La fin d'une bonne idée
Aucune idée forte, tant au scénario qu’à la mise en scène, ne vient rehausser le profil de cette seconde mouture de Dans une galaxie près de chez vous.
Toutes les bonnes idées ont leurs limites. Celle qui a présidé à la création de Dans une galaxie près de chez vous atteint son niveau de saturation avec ce deuxième volet cinématographique des aventures interstellaires du vaisseau spatial Romano Fafard, aux commandes duquel Philippe Gagnon (Premier juillet: le film) ne fait pas d'étincelles.
À sa décharge, le scénario de Pierre-Yves Bernard et Claude Legault n'est guère inspiré et cache bien mal son opportunisme commercial. Tout l'inverse du film précédent, succès circonstanciel qui relevait adroitement un double pari: transposer au grand écran le bric-à-brac de la série-culte de Vrak-TV afin que les jeunes adeptes s'y retrouvent, puis faire découvrir aux adultes néophytes (c'était mon cas) l'univers éclaté des prospecteurs à la recherche d'une planète habitable pour les Terriens qui ont ruiné la leur.
Depuis le film de Claude Desrosiers, quatre années ont passé. L'univers de bédé déjantée, le vaisseau-casserole, le solennel capitaine Patenaude (impayable Guy Jodoin), Flavien l'extraterrestre plus humain qu'un humain (Claude Legault), le vilain Brad et tous les autres ont trouvé leur place dans l'imaginaire populaire québécois. Si bien que l'effet de surprise, sur lequel le film antérieur pouvait miser, est passé. Plus grave encore: aucune idée forte, tant au scénario qu'à la mise en scène, ne vient rehausser le profil de cette seconde mouture.
De fait, les passagers de Dans une galaxie près de chez vous 2 n'auront que du réchauffé à se mettre sous la dent lorsque viendra le temps de monter à bord du Romano Fafard où, dans les premières minutes du film, le capitaine Patenaude (irrésistible Guy Jodoin, l'élément le plus constant du film) s'apprête à envoyer un message alarmant aux quatre milliards de Tatas (puisque deux milliards d'entre eux ont déjà disparu) qui, sans couche d'ozone pour les protéger, attendent de leurs nouvelles depuis six ans.
Un flash-back, qui tient de l'arabesque bien plus que de la nécessité narrative, nous amène trois jours plus tôt, alors que la dernière sonde fonctionnelle du vaisseau à la recherche d'une planète habitable s'écrase sur une planète inconnue, aussitôt baptisée «Crème hydratante pour le visage, soulage la peau sèche». Le roi obséquieux et vaguement moyen-âgeux des lieux (Alexis Martin, méconnaissable) leur apprend que l'engin recherché est entre les mains des Iraziens, habitants de la planète voisine, dans l'espoir qu'ils foncent et attaquent son propre ennemi.
L'avantage des métaphores et des clins d'oeil à la guerre et à la dérive environnementale, c'est qu'ils n'échapperont à personne. Pas même aux enfants, à qui les mots Irak, armes de destruction massive et couche d'ozone sont familiers depuis le berceau. On envie toutefois leur innocence et leur relative indulgence à la vue de ce divertissement mollasson, criblé de gags qui font mouche une fois sur quatre. Un divertissement ennuyeux, que Philippe Gagnon filme sans aucun effort d'imagination apparent et devant lequel on se prend à rêver avec nostalgie au kitsch de Barbarella.
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Collaborateur du Devoir
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Dans une galaxie près de chez vous 2
De Philippe Gagnon. Avec Guy Jodoin, Claude Legault, Sylvie Moreau, Stéphane Crête, Didier Lucien, Mélanie Maynard, Réal Bossé, Alexis Martin, Louis-Philippe Dandenault. Scénario: Pierre-Yves Bernard, Claude Legault. Image: Claude Asselin. Montage: Isabelle Malenfant. Musique: Les Bruns. Québec, 2008, 90 minutes.
À sa décharge, le scénario de Pierre-Yves Bernard et Claude Legault n'est guère inspiré et cache bien mal son opportunisme commercial. Tout l'inverse du film précédent, succès circonstanciel qui relevait adroitement un double pari: transposer au grand écran le bric-à-brac de la série-culte de Vrak-TV afin que les jeunes adeptes s'y retrouvent, puis faire découvrir aux adultes néophytes (c'était mon cas) l'univers éclaté des prospecteurs à la recherche d'une planète habitable pour les Terriens qui ont ruiné la leur.
Depuis le film de Claude Desrosiers, quatre années ont passé. L'univers de bédé déjantée, le vaisseau-casserole, le solennel capitaine Patenaude (impayable Guy Jodoin), Flavien l'extraterrestre plus humain qu'un humain (Claude Legault), le vilain Brad et tous les autres ont trouvé leur place dans l'imaginaire populaire québécois. Si bien que l'effet de surprise, sur lequel le film antérieur pouvait miser, est passé. Plus grave encore: aucune idée forte, tant au scénario qu'à la mise en scène, ne vient rehausser le profil de cette seconde mouture.
De fait, les passagers de Dans une galaxie près de chez vous 2 n'auront que du réchauffé à se mettre sous la dent lorsque viendra le temps de monter à bord du Romano Fafard où, dans les premières minutes du film, le capitaine Patenaude (irrésistible Guy Jodoin, l'élément le plus constant du film) s'apprête à envoyer un message alarmant aux quatre milliards de Tatas (puisque deux milliards d'entre eux ont déjà disparu) qui, sans couche d'ozone pour les protéger, attendent de leurs nouvelles depuis six ans.
Un flash-back, qui tient de l'arabesque bien plus que de la nécessité narrative, nous amène trois jours plus tôt, alors que la dernière sonde fonctionnelle du vaisseau à la recherche d'une planète habitable s'écrase sur une planète inconnue, aussitôt baptisée «Crème hydratante pour le visage, soulage la peau sèche». Le roi obséquieux et vaguement moyen-âgeux des lieux (Alexis Martin, méconnaissable) leur apprend que l'engin recherché est entre les mains des Iraziens, habitants de la planète voisine, dans l'espoir qu'ils foncent et attaquent son propre ennemi.
L'avantage des métaphores et des clins d'oeil à la guerre et à la dérive environnementale, c'est qu'ils n'échapperont à personne. Pas même aux enfants, à qui les mots Irak, armes de destruction massive et couche d'ozone sont familiers depuis le berceau. On envie toutefois leur innocence et leur relative indulgence à la vue de ce divertissement mollasson, criblé de gags qui font mouche une fois sur quatre. Un divertissement ennuyeux, que Philippe Gagnon filme sans aucun effort d'imagination apparent et devant lequel on se prend à rêver avec nostalgie au kitsch de Barbarella.
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Collaborateur du Devoir
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Dans une galaxie près de chez vous 2
De Philippe Gagnon. Avec Guy Jodoin, Claude Legault, Sylvie Moreau, Stéphane Crête, Didier Lucien, Mélanie Maynard, Réal Bossé, Alexis Martin, Louis-Philippe Dandenault. Scénario: Pierre-Yves Bernard, Claude Legault. Image: Claude Asselin. Montage: Isabelle Malenfant. Musique: Les Bruns. Québec, 2008, 90 minutes.
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