Irk...
Le «irk factor». C'est l'expression qu'emploie la critique américaine pour désigner une scène censée être émouvante et réconfortante, par exemple deux amoureux qui s'embrassent, mais qui inspire au contraire le malaise, voire le dégoût. P.S. I Love You est rempli à ras bord de scènes de baiser ratées de ce genre. Il faut dire que, dans son ensemble, le film l'est tout autant. Raté, je veux dire.
***
P.S. I Love You
(P.-S. - Je t'aime)
De Richard LaGravenese. Avec Hilary Swank, Gerard Butler, Kathy Bates, Gina Gershon, Lisa Kudrow, Harry Connick, Jr. Scénario: Richard LaGravenese, Steven Rogers, d'après le roman de Cecilia Ahern. Image: Terry Stacey. Montage: David Moritz. Musique: John Powell. États-Unis, 2007, 126 minutes.
***
Rarement aura-t-on vu au cinéma un mélo pour jeunes filles aussi lent et aussi pataud que cette adaptation façon diaporama de matante du roman de Cecilia Ahern. Passé un interminable prologue montrant une chicane de ménage entre Holly (Hilary Swank), une royale emmerdeuse, et son mari Gerry (Gerard Butler), un «Johnny Bon-Temps» irlandais, on se retrouve aux funérailles de ce dernier, six mois plus tard. Une maladie foudroyante l'a emporté. Son agonie lui a néanmoins laissé suffisamment de temps pour orchestrer le deuil de sa douce en lui faisant parvenir, après son trépas, des lettres lui indiquant la marche à suivre: sortir fêter ses 30 ans, aller chanter dans un bar karaoké, aller visiter l'Irlande avec ses copines. À croire que c'est elle qui va mourir. Et pouvez-vous croire qu'on l'espère?
Que Hilary Swank, une actrice solide qui a beaucoup de mal à se définir, sente le besoin de tenter sa chance dans le registre de Sandra Bullock, passe encore. Mais que Richard LaGravenese, un des scénaristes les plus inspirés des années 90 (The Fisher King, Bridges of Madison County, Living out Loud), se lance à fond de train dans pareil machin de croissance personnelle dépasse tout entendement. Le taux d'oestrogène de son scénario a beau être supérieur à la moyenne, celui de testostérone est si bas que même les filles s'en plaindront, du moins celles à qui s'adresse d'abord ce film décérébré comme un test de psycho pop et décoré comme une page de magazine. Je ne saurais imaginer à qui il peut s'adresser en second lieu tant... Irk.
Collaborateur du Devoir
***
P.S. I Love You
(P.-S. - Je t'aime)
De Richard LaGravenese. Avec Hilary Swank, Gerard Butler, Kathy Bates, Gina Gershon, Lisa Kudrow, Harry Connick, Jr. Scénario: Richard LaGravenese, Steven Rogers, d'après le roman de Cecilia Ahern. Image: Terry Stacey. Montage: David Moritz. Musique: John Powell. États-Unis, 2007, 126 minutes.
***
Rarement aura-t-on vu au cinéma un mélo pour jeunes filles aussi lent et aussi pataud que cette adaptation façon diaporama de matante du roman de Cecilia Ahern. Passé un interminable prologue montrant une chicane de ménage entre Holly (Hilary Swank), une royale emmerdeuse, et son mari Gerry (Gerard Butler), un «Johnny Bon-Temps» irlandais, on se retrouve aux funérailles de ce dernier, six mois plus tard. Une maladie foudroyante l'a emporté. Son agonie lui a néanmoins laissé suffisamment de temps pour orchestrer le deuil de sa douce en lui faisant parvenir, après son trépas, des lettres lui indiquant la marche à suivre: sortir fêter ses 30 ans, aller chanter dans un bar karaoké, aller visiter l'Irlande avec ses copines. À croire que c'est elle qui va mourir. Et pouvez-vous croire qu'on l'espère?
Que Hilary Swank, une actrice solide qui a beaucoup de mal à se définir, sente le besoin de tenter sa chance dans le registre de Sandra Bullock, passe encore. Mais que Richard LaGravenese, un des scénaristes les plus inspirés des années 90 (The Fisher King, Bridges of Madison County, Living out Loud), se lance à fond de train dans pareil machin de croissance personnelle dépasse tout entendement. Le taux d'oestrogène de son scénario a beau être supérieur à la moyenne, celui de testostérone est si bas que même les filles s'en plaindront, du moins celles à qui s'adresse d'abord ce film décérébré comme un test de psycho pop et décoré comme une page de magazine. Je ne saurais imaginer à qui il peut s'adresser en second lieu tant... Irk.
Collaborateur du Devoir
Haut de la page


