Un Québécois chez les Gaulois
Photo : Agence France-Presse
Stéphane Rousseau et sa compagne encadrés par des légionnaires, hier soir, lors de la première d’Astérix aux Jeux olympiques qui avait lieu au cinéma Gaumont Champs-Élysées, à Paris. L’humoriste québécois tient dans le film un rôle import
Le 30 janvier, 5000 écrans européens lanceront simultanément le troisième film (décevant) donnant la vedette aux irréductibles Gaulois: Astérix aux Jeux olympiques. Stéphane Rousseau y tient un des trois rôles principaux: le galant au coeur qui soupire.
Paris — C'est à quelques mètres des Champs-Élysées que l'on rencontre l'humoriste québécois Stéphane Rousseau. Dans sa seconde ville, Paris, il habite six mois par année. Mais le cinéma propulse un visage partout. Bientôt, toute l'Europe unie verra sa jolie tête. Il incarne le dernier amant romantique, Gaulois des temps jadis, répondant au doux nom d'Alafolix.
Rien à voir avec son rôle dans Les Invasions barbares. Dès le 30 janvier, la mégaproduction (78 millions d'euros) Astérix aux Jeux olympiques atterrira dans quelque 950 salles de l'Hexagone, et près de 5000 simultanément dans une trentaine de pays. La France veut concurrencer Hollywood plus que jamais dans le gigantisme. Mais y parviendra-t-elle?
Chez nous, la sortie se fera seulement en juillet. Alors, pas de panique!
Troisième Astérix au cinéma, celui-ci est adapté très librement de la bédé d'Uderzo et de Goscinny. Coréalisé par Thomas Langman et Frédéric Forestier, il constitue la production française la plus attendue de la saison, du moins côté recettes...
Hier soir, le démarrage parisien officiel se déroulait au chic cinéma Gaumont Champs-Élysées. Une première qui se jouait en l'absence d'Obélix, alias Gérard Depardieu, officiellement en voyage privé à Cuba, lequel a refusé, à une exception près pour la chaîne TF1, d'assurer la promotion ou le «service après-vente». Quant à Benoît Poelvoorde, autre star du film, il ne se regarde jamais au cinéma, ne décelant que ses failles... et lors de la première, s'est promis de filer avant que les lumières ne s'éteignent.
Autant vous le préciser: ce film n'a rien à voir avec le deuxième volet, Mission Cléopâtre, qui était le meilleur Astérix porté à l'écran, ou du moins le plus drôle. Rappelons qu'Uderzo, un des deux pères de la bédé culte, s'était montré malheureusement irrité par l'humour décalé et la pluie d'anachronismes servie par Alain Chabat, qui avait réalisé ce Mission Cléôpatre.
Un troisième projet avait été mis sur pied par Gérard Jugnot et l'équipe du Splendid. Recalé encore par Uderzo. Il fallut l'obstination de Langman, qui dirige une des plus grosses maisons de production à Paris, pour que les Gaulois reviennent à l'écran, mais sur le mode classique. Langman, producteur, coscénariste et coréalisateur de cet Astérix aux Jeux olympiques, est le fils de Claude Berri, qui avait produit et réalisé le premier Astérix, et produit également le second. Les générations se passent le relais, mais les réalisateurs changent. Des jeux de chaises musicales font tomber des têtes. Drôle de galère...
Le fait qu'Astérix ne soit plus incarné par Christian Clavier, remplacé cette fois par Clovis Cornillac (très crédible, au fait) laisse soupçonner quelques frictions en amont. Mais Thomas Langman assure n'avoir pas contacté Clavier, qu'il trouve cher, d'une autre génération et non irremplaçable. Depardieu serait, à son avis et au nôtre, le seul et unique acteur capable d'incarner Obélix: «À cause de son gabarit, de son appétit vorace et de sa candeur.» Il est aussi le seul à avoir figuré dans les trois Astérix.
Retour cette fois à l'esprit de la bédé, comme pour le premier titre mis en scène par Claude Berri, Sauf qu'au cinéma, il paraît souvent simpliste de se coller à l'esprit bédé d'hier.
De fait, cet Astérix aux Jeux olympiques, dans lequel plusieurs personnages de la bédé (qui date de 1968) ont été développés ou rajoutés, n'a guère déridé le parterre en avant-première. Deux longues heures, avec moult bâillements, force effets spéciaux et quelques gags ayant à peine fait mouche. Ouille!
