La 21e édition des Rendez-vous du cinéma québécois - Reflet d'une industrie en pleine expansion
Les Rendez-vous du cinéma québécois entament leur 21e édition cette année. Du 20 février au 2 mars, cette «grande fête du cinéma québécois» pose un regard sur la production cinématographique annuelle, en plus d'offrir des événements spéciaux, des projections gratuites et des hommages aux artisans du cinéma québécois. Cette année, 200 films seront projetés dans le cadre des Rendez-vous, dont 36 longs métrages, 39 courts et moyens métrages, 59 documentaires, 18 films d'animation et 41 films dans la catégorie Art et expérimentation. Entretien avec Ségolène Roederer, directrice des Rendez-vous du cinéma québécois.
Les Rendez-vous du cinéma québécois évoluent dans le paysage cinématographique depuis maintenant 20 ans et font preuve, depuis les quatre dernières années, d'une volonté de toucher un plus grand public. Créés dans une optique d'échanges intellectuels entre les gens du milieu cinématographique, les Rendez-vous du cinéma québécois (d'abord appelés les Rendez-vous d'automne du cinéma québécois) sont en pleine croissance. «Ça a été une force des Rendez-vous d'être un organisme assez petit, qui fonctionnait seulement six mois par année», croit la directrice. Mais, ajoute-t-elle, «on ne peut pas organiser une fête où l'on convie seulement une partie des gens».
Pour pouvoir toucher un plus grand public, les Rendez-vous ont pris les grands moyens. Ceux-ci fonctionnent maintenant à l'année, ont quitté l'Association des cinémas parallèles du Québec (ACPQ) qui leur servait de tutelle administrative, et ont donc déménagé dans leurs propres locaux, augmenté leur budget et le nombre de leurs partenaires et surtout «créé des événements qui touchent un public cinéphile, mais qui ne fait pas obligatoirement partie du milieu».
Des événements tels qu'une nouvelle série, «Nos plus beaux films d'hiver», à l'occasion de laquelle seront présentés des classiques du cinéma québécois abordant le thème de l'hiver. On projettera gratuitement à la Place des Arts Kamouraska de Claude Jutra, Gina de Denys Arcand, La Vie heureuse de Léopold Z de Gilles Carle et Le Martien de Noël de Bernard Gosselin.
Expansion régionale et internationale
De plus, les Rendez-vous du cinéma québécois organiseront pour la première fois, en collaboration avec Musique Plus, une tournée dans dix cégeps de la province du 12 mars au 20 avril. «C'est un peu comme une caravane du cinéma, explique Ségolène Roederer. On emmène quelques décors, des acteurs, des réalisateurs, nos films et on passe d'une ville à l'autre.» Une première projection de courts métrages aura lieu dans les cégeps, suivie d'un 5 à 7 pendant lequel les étudiants pourront discuter cinéma avec les acteurs et les réalisateurs. Puis, le soir, un long métrage de fiction sera projeté dans un cinéma de la ville.
«On veut être plus présent au niveau régional, d'où la tournée des cégeps, et on veut aussi profiter du fait qu'on est les seuls au Québec a avoir visionné les 400 oeuvres produites cette année», poursuit la directrice des Rendez-vous. «On voudrait pouvoir servir de référence et contribuer à un rayonnement international de notre cinéma, qui reste très local au niveau de sa diffusion. Donc, inviter des observateurs étrangers pendant cette grande fête du cinéma québécois, et se jumeler avec des événements internationaux qui pourraient nous ressembler et qui pourraient recevoir un volet québécois.»
Nouveau jury
Parmi les 400 films produits cette année, 200 seront présentés dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois, dont 36 longs métrages. Avec l'expansion qu'a pris l'événement, une sélection est effectivement nécessaire, bien qu'un des buts premiers des Rendez-vous ait été de présenter un éventail complet des productions annuelles. «Les Rendez-vous restent une rétrospective, mais sélective, selon Ségolène Roederer. On jette un regard sur la production et on fait des choix. Ça va avec le fait qu'il y a une explosion de l'industrie et du milieu du cinéma.»
Cette année, les Rendez-vous ont donc changé leur méthode de sélection. Jusqu'à l'année dernière, un comité de trois à cinq bénévoles issus du milieu visionnait les films reçus et faisait des choix parmi ceux-ci selon les catégories. Mais cette année, devant la quantité de films reçus, «c'était le moment d'assumer le fait que les Rendez-vous sont sélectifs, croit la directrice. On a donc formé un comité de trois personnes qui ont regardé les 400 oeuvres, et à qui on a joint un spécialiste par catégorie. Les films présentés durant les dix jours sont donc des films sélectionnés au préalable par les Rendez-vous.» La seule catégorie pour laquelle jusqu'à présent aucune sélection n'est effectuée reste celle des longs métrages.
