vendredi 27 novembre 2009 Dernière mise à jour 23h58


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Sur le fil du rasoir

Odile Tremblay   3 novembre 2007  Cinéma
Véronique LeFlaguais, vieillie à souhait, joue le rôle de la grand-mère dans Surviving my Mother.
Véronique LeFlaguais, vieillie à souhait, joue le rôle de la grand-mère dans Surviving my Mother.
Émile Gaudreault déclarait en entrevue avoir marché sur le fil du rasoir, entre drame et comédie, pour Surviving my Mother, qui s'est beaucoup construit au montage. Je lui donne d'autant plus raison qu'il m'est arrivé quelque chose d'assez particulier. Ayant vu le film deux fois: d'abord au Festival des films du monde, où il était lancé, puis en visionnement de presse dernièrement, ma perception fut différente d'une fois à l'autre. Autant au Festival des films du monde Surviving my Mother m'est apparu comme une comédie grinçante qui m'a fait bien rire, autant son aspect dramatique me sautait aux yeux dans un second temps, colorant ma vision du film d'une teinte beaucoup plus sombre.

***
Surviving my Mother (Comment survivre à sa mère)
Réalisation: Émile Gaudreault. Scénario: Steve Galluccio. Avec Caroline Dhavernas, Ellen David, Louison Danis, Colin Mochrie, Adam J. Harrington, Véronique LeFlaguais, Christian Bégin. Image: Pierre Mignot. Musique: FM le Sieur. Montage: Debra Karen.
***

Ce film, sur la ligne de partage des eaux, est appelé à faire verser le spectateur autant que la critique, selon leur humeur ou l'atmosphère de la salle, dans le courant du rire ou celui de l'angoisse. À sa barre: le duo à l'origine du populaire Mambo Italiano: Steve Galluccio au scénario, adaptant ses pièces de théâtre collées elles-mêmes à des expériences personnelles, et le réalisateur Émile Gaudreault (derrière les comédies Louis 19 et Nuit de noces).

Ceux qui chercheront la drôlerie plus pure du long métrage précédent seront sans doute déçus. Pourtant, Surviving my Mother est plus fin que Mambo Italiano, mais aussi beaucoup plus fragile, plus complexe. Son ton en perpétuel flottement constitue sa faiblesse, puisque le rythme vacille fréquemment. Toutefois, des dialogues souvent savoureux, allergiques à la rectitude politique, lui confèrent un vrai charme.

La mort et l'incommunicabilité sont au centre de cette comédie dramatique, centrée sur un univers féminin. La grand-mère (Véronique LeFlaguais, vieillie à souhait) alitée subit les assauts d'une maladie incurable, sa fille Clara (Ellen David) a sacrifié son emploi pour demeurer à son chevet, et la petite-fille Bianca (Caroline Dhavernas), apparemment modèle, s'envoie en l'air avec des conquêtes éphémères dégotées sur Internet.

Clou de la distribution: Caroline Dhavernas offre une interprétation très solide à travers tous les registres de son rôle à plusieurs paliers. En nymphomane rattrapée par l'amour, elle mène le jeu de bout en bout, sans jamais faiblir. Si Véronique LeFlaguais livre une étonnante composition de vieille acariâtre qui manie l'insulte avec une belle verdeur, Ellen David chevauche le drame et la comédie avec moins d'aisance. Son personnage, qui porte la charge la plus tragique du lot, devient parfois sinistre. Les hommes n'occupent pas le devant de la scène et leurs rôles se révèlent un peu ingrats, faute de scènes fortes à défendre. Adam J. Harrington, en mari de Clara, est doucement éteint. Et Colin Mochrie, en prêtre partagé entre ses charges ecclésiastiques et ses étreintes débridées avec la séduisante Bianca, brille surtout par sa beauté physique.

Certains gags du film sont très réussis. Le jeu visuel portant sur les échanges des amants internautes fait pétiller les scènes qui s'y accrochent. La jaunisse de la grand-mère mourante est un bijou d'humour noir et plusieurs revirements inattendus sur le prêtre et sa famille font rebondir joyeusement l'action. Louison Danis est désopilante en voisine qui s'accroche à une respectabilité inexistante. Le gag du dénouement est très amusant aussi, clôturant une dernière partie moins punchée et moins crédible, avec la disparition de Clara qui s'étire indûment.

Surviving my Mother se déroule dans un milieu italo-québécois qui aurait gagné à être identifié (ou gommé). Ici, même les membres de la vieille génération ne glissent pas un mot d'italien dans leurs dialogues et seuls les noms des protagonistes désignent leur origine. Choix du scénariste, qui voulait ouvrir le jeu, mais choix qui fait flotter, même sur le plan culturel, le film entre deux eaux.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres

Articles les plus commentés

Publicité Festival du nouveau cinéma

Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009