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Le faire... en verlan

Odile Tremblay   19 janvier 2008  Cinéma
Source films Séville
Et toi, t’es sur qui? est le premier long métrage de Lola Doillon.
Source films Séville Et toi, t’es sur qui? est le premier long métrage de Lola Doillon.
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Et toi, t'es sur qui ?
Réalisation et scénario: Lola Doillon. Avec Lucie Desclozeaux, Christa Theret, Gaël Tavares, Nicolas Schweri, Shomron Haddad, Héloïse Treillard, Vincent Romeuf. Image: Romain Lacourbas. Montage: Enrica Gattolini. Musique: Fixi.
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Film pour adolescents et sur l'adolescence, Et toi, t'es sur qui?, premier long métrage de Lola Doillon (fille du cinéaste Jacques Doillon) est une oeuvre de promesse, dont le mérite principal repose sur un refus des clichés fleur bleue. Abordant à travers un quatuor de jeunes de 15 ans les premiers émois sexuels, Lola Doillon, hors du champ romantique autant qu'érotique, démontre à quel point l'étreinte initiale peut être aussi ennuyeuse qu'elle fut d'abord souhaitée. On pense au film Kids de Larry Clark, en moins glauque.

Seul but pour un duo de copines, la gothique Julie (Christa Theret) et la plus classique Élodie (Lucie Desclozeaux): perdre leur encombrant pucelage avant la fin de l'été. Les garçons, Vincent (Gael Tavares) et Nicolas (Nicolas Schweri), tout aussi gauches que les filles, veulent également «l'avoir fait». Lola Doillon a choisi de faire incarner Vincent par un jeune Noir, sans que sa race soit nommée, mais l'absence absolue de commentaires, positifs ou négatifs, sur la question paraît artificielle.

Dans Et toi, t'es sur qui?, le grand événement se verra réduit à peu de chose, à travers un chassé-croisé où le partenaire ne sera jamais le bon, et où l'expérience n'apportera de plaisir à personne. Amour, amitié, trahisons se jouent ici à travers des dialogues hélas! bien pauvres. Si Lola Doillon parvient à ranger tous les violons propres au genre, elle lasse du même souffle et peine à nous intéresser au sort de ces ados. Nicolas surtout se révèle d'une rare insignifiance. Le naturel des scènes à l'école, une fraîcheur, une caméra sans chichis, montrent que Lola Doillon possède un regard d'exigence, à défaut de créer des intrigues inspirantes.

Le film en verlan ne peut être compris au Québec qu'avec des sous-titres. Sinon, les spectateurs risquent de perdre la majorité des dialogues, incompréhensibles pour une oreille non entraînée.






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