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Doublage au Québec : les majors devront s'expliquer

La Presse canadienne   26 mai 2008  Cinéma
Québec — Les grands studios américains devront expliquer en commission parlementaire pourquoi ils imposent aux Québécois des films doublés en France.

La commission de la culture tiendra l'automne prochain une consultation sur le doublage des films et des séries télévisées diffusés au Québec, et les représentants de la Motion Picture Association y seront convoqués.

Le Parti québécois et l'Action démocratique, qui réclament l'adoption d'une loi pour forcer les studios américains à faire doubler leurs films au Québec, ont obtenu ce mandat d'initiative.

«On va leur demander de nous expliquer comment on pourra s'assurer que nous, citoyens du Québec, on va avoir accès à des versions doublées en français au Québec, autrement que par une loi», a précisé le député péquiste Pierre Curzi, dans un entretien téléphonique. «Ils ne veulent pas avoir de loi, pour éviter que d'autres pays adoptent des législations, a-t-il ajouté. C'est légitime, mais nous, nous voulons des produits culturels adaptés à ce qu'on souhaite.»

La ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, a récemment écarté l'adoption d'une législation pour forcer les compagnies comme Paramount, Warner ou Universal à investir quelque 75 000 $ par film pour qu'il soit doublé au Québec.

Mme St-Pierre a choisi la voie de la négociation avec ces grands studios, faisant remarquer que 78 % des films diffusés en salle au Québec en 2007 ont été doublés ici, contre 72 % en 2006, en raison de mesures incitatives telles que des crédits d'impôt.

Pour le député adéquiste François Benjamin, c'est plutôt le dépôt d'un projet de loi de l'opposition officielle qui a fait réagir l'industrie.

Pierre Curzi croit aussi que le Québec doit éviter de s'en remettre à la seule bonne volonté des compagnies américaines, alors que le marché des DVD et des sites de téléchargement de films et de séries télé explose. «Si on n'a pas de loi, qu'est-ce qu'on va faire avec les DVD?» se demande le député de Borduas, qui craint «qu'on laisse aller cet important marché, ce qui serait inacceptable.»
 
 
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