Il s'agit du premier Astérix tourné en numérique, une technique mal connue en France, du moins à cette échelle de mégaproduction, avec deux réalisateurs qui, de l'avis des interprètes, se contredisaient souvent. «On finissait par jouer comme on l'entendait», explique Poelvoorde.
Le film raconte l'histoire d'un jeune serviteur gaulois qui, brûlant d'amour pour une princesse grecque, met son rival Brutus (Benoît Poelvoorde), fils de César (Alain Delon), au défi de remporter les Jeux olympiques d'Athènes. Au vainqueur: la main de la belle.
Rôle important
Stéphane Rousseau y tient un rôle vraiment important, (le premier quart d'heure, on ne voit que lui). Rôle quand même assez frustrant. Car les cinéastes ont demandé à l'humoriste de retenir ses rires. Pas de gags, amoureux éperdu du début à la fin, jouant sur une seule note. Mais il nous affirme y avoir mis du coeur. «J'ai essayé de lui donner un côté naïf, gaffeur, attachant», dit-il. Un petit accent québécois gommé, mais pas trop. Quant au reste: «Quelle distribution!», s'exclame-t-il.
Pour le second rôle au cinéma de sa vie, jouer aux côtés de Depardieu, Poelvoorde, Alain Delon et compagnie, en Espagne à Alicante, tenait aussi du rêve d'enfant. «Si mes défunts parents avaient vu ça... Je pense que j'aurais même accepté de jouer le chien Idéfix», dit-il en riant.
Stéphane Rousseau est un type gentil, qui ne prend pas les ego à rebrousse-poil et acceptait d'entendre les autres se moquer sans fin de son accent sur le plateau. Il a plu, même à Delon qui est venu le voir jouer par la suite au Bataclan. Poelvoorde affirme que Stéphane Rousseau est le seul acteur à ne pas avoir grogné une fois durant le tournage.
Le vrai héros de l'épopée olympienne est Benoît Poelvoorde, électrique et décalé en Brutus, fils de César. Couronné de lauriers, le papa, Alain Delon, se pastiche lui-même avec une mégalomanie qui amuse d'abord, avant de sombrer dans la redite. Delon avait juré qu'on ne le verrait plus au cinéma, mais en César qui parodie Alain Delon, comment ne pas craquer...
Langman joue gros. Si son film a du succès, il espère sortir une version allongée de 25 minutes, mettant en lumière les talents de ... Zinedine Zidane, qui tâte du ballon à la fin du film dans le rôle de Numérodix, en donnant la réplique à son ami Jamel Debbouze, et dont il dut couper plusieurs lignes de texte. Autre amusant clin d'oeil: Jean Todt, le patron de Ferrari et son champion Michael Schumacher participent à l'épreuve de la course de chars. Quant à Amélie Mauresmo, reine du tennis, elle vient faire quelques revers avec sa raquette. «Sur le plateau, tout le monde était groupie de Zidane. Les gens lui demandaient des autographes. C'était fou», explique Stéphane Rousseau.
Ce film a de vrais atouts, notamment avec l'apparition de ces bonnets sportifs. Et les acteurs ont donné tout ce qu'ils pouvaient, Poelvoorde improvisant à l'occasion, cabotinant à qui mieux mieux. De fait, il vole la vedette. Hélas! les dialogues et le rythme sont faibles. L'action s'adresse aux enfants, mais quelques gags, dont Depardieu reprenant un moment le rôle de Cyrano, sont vraiment destinés aux adultes. On ne sait pas trop quel public s'y retrouvera, pour tout dire.
Cette mégasortie européenne du 30 janvier semble à vue de nez présomptueuse. On verra bien...
Mais Stéphane Rousseau possède d'autres cartes dans son jeu. Il a joué dans son troisième film: Modern Love de Stéphane Kasandjian. L'humoriste fera bientôt son one man show à L'Olympia, du 5 au 10 février, avant de partir en tournée en province française, puis au Québec. Et il a envie de jongler avec ses deux carrières, la scène et l'écran, sans avoir à choisir, rêve d'un rôle sombre au cinéma, qui point d'ailleurs à l'horizon.
