Cinéma - Sombres lendemains
Le Lendemain de la fête n'est ni un documentaire, ni un téléthéâtre, ni un portrait d'écrivain. En fait, c'est un peu tout cela que propose le cinéaste Stefan Miljevic, évoquant à la fois le sujet douloureux du suicide ainsi que les joies et misères de la création théâtrale.
À la lecture du premier récit du jeune écrivain Jonathan Harnois, Je voudrais me déposer la tête, le metteur en scène Claude Poissant fut touché par cette parole et a cru qu'elle avait sa place sur scène. Il s'est lancé dans l'aventure de l'adaptation théâtrale, donnant une nouvelle forme, mais la même vérité, au déchirement intérieur de deux amis dont l'un commet l'irréparable tandis que l'autre doit continuer à vivre malgré l'absence, et la culpabilité.
À la captation du spectacle créé à l'Espace Go en mars 2007 se superposent des scènes tournées sur les lieux qui ont inspiré, et marqué, l'écrivain; certains sont d'ailleurs les décors authentiques d'un drame que Jonathan Harnois a tenté d'exorciser par l'écriture, témoin admiratif de son univers transfiguré. Les acteurs se promènent d'un espace à l'autre, en plus de confier à la caméra leurs réflexions personnelles sur ces personnages dont la proximité ne cesse de les confronter. Un peu comme s'ils jouaient devant public une dangereuse part d'eux-mêmes jusque-là bien cachée.
Le Lendemain de la fête, c'est aussi l'observation attentive d'une patiente gestation, celle d'une pièce dont l'élaboration s'échelonne sur une année. D'une étape à l'autre, l'enthousiasme de Claude Poissant ne semble jamais fléchir, mis à part ce vertige devant un fossé générationnel parfois dur à combler avec une équipe de jeunes artistes.
Les similitudes avec Tout est parfait, d'Yves Christian Fournier, sont nombreuses: mêmes jeunes abandonnés par les adultes et noyés dans un monde sans repères, mêmes paysages à l'anonymat désolant. Les héros de Jonathan Harnois s'expriment toutefois dans une langue plus poétique, mais les témoignages de personnes endeuillées par suite d'un suicide, ou de personnes ayant déjà flirté avec la mort, dont l'écrivain Maxime Olivier Moutier, donnent un caractère moins éthéré à cette tragédie collective qu'est le suicide.
Collaborateur du Devoir
***
Le Lendemain de la fête
Réalisation et scénario: Stefan Miljevic, d'après l'oeuvre de Jonathan Harnois. Avec Claude Poissant, Jonathan Harnois. Image: Jonathan Decoste. Montage: Gino Civiero. Musique: Nicolas Basque. Québec, 2007, 95 min. Du 20 au 24 avril à 19h au Cinéma du Parc. Notez que, le dimanche 20 avril, les artisans du film, Stefan Miljevic, Claude Poissant, Jonathan Harnois et le producteur Derek Kennedy, discuteront avec le public après la projection.
À la lecture du premier récit du jeune écrivain Jonathan Harnois, Je voudrais me déposer la tête, le metteur en scène Claude Poissant fut touché par cette parole et a cru qu'elle avait sa place sur scène. Il s'est lancé dans l'aventure de l'adaptation théâtrale, donnant une nouvelle forme, mais la même vérité, au déchirement intérieur de deux amis dont l'un commet l'irréparable tandis que l'autre doit continuer à vivre malgré l'absence, et la culpabilité.
À la captation du spectacle créé à l'Espace Go en mars 2007 se superposent des scènes tournées sur les lieux qui ont inspiré, et marqué, l'écrivain; certains sont d'ailleurs les décors authentiques d'un drame que Jonathan Harnois a tenté d'exorciser par l'écriture, témoin admiratif de son univers transfiguré. Les acteurs se promènent d'un espace à l'autre, en plus de confier à la caméra leurs réflexions personnelles sur ces personnages dont la proximité ne cesse de les confronter. Un peu comme s'ils jouaient devant public une dangereuse part d'eux-mêmes jusque-là bien cachée.
Le Lendemain de la fête, c'est aussi l'observation attentive d'une patiente gestation, celle d'une pièce dont l'élaboration s'échelonne sur une année. D'une étape à l'autre, l'enthousiasme de Claude Poissant ne semble jamais fléchir, mis à part ce vertige devant un fossé générationnel parfois dur à combler avec une équipe de jeunes artistes.
Les similitudes avec Tout est parfait, d'Yves Christian Fournier, sont nombreuses: mêmes jeunes abandonnés par les adultes et noyés dans un monde sans repères, mêmes paysages à l'anonymat désolant. Les héros de Jonathan Harnois s'expriment toutefois dans une langue plus poétique, mais les témoignages de personnes endeuillées par suite d'un suicide, ou de personnes ayant déjà flirté avec la mort, dont l'écrivain Maxime Olivier Moutier, donnent un caractère moins éthéré à cette tragédie collective qu'est le suicide.
Collaborateur du Devoir
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Le Lendemain de la fête
Réalisation et scénario: Stefan Miljevic, d'après l'oeuvre de Jonathan Harnois. Avec Claude Poissant, Jonathan Harnois. Image: Jonathan Decoste. Montage: Gino Civiero. Musique: Nicolas Basque. Québec, 2007, 95 min. Du 20 au 24 avril à 19h au Cinéma du Parc. Notez que, le dimanche 20 avril, les artisans du film, Stefan Miljevic, Claude Poissant, Jonathan Harnois et le producteur Derek Kennedy, discuteront avec le public après la projection.
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