Un rendez-vous essentiel
«Quand les Rendez-vous ont été créés, il y a 20 ans, il y avait un besoin absolu de réunir, de rassembler un milieu en émergence, dit Ségolène Roederer. Vingt ans après, le besoin de se rassembler reste là, le besoin de promouvoir notre cinéma aussi et, depuis cinq ans, on sent vraiment que l'industrie se positionne de façon assez forte au Québec.»
Il y a cinq ans justement naissait la Soirée des Jutra, événement télévisé qui, pendant un moment, a semblé vouloir faire de l'ombre aux Rendez-vous. «Je pense que les Jutra ont été créés au moment où l'industrie [du cinéma québécois] avait absolument besoin de se serrer les coudes pour prouver qu'elle existait, dit Ségolène Roederer. Je pense que, jusqu'à ces dernières années, on n'était pas vraiment sûr que le cinéma québécois pouvait exister et je pense que là, ça y est, on est en train de le prouver.» La directrice ajoute que «les Rendez-vous et les Jutra sont deux événements tout à fait complémentaires. Les Rendez-vous ont continué à se développer au cours des années et maintenant, ils sont plus que jamais un outil important qui peut faire un travail formidable parallèlement avec les Jutra.»
Primeurs et événements spéciaux
Bien que les Rendez-vous du cinéma québécois constituent un regard sur la production cinématographique de l'année précédente, quelques primeurs seront à l'affiche. Entre autres le film d'ouverture, The Favorite Game de Bernar Hébert, adapté du roman de Leonard Cohen; le film de clôture, Au fil de l'eau de Jeanine Gagné; Le Manuscrit érotique de Jean Pierre Lefebvre et Summer de Phil Price.
La formule du Café SAQ des Rendez-vous — des 5 à 7 animés par Chantal Jolis — revient cette année sur le thème du bonheur de faire du cinéma. Les Rendez-vous rendront également hommage à la maison de production Cine qua non, ainsi qu'à Kim Yaroshevkaya, dans le cadre d'un événement jeunesse, en plus de célébrer les 40 ans de la Cinémathèque, le 30e anniversaire de l'Association des cinémas indépendants du Québec (ACIQ) ainsi que la 20e édition du Carrousel international du film de Rimouski.
Les Rendez-vous du cinéma québécois évoluent dans le paysage cinématographique depuis maintenant 20 ans et font preuve, depuis les quatre dernières années, d'une volonté de toucher un plus grand public. Créés dans une optique d'échanges intellectuels entre les gens du milieu cinématographique, les Rendez-vous du cinéma québécois (d'abord appelés les Rendez-vous d'automne du cinéma québécois) sont en pleine croissance. «Ça a été une force des Rendez-vous d'être un organisme assez petit, qui fonctionnait seulement six mois par année», croit la directrice. Mais, ajoute-t-elle, «on ne peut pas organiser une fête où l'on convie seulement une partie des gens».
Pour pouvoir toucher un plus grand public, les Rendez-vous ont pris les grands moyens. Ceux-ci fonctionnent maintenant à l'année, ont quitté l'Association des cinémas parallèles du Québec (ACPQ) qui leur servait de tutelle administrative, et ont donc déménagé dans leurs propres locaux, augmenté leur budget et le nombre de leurs partenaires et surtout «créé des événements qui touchent un public cinéphile, mais qui ne fait pas obligatoirement partie du milieu».
Des événements tels qu'une nouvelle série, «Nos plus beaux films d'hiver», à l'occasion de laquelle seront présentés des classiques du cinéma québécois abordant le thème de l'hiver. On projettera gratuitement à la Place des Arts Kamouraska de Claude Jutra, Gina de Denys Arcand, La Vie heureuse de Léopold Z de Gilles Carle et Le Martien de Noël de Bernard Gosselin.