Paris, qu'il a mis du temps à conquérir, lui sourit, grâce aux Invasions barbares, à sa prestation dans la comédie musicale Chicago, à ses performances de chanteur, de danseur, d'acteur, de comique et puis à cet Astérix où il joue un rôle assez ennuyeux (il ne l'avoue pas comme ça), mais aux côtés de grosses pointures de stars, qui l'ont trouvé charmant.
À Paris, on appelle ça un talent qui monte. Mais il monte ferme...
Paris — C'est à quelques mètres des Champs-Élysées que l'on rencontre l'humoriste québécois Stéphane Rousseau. Dans sa seconde ville, Paris, il habite six mois par année. Mais le cinéma propulse un visage partout. Bientôt, toute l'Europe unie verra sa jolie tête. Il incarne le dernier amant romantique, Gaulois des temps jadis, répondant au doux nom d'Alafolix.
Rien à voir avec son rôle dans Les Invasions barbares. Dès le 30 janvier, la mégaproduction (78 millions d'euros) Astérix aux Jeux olympiques atterrira dans quelque 950 salles de l'Hexagone, et près de 5000 simultanément dans une trentaine de pays. La France veut concurrencer Hollywood plus que jamais dans le gigantisme. Mais y parviendra-t-elle?
Chez nous, la sortie se fera seulement en juillet. Alors, pas de panique!
Troisième Astérix au cinéma, celui-ci est adapté très librement de la bédé d'Uderzo et de Goscinny. Coréalisé par Thomas Langman et Frédéric Forestier, il constitue la production française la plus attendue de la saison, du moins côté recettes...
Hier soir, le démarrage parisien officiel se déroulait au chic cinéma Gaumont Champs-Élysées. Une première qui se jouait en l'absence d'Obélix, alias Gérard Depardieu, officiellement en voyage privé à Cuba, lequel a refusé, à une exception près pour la chaîne TF1, d'assurer la promotion ou le «service après-vente». Quant à Benoît Poelvoorde, autre star du film, il ne se regarde jamais au cinéma, ne décelant que ses failles... et lors de la première, s'est promis de filer avant que les lumières ne s'éteignent.
Autant vous le préciser: ce film n'a rien à voir avec le deuxième volet, Mission Cléopâtre, qui était le meilleur Astérix porté à l'écran, ou du moins le plus drôle. Rappelons qu'Uderzo, un des deux pères de la bédé culte, s'était montré malheureusement irrité par l'humour décalé et la pluie d'anachronismes servie par Alain Chabat, qui avait réalisé ce Mission Cléôpatre.
Un troisième projet avait été mis sur pied par Gérard Jugnot et l'équipe du Splendid. Recalé encore par Uderzo. Il fallut l'obstination de Langman, qui dirige une des plus grosses maisons de production à Paris, pour que les Gaulois reviennent à l'écran, mais sur le mode classique. Langman, producteur, coscénariste et coréalisateur de cet Astérix aux Jeux olympiques, est le fils de Claude Berri, qui avait produit et réalisé le premier Astérix, et produit également le second. Les générations se passent le relais, mais les réalisateurs changent. Des jeux de chaises musicales font tomber des têtes. Drôle de galère...
Le fait qu'Astérix ne soit plus incarné par Christian Clavier, remplacé cette fois par Clovis Cornillac (très crédible, au fait) laisse soupçonner quelques frictions en amont. Mais Thomas Langman assure n'avoir pas contacté Clavier, qu'il trouve cher, d'une autre génération et non irremplaçable. Depardieu serait, à son avis et au nôtre, le seul et unique acteur capable d'incarner Obélix: «À cause de son gabarit, de son appétit vorace et de sa candeur.» Il est aussi le seul à avoir figuré dans les trois Astérix.
Retour cette fois à l'esprit de la bédé, comme pour le premier titre mis en scène par Claude Berri, Sauf qu'au cinéma, il paraît souvent simpliste de se coller à l'esprit bédé d'hier.
De fait, cet Astérix aux Jeux olympiques, dans lequel plusieurs personnages de la bédé (qui date de 1968) ont été développés ou rajoutés, n'a guère déridé le parterre en avant-première. Deux longues heures, avec moult bâillements, force effets spéciaux et quelques gags ayant à peine fait mouche. Ouille!
Il s'agit du premier Astérix tourné en numérique, une technique mal connue en France, du moins à cette échelle de mégaproduction, avec deux réalisateurs qui, de l'avis des interprètes, se contredisaient souvent. «On finissait par jouer comme on l'entendait», explique Poelvoorde.
