Leurre est au DocuMenteur
Une projection en plein air, avec pour seule pollution lumineuse la valse des aurores boréales
Et si l'Abitibi-Témiscamingue réclamait son indépendance avant le Québec? C'est le grand rêve que caressent secrètement — très secrètement — les organisateurs du Festival du DocuMenteur, qui tient sa cinquième édition depuis mardi et jusqu'à demain soir, dans la région 08. Comme l'année. Une bonne cuvée, vous dites?
Ce grand rêve d'indépendance, ils nous l'avaient exprimé bien avant que le Festival du DocuMenteur ne voie le jour. Reprenant à leur sauce le langage cinématographique propre au documentaire, les trois joyeux lurons avaient présenté une parodie publicitaire du Front de libération de l'Abitibi-Témiscamingue (FLAT), une organisation politique «ambidextre» — qui se promène entre la droite et la gauche — qui disait vouloir «s'approprier les ressources» de la région. Ils nous avaient aussi presque fait croire à une éventuelle annexion de l'Abitibi-Témiscamingue à l'Union européenne... C'est exprimer le genre de duperie dont ils étaient — et sont toujours — capables.
C'était l'époque où Les Racamés — un collectif de vidéastes amateurs — tenaient mensuellement une soirée de projection de courts et moyens métrages, dans la foulée du mouvement Kino présent un peu partout dans la province. Depuis, la vidéo vit sporadiquement mais intensément en Abitibi-Témiscamingue. Carol Courchesne, directeur artistique et membre fondateur du Fodoc, a, depuis son implication dans Les Racamés, gagné la confiance des organisateurs du couru Festival de cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, qui lui ont confié la responsabilité de l'Espace Vidéo. Mais il en voulait encore plus. Avec Ariane Gélinas et Émilie Villeneuve, deux autres accrocs de la pellicule, il a songé un festival où les projections se feraient sur une scène extérieure, avec pour seule pollution lumineuse la valse des aurores boréales.
À force d'investissement personnel et d'imagination, cela fait maintenant cinq ans que les amateurs de vidéo et de mensonge peuvent se rassembler, aux abords du lac Osisko, pour se régaler en HD. «[Le but], c'est de rendre accessible une tribune pour la relève en vidéo. [...] Le genre "documenteur" permet la création d'oeuvres avec peu de moyens et permet aussi de faire participer monsieur et madame Tout-le-monde, de démystifier le travail entourant la réalisation d'un film», explique Carol Courchesne, directeur artistique de l'événement.
Parce que le festival se déroule en deux temps. D'une part, une sélection de faux documentaires — qui comprend cette année trois premières mondiales et trois premières nord-américaines —, présentée sous forme de «très chic 17 à 19h» et de projections extérieures à partir de 22h. Et d'autre part, un «volet création», véritable marathon où les cinq équipes sélectionnées doivent réaliser, tourner, monter et livrer un «documenteur» à l'intérieur des 72h qui leur sont allouées et des limites de la MRC qui leur est attribuée par tirage au sort.
M. Courchesne se réjouit d'ailleurs du fait que les participants de ce dernier volet agissent ensuite comme des ambassadeurs de la région, une fois de retour chez eux. «Ils deviennent comme des ambassadeurs de l'Abitibi-Témiscamingue. Après 72h à réaliser un film de brousse, c'est habituellement toute la perception du participant par rapport à la région qui évolue. Ces gens parlent de leur expérience, font la promotion de l'événement. [Avec le bouche à oreille], nous recevons de plus en plus d'inscriptions, autant du côté du volet de création que du volet international.»
D'année en année, la programmation du DocuMenteur prend donc du gallon. Deux des films réalisés lors du DocuMenteur 2007 ont par ailleurs été présentés dans d'autres contextes. Abitibi, terre d'accueil (grand prix du jury Télé-Québec 2007) a été présenté en France, aux Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ) et à Regard sur le court métrage au Saguenay. Étoile filante (mention spéciale du jury 2007), en plus d'avoir été présenté aux deux derniers festivals cités plus haut et au festival Juste pour rire, s'est aussi vu décerner une mention spéciale à Vidéaste recherché(e).
Heureusement, le partage dans la vidéo, comme dans la vie, ne se fait pas à sens unique. «Nous sommes aussi invités à l'extérieur pour présenter nos films ou pour adapter le volet création à d'autres événements», souligne M. Courchesne, qui a réalisé une résidence de création à l'Off-court de Trouville-sur-Mer, en France, dont le résultat sera projeté ce soir. Mis à part ce film hors compétition, les cinéphiles pourront voir une dizaine de courts et moyens métrages, sélectionnés pour la plupart en Europe et au Canada. En 5 à 7, ils sont conviés à la soirée AlerteRouge.tv, «la plus grande chaîne francophone de désinformation continue».
Mais le clou du Fodoc aura définitivement lieu ce samedi, alors que les cinq équipes de création dévoileront le fruit de leur dur labeur. Après la remise des prix et distinctions, la tradition veut que cinéastes et cinéphiles se retrouvent jusqu'aux petites heures, pour refaire le monde et repenser le sens profond de l'expression «région-ressource»... Parce que la proximité que peut offrir un festival en région, ça ne se reproduit pas partout!
