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Fantasia réclame justice

Odile Tremblay   13 février 2008  Cinéma
L'équipe de Fantasia en a assez d'être traitée comme le parent pauvre des festivals de films, et réclame un coup de pouce de l'État, se jugeant injustement traitée jusqu'à maintenant. Fondé en 1996, le rendez-vous montréalais de films de genre, qui au début s'autofinançait avec la vente de billets et des aides privées, ne reçoit des subventions gouvernementales que depuis 2005. Elles proviennent de la Ville de Montréal et du ministère des Affaires municipales, avec depuis l'an dernier une subvention de la SODEC.

Fort d'une affluence publique comparable à celle du Festival des films du monde (FFM) et du Festival du nouveau cinéma (FNC), Fantasia n'aurait reçu en 2007 que 90 000 $ de subventions, contre 1 million de dollars pour le FFM et plus de 800 000 $ pour le FNC, soit dix fois moins qu'eux. «Nous ne remettons nullement en question l'appui financier accordé au FFM et au FNC, mais nous aimerions faire valoir que le festival Fantasia mérite un niveau de contribution de nos gouvernements qui lui permettrait également d'assurer sa pérennité et son développement», estime son président-directeur Pierre Corbeil.

Il précise que son rendez-vous occupe la première place en Amérique du Nord, dans le créneau, récent, des films de genre, et que les festivals du même type en Europe et en Asie reçoivent d'importantes contributions de leurs gouvernements respectifs.

«Lors de son édition 2007, le festival Fantasia a accueilli plus de 81 000 spectateurs âgés en moyenne de 28 ans et leur a présenté des films provenant de 35 pays. Le festival participe ainsi à développer une nouvelle génération de cinéphiles et à lui donner accès à la cinématographie internationale», poursuit Pierre Corbeil. Il estime que son événement en croissance, qui a fait ses preuves, doit être appuyé adéquatement par les différents paliers de gouvernement, avec une aide basée sur des critères de performance et d'entrées au guichet, dans un souci d'équité. Il souhaite que Téléfilm Canada, qui n'a jamais subventionné Fantasia, mette enfin la main à la pâte, et que la SODEC et la Ville de Montréal accroissent leur participation.

«On ne vise pas nécessairement les subventions du FNC et du FFM, conclut Pierre Corbeil, mais on aimerait recevoir un total de 300 000 $ environ. Nous travaillons à peu près tous bénévolement, ce qui n'est pas viable à moyen et long terme. On voudrait structurer l'événement, accueillir plus d'invités. Pour pouvoir atteindre notre plein potentiel, ça exige des rentrées de fonds.»

À la SODEC, on précise que, sauf avis contraire de la ministre, l'enveloppe versée l'an dernier sera reconduite à l'identique en 2008. Avec un assouplissement des critères de Téléfilm dans l'aide aux festivals, Fantasia espère que 2008 sera l'année des grands déblocages.
 
 
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  • André Fournier
    Abonné
    mercredi 13 février 2008 13h11
    Quel festival!
    C'est certain que ce festival pour cinéphiles mérite un appui colossal de la part des gouvernements. De tous les festivals de films au Canada, il est le plusoriginal, le plus audacieux et surtout le plus intéressant. ce qui me peine, c'est la lacune d'annonces à la télé, voire même sa propre chaîne de télé pour qu'on puisse visionner ces magnifiques films l'année longue!
    A. Fournier
    Orford QC

  • Isabelle Charland
    Abonnée
    mercredi 13 février 2008 23h10
    Bravo à Fantasia!
    Fantasia est un festival extraordinaire qui apporte un vent de fraîcheur dans le monde du cinéma - un peu drabe en temps normal - et dans notre culture en général. Pierre Corbeil fait un travail colossal et je lui souhaite toutes les subventions possibles, ne serait-ce que pour confirmer que ses efforts sont appréciés depuis des années...

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