Festival international du film francophone de Namur - Grand petit plus que petit gros
Namur — Gros ou petit, le Festival international du film francophone de Namur? La question peut paraître sans fondement devant l'impressionnant dispositif mis en place par les organisateurs de cette 23e édition, qui s'amorçait vendredi soir dans la capitale wallonne avec la projection de Home, de la Belge Ursula Meier, et qui se dénoue vendredi avec la cérémonie des Bayards, pour lesquels concourent quatorze longs métrages, dont Maman est chez le coiffeur, de Léa Pool, et Tout est parfait, d'Yves Christian Fournier.
Gros ou petit, donc? Avec 150 films au programme, parmi lesquels les récents opus de Depardon (La Vie moderne), de Cantet (Entre les murs, Palme d'or à Cannes), Finkiel (Nulle part, Terre promise) et Doillon (Le Premier Venu, suivi d'un atelier de maître de l'auteur, qui fera rebelote au FNC), on peut difficilement parler de petit événement. Quoique. Avec une faible teneur en primeurs internationales et un taux de fréquentation des salles qui, à vue de nez, doit rarement dépasser les 30 %, Namur paraît résolument provincial. Et s'il a la prétention des grands événements, il a toutes les qualités des petits: convivialité, souplesse d'organisation, décorum au minimum pour maximiser l'accessibilité, bref, la réputation de grandeur que Namur projette sur la scène internationale n'est pas tout à fait mensongère... mais il existe des vérités plus vraies.
Comme chez nous les Rendez-vous du cinéma québécois, Namur est en premier lieu un lieu de rencontres professionnelles (ateliers, rencontres, etc). Le marché francophone étant extrêmement petit au regard du monde anglo-saxon, il se fait ici un important réseautage dont les liens vont de l'Afrique au Québec, en passant par le Liban, la Palestine et la Roumanie. La délégation québécoise en impose, avec une vingtaine de représentants, parmi lesquels on compte la comédienne Céline Bonnier (Truffe), les cinéastes Benoît Pilon (Ce qu'il faut pour vivre), Lyne Charlebois (Borderline) et Léa Pool, ainsi que les producteurs Yves Fortin (Infiniment Québec), Lyse Lafontaine (Maman est chez le coiffeur) et Barbara Shrier (Un été sans point ni coup sûr), cette dernière participant également au jury long métrage.
Yves Christian Fournier y faisait pour la première fois un saut afin d'y présenter Tout est parfait, samedi soir, devant une salle clairsemée de l'Eldorado. Ce qui ne l'a pas empêché d'enchaîner les entretiens, entre dimanche et hier, avec des représentants de la presse d'ici et d'ailleurs. Et il prévoit revenir à l'hiver pour la sortie en France et en Belgique de son film qui voyage si bien et si vite qu'il peine à le suivre. Et pour cause: entre les contrats de réalisation publicitaire, il planche avec l'écrivain Jonathan Harnois sur l'écriture de son prochain long métrage, un film sur la synchronicité entre les êtres et l'aptitude au bonheur, centré sur une relation frère-soeur. Il évoque en en parlant le Stalker de Tarkovski et le Dreamers de Bertolucci. Devant une bonne bière, ce grand cinéphile m'a parlé de son coup de foudre pour Lumière silencieuse, du Mexicain Carlos Reygadas qu'il a vu quelques jours avant de partir. «J'ai hâte de voir cette intelligence dans un film au Québec», affirme sans arrogance celui qui déplore que notre cinéma soit trop assujetti aux coûts de production qui forcent l'accélération des tournages: «On sent trop le contexte de production, dans nos films.»
À la question sur ses ambitions de remporter un prix vendredi soir avec Tout est parfait, déjà primé dans plusieurs festivals, Fournier reprend une expression entendue, dont il oublie l'auteur, et qui dit: «Il ne faut pas rêver d'être numéro un, il faut rêver d'être unique.» Bien vu. Et ça pourrait également être la devise du Festival international du film francophone de Namur.
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Collaborateur du Devoir
Gros ou petit, donc? Avec 150 films au programme, parmi lesquels les récents opus de Depardon (La Vie moderne), de Cantet (Entre les murs, Palme d'or à Cannes), Finkiel (Nulle part, Terre promise) et Doillon (Le Premier Venu, suivi d'un atelier de maître de l'auteur, qui fera rebelote au FNC), on peut difficilement parler de petit événement. Quoique. Avec une faible teneur en primeurs internationales et un taux de fréquentation des salles qui, à vue de nez, doit rarement dépasser les 30 %, Namur paraît résolument provincial. Et s'il a la prétention des grands événements, il a toutes les qualités des petits: convivialité, souplesse d'organisation, décorum au minimum pour maximiser l'accessibilité, bref, la réputation de grandeur que Namur projette sur la scène internationale n'est pas tout à fait mensongère... mais il existe des vérités plus vraies.
Comme chez nous les Rendez-vous du cinéma québécois, Namur est en premier lieu un lieu de rencontres professionnelles (ateliers, rencontres, etc). Le marché francophone étant extrêmement petit au regard du monde anglo-saxon, il se fait ici un important réseautage dont les liens vont de l'Afrique au Québec, en passant par le Liban, la Palestine et la Roumanie. La délégation québécoise en impose, avec une vingtaine de représentants, parmi lesquels on compte la comédienne Céline Bonnier (Truffe), les cinéastes Benoît Pilon (Ce qu'il faut pour vivre), Lyne Charlebois (Borderline) et Léa Pool, ainsi que les producteurs Yves Fortin (Infiniment Québec), Lyse Lafontaine (Maman est chez le coiffeur) et Barbara Shrier (Un été sans point ni coup sûr), cette dernière participant également au jury long métrage.
Yves Christian Fournier y faisait pour la première fois un saut afin d'y présenter Tout est parfait, samedi soir, devant une salle clairsemée de l'Eldorado. Ce qui ne l'a pas empêché d'enchaîner les entretiens, entre dimanche et hier, avec des représentants de la presse d'ici et d'ailleurs. Et il prévoit revenir à l'hiver pour la sortie en France et en Belgique de son film qui voyage si bien et si vite qu'il peine à le suivre. Et pour cause: entre les contrats de réalisation publicitaire, il planche avec l'écrivain Jonathan Harnois sur l'écriture de son prochain long métrage, un film sur la synchronicité entre les êtres et l'aptitude au bonheur, centré sur une relation frère-soeur. Il évoque en en parlant le Stalker de Tarkovski et le Dreamers de Bertolucci. Devant une bonne bière, ce grand cinéphile m'a parlé de son coup de foudre pour Lumière silencieuse, du Mexicain Carlos Reygadas qu'il a vu quelques jours avant de partir. «J'ai hâte de voir cette intelligence dans un film au Québec», affirme sans arrogance celui qui déplore que notre cinéma soit trop assujetti aux coûts de production qui forcent l'accélération des tournages: «On sent trop le contexte de production, dans nos films.»
À la question sur ses ambitions de remporter un prix vendredi soir avec Tout est parfait, déjà primé dans plusieurs festivals, Fournier reprend une expression entendue, dont il oublie l'auteur, et qui dit: «Il ne faut pas rêver d'être numéro un, il faut rêver d'être unique.» Bien vu. Et ça pourrait également être la devise du Festival international du film francophone de Namur.
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