Le film raconte l'histoire d'un jeune serviteur gaulois qui, brûlant d'amour pour une princesse grecque, met son rival Brutus (Benoît Poelvoorde), fils de César (Alain Delon), au défi de remporter les Jeux olympiques d'Athènes. Au vainqueur: la main de la belle.
Rôle important
Stéphane Rousseau y tient un rôle vraiment important, (le premier quart d'heure, on ne voit que lui). Rôle quand même assez frustrant. Car les cinéastes ont demandé à l'humoriste de retenir ses rires. Pas de gags, amoureux éperdu du début à la fin, jouant sur une seule note. Mais il nous affirme y avoir mis du coeur. «J'ai essayé de lui donner un côté naïf, gaffeur, attachant», dit-il. Un petit accent québécois gommé, mais pas trop. Quant au reste: «Quelle distribution!», s'exclame-t-il.
Pour le second rôle au cinéma de sa vie, jouer aux côtés de Depardieu, Poelvoorde, Alain Delon et compagnie, en Espagne à Alicante, tenait aussi du rêve d'enfant. «Si mes défunts parents avaient vu ça... Je pense que j'aurais même accepté de jouer le chien Idéfix», dit-il en riant.
Stéphane Rousseau est un type gentil, qui ne prend pas les ego à rebrousse-poil et acceptait d'entendre les autres se moquer sans fin de son accent sur le plateau. Il a plu, même à Delon qui est venu le voir jouer par la suite au Bataclan. Poelvoorde affirme que Stéphane Rousseau est le seul acteur à ne pas avoir grogné une fois durant le tournage.
Le vrai héros de l'épopée olympienne est Benoît Poelvoorde, électrique et décalé en Brutus, fils de César. Couronné de lauriers, le papa, Alain Delon, se pastiche lui-même avec une mégalomanie qui amuse d'abord, avant de sombrer dans la redite. Delon avait juré qu'on ne le verrait plus au cinéma, mais en César qui parodie Alain Delon, comment ne pas craquer...
Langman joue gros. Si son film a du succès, il espère sortir une version allongée de 25 minutes, mettant en lumière les talents de ... Zinedine Zidane, qui tâte du ballon à la fin du film dans le rôle de Numérodix, en donnant la réplique à son ami Jamel Debbouze, et dont il dut couper plusieurs lignes de texte. Autre amusant clin d'oeil: Jean Todt, le patron de Ferrari et son champion Michael Schumacher participent à l'épreuve de la course de chars. Quant à Amélie Mauresmo, reine du tennis, elle vient faire quelques revers avec sa raquette. «Sur le plateau, tout le monde était groupie de Zidane. Les gens lui demandaient des autographes. C'était fou», explique Stéphane Rousseau.
Ce film a de vrais atouts, notamment avec l'apparition de ces bonnets sportifs. Et les acteurs ont donné tout ce qu'ils pouvaient, Poelvoorde improvisant à l'occasion, cabotinant à qui mieux mieux. De fait, il vole la vedette. Hélas! les dialogues et le rythme sont faibles. L'action s'adresse aux enfants, mais quelques gags, dont Depardieu reprenant un moment le rôle de Cyrano, sont vraiment destinés aux adultes. On ne sait pas trop quel public s'y retrouvera, pour tout dire.
Cette mégasortie européenne du 30 janvier semble à vue de nez présomptueuse. On verra bien...
Mais Stéphane Rousseau possède d'autres cartes dans son jeu. Il a joué dans son troisième film: Modern Love de Stéphane Kasandjian. L'humoriste fera bientôt son one man show à L'Olympia, du 5 au 10 février, avant de partir en tournée en province française, puis au Québec. Et il a envie de jongler avec ses deux carrières, la scène et l'écran, sans avoir à choisir, rêve d'un rôle sombre au cinéma, qui point d'ailleurs à l'horizon.
Paris, qu'il a mis du temps à conquérir, lui sourit, grâce aux Invasions barbares, à sa prestation dans la comédie musicale Chicago, à ses performances de chanteur, de danseur, d'acteur, de comique et puis à cet Astérix où il joue un rôle assez ennuyeux (il ne l'avoue pas comme ça), mais aux côtés de grosses pointures de stars, qui l'ont trouvé charmant.
À Paris, on appelle ça un talent qui monte. Mais il monte ferme...
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