Le cinéaste Claude Miller décrypte son film Un secret
26 novembre 2007
Cinéma
Prague — Des avantages du numérique aux tensions entre les acteurs, le cinéaste français Claude Miller a décrypté cette semaine Un secret, son dernier film, pour les étudiants de la FAMU, la grande école de cinéma de Prague.
Depuis sa sortie en France, début octobre, l'adaptation du roman autobiographique de Philippe Grimbert, avec Patrick Bruel, Cécile de France et Ludivine Sagnier, rencontre un succès «imprévu» avec plus d'un million et demi d'entrées.
«Je m'attendais à 500 000, 600 000 entrées... on dépasse le triple. J'ai de la chance: j'ai la prétention de faire des films d'auteur, et ces films deviennent populaires», confie avec un sourire le cinéaste qui, à 65 ans, a déjà signé quatorze longs métrages.
Les étudiants tchèques écoutent, certains prennent des notes. À l'habituel débat d'après projection, le programme «On set with...» copiloté par Unifrance et le ministère français des Affaires étrangères a permis d'ajouter trois heures de «workshop» dans cette université où des cinéastes comme Milos Forman ou Emir Kusturica ont tourné leurs premières bobines.
Claude Miller a l'habitude, il s'est déjà prêté à ce genre d'exercices à la FEMIS, à Paris et à l'Université Columbia de New York.
Ici, à Prague, «on le connaît très peu», souffle Alice, une étudiante de 22 ans qui a vu quelques un de ses films «parce qu'elle parle français». «C'est quand même plus intéressant qu'un simple débat», assure Norwenn, 33 ans.
Dans la salle, quelques-uns savent que Claude Miller est l'auteur de Garde à Vue, qu'il a tourné avec Lino Ventura et a travaillé, à ses débuts, avec de grands noms du cinéma français, comme Bresson, Truffaut ou Godard.
«J'ai été obligé de travailler comme assistant parce que j'avais une famille à nourrir, ça m'a permis de découvrir des styles totalement différents, de Bresson qui préparait son tournage avec la précision d'une partition musicale à Godard qui, au contraire, improvisait tout à partir d'un simple concept», explique-t-il.
Très pédagogue, le cinéaste a choisi cinq séquences de son dernier film pour expliquer les difficultés de la direction des acteurs, les écueils des «inévitables» scènes d'amour physique, la structure narrative et le découpage, l'usage du flash-back ou la distance qu'il aime garder pendant le montage.
Pour lui, «le numérique ne présente que des avantages et aucune frustration». «J'utilise deux caméras, la première de façon classique, la seconde façon documentaire, cela donne plus d'authenticité», explique-t-il. C'est son fils Nathan, 36 ans, qui, depuis quelques années, tient cette seconde caméra. La complicité est telle que les deux Miller cosigneront leur prochain film.
Miller père dit avoir «toujours peur non pas d'imiter la vie, mais d'imiter le cinéma». À chaque instant, pendant le tournage, lors de l'écriture du scénario ou pendant les castings d'acteurs, il «traque la spontanéité». La peur, selon lui, est nécessaire pour travailler: «si on la perd, c'est le début de la fin».
«Pour les relations avec les acteurs, surtout ne vous inquiétez, il est normal qu'elles soient difficiles, car il y a souvent conflit de vanités personnelles», assure-t-il. Mais, en fin de compte, selon lui, «il n'y a pas vraiment de méthode pour la mise en scène: c'est chacun la sienne». Et si les écoles de cinéma permettent de maîtriser les arcanes de la technique, «le talent ne s'apprend pas».
Depuis sa sortie en France, début octobre, l'adaptation du roman autobiographique de Philippe Grimbert, avec Patrick Bruel, Cécile de France et Ludivine Sagnier, rencontre un succès «imprévu» avec plus d'un million et demi d'entrées.
«Je m'attendais à 500 000, 600 000 entrées... on dépasse le triple. J'ai de la chance: j'ai la prétention de faire des films d'auteur, et ces films deviennent populaires», confie avec un sourire le cinéaste qui, à 65 ans, a déjà signé quatorze longs métrages.
Les étudiants tchèques écoutent, certains prennent des notes. À l'habituel débat d'après projection, le programme «On set with...» copiloté par Unifrance et le ministère français des Affaires étrangères a permis d'ajouter trois heures de «workshop» dans cette université où des cinéastes comme Milos Forman ou Emir Kusturica ont tourné leurs premières bobines.
Claude Miller a l'habitude, il s'est déjà prêté à ce genre d'exercices à la FEMIS, à Paris et à l'Université Columbia de New York.
Ici, à Prague, «on le connaît très peu», souffle Alice, une étudiante de 22 ans qui a vu quelques un de ses films «parce qu'elle parle français». «C'est quand même plus intéressant qu'un simple débat», assure Norwenn, 33 ans.
Dans la salle, quelques-uns savent que Claude Miller est l'auteur de Garde à Vue, qu'il a tourné avec Lino Ventura et a travaillé, à ses débuts, avec de grands noms du cinéma français, comme Bresson, Truffaut ou Godard.
«J'ai été obligé de travailler comme assistant parce que j'avais une famille à nourrir, ça m'a permis de découvrir des styles totalement différents, de Bresson qui préparait son tournage avec la précision d'une partition musicale à Godard qui, au contraire, improvisait tout à partir d'un simple concept», explique-t-il.
Très pédagogue, le cinéaste a choisi cinq séquences de son dernier film pour expliquer les difficultés de la direction des acteurs, les écueils des «inévitables» scènes d'amour physique, la structure narrative et le découpage, l'usage du flash-back ou la distance qu'il aime garder pendant le montage.
Pour lui, «le numérique ne présente que des avantages et aucune frustration». «J'utilise deux caméras, la première de façon classique, la seconde façon documentaire, cela donne plus d'authenticité», explique-t-il. C'est son fils Nathan, 36 ans, qui, depuis quelques années, tient cette seconde caméra. La complicité est telle que les deux Miller cosigneront leur prochain film.
Miller père dit avoir «toujours peur non pas d'imiter la vie, mais d'imiter le cinéma». À chaque instant, pendant le tournage, lors de l'écriture du scénario ou pendant les castings d'acteurs, il «traque la spontanéité». La peur, selon lui, est nécessaire pour travailler: «si on la perd, c'est le début de la fin».
«Pour les relations avec les acteurs, surtout ne vous inquiétez, il est normal qu'elles soient difficiles, car il y a souvent conflit de vanités personnelles», assure-t-il. Mais, en fin de compte, selon lui, «il n'y a pas vraiment de méthode pour la mise en scène: c'est chacun la sienne». Et si les écoles de cinéma permettent de maîtriser les arcanes de la technique, «le talent ne s'apprend pas».
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