Expansion régionale et internationale
De plus, les Rendez-vous du cinéma québécois organiseront pour la première fois, en collaboration avec Musique Plus, une tournée dans dix cégeps de la province du 12 mars au 20 avril. «C'est un peu comme une caravane du cinéma, explique Ségolène Roederer. On emmène quelques décors, des acteurs, des réalisateurs, nos films et on passe d'une ville à l'autre.» Une première projection de courts métrages aura lieu dans les cégeps, suivie d'un 5 à 7 pendant lequel les étudiants pourront discuter cinéma avec les acteurs et les réalisateurs. Puis, le soir, un long métrage de fiction sera projeté dans un cinéma de la ville.
«On veut être plus présent au niveau régional, d'où la tournée des cégeps, et on veut aussi profiter du fait qu'on est les seuls au Québec a avoir visionné les 400 oeuvres produites cette année», poursuit la directrice des Rendez-vous. «On voudrait pouvoir servir de référence et contribuer à un rayonnement international de notre cinéma, qui reste très local au niveau de sa diffusion. Donc, inviter des observateurs étrangers pendant cette grande fête du cinéma québécois, et se jumeler avec des événements internationaux qui pourraient nous ressembler et qui pourraient recevoir un volet québécois.»
Nouveau jury
Parmi les 400 films produits cette année, 200 seront présentés dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois, dont 36 longs métrages. Avec l'expansion qu'a pris l'événement, une sélection est effectivement nécessaire, bien qu'un des buts premiers des Rendez-vous ait été de présenter un éventail complet des productions annuelles. «Les Rendez-vous restent une rétrospective, mais sélective, selon Ségolène Roederer. On jette un regard sur la production et on fait des choix. Ça va avec le fait qu'il y a une explosion de l'industrie et du milieu du cinéma.»
Cette année, les Rendez-vous ont donc changé leur méthode de sélection. Jusqu'à l'année dernière, un comité de trois à cinq bénévoles issus du milieu visionnait les films reçus et faisait des choix parmi ceux-ci selon les catégories. Mais cette année, devant la quantité de films reçus, «c'était le moment d'assumer le fait que les Rendez-vous sont sélectifs, croit la directrice. On a donc formé un comité de trois personnes qui ont regardé les 400 oeuvres, et à qui on a joint un spécialiste par catégorie. Les films présentés durant les dix jours sont donc des films sélectionnés au préalable par les Rendez-vous.» La seule catégorie pour laquelle jusqu'à présent aucune sélection n'est effectuée reste celle des longs métrages.
Un rendez-vous essentiel
«Quand les Rendez-vous ont été créés, il y a 20 ans, il y avait un besoin absolu de réunir, de rassembler un milieu en émergence, dit Ségolène Roederer. Vingt ans après, le besoin de se rassembler reste là, le besoin de promouvoir notre cinéma aussi et, depuis cinq ans, on sent vraiment que l'industrie se positionne de façon assez forte au Québec.»
Il y a cinq ans justement naissait la Soirée des Jutra, événement télévisé qui, pendant un moment, a semblé vouloir faire de l'ombre aux Rendez-vous. «Je pense que les Jutra ont été créés au moment où l'industrie [du cinéma québécois] avait absolument besoin de se serrer les coudes pour prouver qu'elle existait, dit Ségolène Roederer. Je pense que, jusqu'à ces dernières années, on n'était pas vraiment sûr que le cinéma québécois pouvait exister et je pense que là, ça y est, on est en train de le prouver.» La directrice ajoute que «les Rendez-vous et les Jutra sont deux événements tout à fait complémentaires. Les Rendez-vous ont continué à se développer au cours des années et maintenant, ils sont plus que jamais un outil important qui peut faire un travail formidable parallèlement avec les Jutra.»
Primeurs et événements spéciaux
Bien que les Rendez-vous du cinéma québécois constituent un regard sur la production cinématographique de l'année précédente, quelques primeurs seront à l'affiche. Entre autres le film d'ouverture, The Favorite Game de Bernar Hébert, adapté du roman de Leonard Cohen; le film de clôture, Au fil de l'eau de Jeanine Gagné; Le Manuscrit érotique de Jean Pierre Lefebvre et Summer de Phil Price.
La formule du Café SAQ des Rendez-vous — des 5 à 7 animés par Chantal Jolis — revient cette année sur le thème du bonheur de faire du cinéma. Les Rendez-vous rendront également hommage à la maison de production Cine qua non, ainsi qu'à Kim Yaroshevkaya, dans le cadre d'un événement jeunesse, en plus de célébrer les 40 ans de la Cinémathèque, le 30e anniversaire de l'Association des cinémas indépendants du Québec (ACIQ) ainsi que la 20e édition du Carrousel international du film de Rimouski.
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