
Collaborateur du Devoir
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Le Tueur
Écrit et réalisé par Cédric Anger. Avec Gilbert Melki, Grégoire Collin, Mélanie Laurent, Xavier Beauvois, Sophie Cattani. Image: Caroline Champetier. Montage: Julier Leloup. Musique: Grégoire Hatzel. France, 2008, 90 min.
L'ennui étant que Cédric Anger, scénariste du Petit Lieutenant, qui signe ici son premier long métrage en tirant grand bénéfice des images bleu-gris de Caroline Champetier (qui a travaillé avec Rivette, Jacquot, Doillon, etc.), meuble et rembourre avec des développements forcés et de la psychologie de salon. Son scénario, méticuleusement articulé autour d'ellipses et de jump cuts, reste à la surface des personnages et leur donne une fausse profondeur à coups de révélations à demi-mot et d'anecdotes pas toujours convaincantes. Sur le père inconnu du tueur, par exemple.
Mélanie Laurent (Je vais bien, ne t'en fais pas), qui campe une call-girl embauchée par la victime pour distraire l'assassin professionnel, redonne un peu d'élan au film en forçant le tueur mystérieux à verbaliser ce qui est en dedans de lui. Mais son personnage n'est que ça et ça se voit: une fonction. Jamais une âme, ou un imprévu, ou un élément chaotique. De plus, cette héroïne sent la matérialisation du fantasme de scénariste bien plus qu'elle n'évoque son appartenance au réel, dans lequel elle est censée être taillée. Au final, elle aurait pu ne pas y être, ce qui eut été dommage puisque Mélanie Laurent est une excellente comédienne. Mais dans ce film sans feu ni flamme, pourtant sélectionné en France pour le prix Louis-Delluc du meilleur premier long métrage, elle fait l'effet d'une borne-fontaine.
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Collaborateur du Devoir
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Le Tueur
Écrit et réalisé par Cédric Anger. Avec Gilbert Melki, Grégoire Collin, Mélanie Laurent, Xavier Beauvois, Sophie Cattani. Image: Caroline Champetier. Montage: Julier Leloup. Musique: Grégoire Hatzel. France, 2008, 90 min.
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