vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 14h46
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Cinéma - Un autre mariage poids moyen

André Lavoie   10 décembre 2007  Cinéma
Dans Margot at the Wedding, Margot (Nicole Kidman) revient dans la maison familiale à l’occasion du mariage de sa soeur.
Dans Margot at the Wedding, Margot (Nicole Kidman) revient dans la maison familiale à l’occasion du mariage de sa soeur.
Je ne fus pas surpris d'apprendre que le réalisateur Noah Baumbach (The Squid and the Whale) a grandi dans une famille d'écrivains new-yorkais, une faune qui affiche avec autant de fierté ses névroses que sa culture, lorgnant Paris avec envie tout en méprisant Los Angeles. Celle qui peuple son nouveau film, Margot at the Wedding, affiche encore ce parfum très intello-côte est, dissertant sur tout et souvent sur rien, traitant les enfants comme de grandes personnes alors qu'ils agissent entre eux comme des gamins — les plus brillants de la classe, certes, mais des gamins tout de même.

***
Margot at the Wedding
Réalisation et scénario: Noah Baumbach. Avec Nicole Kidman, Jennifer Jason Leigh, Jack Black. Image: Harris Savides. Montage: Carol Littleton. États-Unis, 2007, 91 min.
***

Margot (Nicole Kidman) s'était pourtant promis d'être irréprochable au mariage de sa soeur Pauline (Jennifer Jason Leigh). Elles ne se parlaient plus depuis un an, mais l'annonce de l'événement a forcé Margot à enterrer la hache de guerre, une guerre dont les motifs demeureront inexpliqués. Elle revient dans la maison familiale, bien loin de Manhattan, là où Pauline vit en compagnie de son futur époux, Malcolm (Jack Black), un glandeur professionnel. Accompagné de son fils Claude (Zane Pais) et ayant volontairement laissé son mari (John Turturro) à la maison, l'écrivaine new-yorkaise ne peut s'empêcher de porter un jugement sévère sur celui qui entrera officiellement dans la famille.

Les retrouvailles donnent d'abord lieu à des effusions de joie, grâce au vin blanc et à quelques pétards, mais les rancoeurs d'autrefois ne tardent pas à refaire surface. Celles-ci sont souvent noyées dans une foule de petits drames du quotidien que Baumbach a le talent de collectionner, et qui semblent surgir de son journal intime et non d'un quelconque manuel de scénarisation. D'une expédition risquée au sommet d'un arbre à des chicanes de voisinage dignes d'une tragédie grecque, les familles dysfonctionnelles en mal de prétextes pour de nouvelles disputes trouveront ici matière à inspiration.

Ce portrait cruel, où l'on cause sexualité sans se censurer devant des adolescents qui ne pensent qu'à ça, donne l'impression d'être filmé par le trou de la serrure. Aucun personnage n'est particulièrement sympathique; on semble même s'efforcer de paraître sous son plus mauvais jour. À ce jeu, personne ne réussit aussi bien que l'épatante Jennifer Jason Leigh, capable d'éclipser une star quelque peu plastifiée comme Nicole Kidman ou de donner plus de talent qu'il n'en possède à un cabotin sans charisme comme Jack Black.

Cette authenticité, farouchement cultivée par Noah Baum-bach d'un film à l'autre, ne nous préserve pas d'un manque d'enthousiasme à adhérer à ce petit monde d'intellos névrosés, ou de péquenots qui rêvent de changer de caste. Le film donne parfois l'impression d'un miroir déformant à cause de sa facture brouillonne et fébrile, celle d'un vieux film de famille à la pellicule rayée. D'autres y verront le triste spectacle d'une race à laquelle ils sont fiers de ne pas appartenir, tandis que les groupies et les disciples de Chanel suivront sans conditions Nicole Kidman, dont la présence symbolise toute la schizophrénie du cinéma indépendant américain actuel: faire des grimaces à Hollywood tout en jouant dans leur cour pour y piquer quelques stars en mal de substances... «auteuristes». Tant mieux si plusieurs s'aventurent sur les sentiers escarpés de Noah Baumbach grâce à sa présence mais, aussi prestigieuse soit-elle, une liste d'invités n'est pas tout dans le succès d'un mariage.

Collaborateur du Devoir
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012