- Pour plus d'information, la programmation complète et même une section covoiturage, consultez le www.documenteur.com.
***
Collaboration spéciale
Ce grand rêve d'indépendance, ils nous l'avaient exprimé bien avant que le Festival du DocuMenteur ne voie le jour. Reprenant à leur sauce le langage cinématographique propre au documentaire, les trois joyeux lurons avaient présenté une parodie publicitaire du Front de libération de l'Abitibi-Témiscamingue (FLAT), une organisation politique «ambidextre» — qui se promène entre la droite et la gauche — qui disait vouloir «s'approprier les ressources» de la région. Ils nous avaient aussi presque fait croire à une éventuelle annexion de l'Abitibi-Témiscamingue à l'Union européenne... C'est exprimer le genre de duperie dont ils étaient — et sont toujours — capables.
C'était l'époque où Les Racamés — un collectif de vidéastes amateurs — tenaient mensuellement une soirée de projection de courts et moyens métrages, dans la foulée du mouvement Kino présent un peu partout dans la province. Depuis, la vidéo vit sporadiquement mais intensément en Abitibi-Témiscamingue. Carol Courchesne, directeur artistique et membre fondateur du Fodoc, a, depuis son implication dans Les Racamés, gagné la confiance des organisateurs du couru Festival de cinéma international en Abitibi-Témiscamingue, qui lui ont confié la responsabilité de l'Espace Vidéo. Mais il en voulait encore plus. Avec Ariane Gélinas et Émilie Villeneuve, deux autres accrocs de la pellicule, il a songé un festival où les projections se feraient sur une scène extérieure, avec pour seule pollution lumineuse la valse des aurores boréales.
À force d'investissement personnel et d'imagination, cela fait maintenant cinq ans que les amateurs de vidéo et de mensonge peuvent se rassembler, aux abords du lac Osisko, pour se régaler en HD. «[Le but], c'est de rendre accessible une tribune pour la relève en vidéo. [...] Le genre "documenteur" permet la création d'oeuvres avec peu de moyens et permet aussi de faire participer monsieur et madame Tout-le-monde, de démystifier le travail entourant la réalisation d'un film», explique Carol Courchesne, directeur artistique de l'événement.
Parce que le festival se déroule en deux temps. D'une part, une sélection de faux documentaires — qui comprend cette année trois premières mondiales et trois premières nord-américaines —, présentée sous forme de «très chic 17 à 19h» et de projections extérieures à partir de 22h. Et d'autre part, un «volet création», véritable marathon où les cinq équipes sélectionnées doivent réaliser, tourner, monter et livrer un «documenteur» à l'intérieur des 72h qui leur sont allouées et des limites de la MRC qui leur est attribuée par tirage au sort.
M. Courchesne se réjouit d'ailleurs du fait que les participants de ce dernier volet agissent ensuite comme des ambassadeurs de la région, une fois de retour chez eux. «Ils deviennent comme des ambassadeurs de l'Abitibi-Témiscamingue. Après 72h à réaliser un film de brousse, c'est habituellement toute la perception du participant par rapport à la région qui évolue. Ces gens parlent de leur expérience, font la promotion de l'événement. [Avec le bouche à oreille], nous recevons de plus en plus d'inscriptions, autant du côté du volet de création que du volet international.»
D'année en année, la programmation du DocuMenteur prend donc du gallon. Deux des films réalisés lors du DocuMenteur 2007 ont par ailleurs été présentés dans d'autres contextes. Abitibi, terre d'accueil (grand prix du jury Télé-Québec 2007) a été présenté en France, aux Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ) et à Regard sur le court métrage au Saguenay. Étoile filante (mention spéciale du jury 2007), en plus d'avoir été présenté aux deux derniers festivals cités plus haut et au festival Juste pour rire, s'est aussi vu décerner une mention spéciale à Vidéaste recherché(e).
Heureusement, le partage dans la vidéo, comme dans la vie, ne se fait pas à sens unique. «Nous sommes aussi invités à l'extérieur pour présenter nos films ou pour adapter le volet création à d'autres événements», souligne M. Courchesne, qui a réalisé une résidence de création à l'Off-court de Trouville-sur-Mer, en France, dont le résultat sera projeté ce soir. Mis à part ce film hors compétition, les cinéphiles pourront voir une dizaine de courts et moyens métrages, sélectionnés pour la plupart en Europe et au Canada. En 5 à 7, ils sont conviés à la soirée AlerteRouge.tv, «la plus grande chaîne francophone de désinformation continue».
Mais le clou du Fodoc aura définitivement lieu ce samedi, alors que les cinq équipes de création dévoileront le fruit de leur dur labeur. Après la remise des prix et distinctions, la tradition veut que cinéastes et cinéphiles se retrouvent jusqu'aux petites heures, pour refaire le monde et repenser le sens profond de l'expression «région-ressource»... Parce que la proximité que peut offrir un festival en région, ça ne se reproduit pas partout!
- Pour plus d'information, la programmation complète et même une section covoiturage, consultez le www.documenteur.com.
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Collaboration spéciale
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