vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 01h26
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Double palme méritée

Ben X et Un secret, Grands Prix des Amériques

Odile Tremblay   4 septembre 2007  Cinéma
Claude Miller et Nic Balthazar: deux générations de cinéastes avec en partage le Grand Prix des Amériques.
Photo : Jacques Grenier
Claude Miller et Nic Balthazar: deux générations de cinéastes avec en partage le Grand Prix des Amériques.
Couronnant à la fois l’originalité et le classicisme, le jury du 31e FFM a offert son Grand Prix des Amériques ex aequo à Ben X, du Belge Nic Balthazar, et à Un secret, du Français Claude Miller. Bon tandem de tête. Le jury, de l’aveu de son président, n’était pas divisé mais adorait les deux oeuvres.

Ben X, un premier long métrage abordant avec audace et modernité l’autisme et l’exclusion sociale, avait constitué le coup de coeur de cette compétition, ovationné à chaque projection. Les distributeurs se battaient pour en acquérir les droits et Nic Balthazar flottait de bonheur pour ce premier passage au Québec, qui lui a valu tant d’éloges et d’honneurs. «J’ai passé une des plus belles semaines de ma vie. Je suis amoureux de vous», a-t-il confié, rayonnant et crinqué à bloc par l’accueil des Montréalais et du jury. Le FFM a été un vrai tremplin pour lui.
Son Ben X, qu’il avait d’abord conçu en roman, puis en pièce de théâtre, enfin en film, a également remporté le prix du public et celui du jury oecuménique.
Un secret, de Claude Miller, adaptant le roman autobiographique de Philippe Grimbert, avec une distribution de haut vol: Cécile de France, Patrick Bruel, Ludivine Sagnier, etc., a livré une histoire d’amour et de déportation sous l’Occupation en France. Fort bien mis en scène, également film de clôture hier soir, il est reparti avec des lauriers mérités. «L’industrie du cinéma va bien mais pas toujours le septième art. Heureusement qu’il y a des festivals», a lancé Miller, qui se disait ravigoté d’être primé ex aequo avec un jeune cinéaste.

La compétition en dents de scie avait fait émerger quelques perles au milieu de semi-valeurs ou de ratages. Mais dans l’ensemble, le Festival des films du monde n’a pas réussi à renouveler son programme et sa clientèle, malgré les entrées de fonds venus de la SODEC. Les habitués d’avant-hier sont demeurés ceux d’aujourd’hui, sans vrai sang neuf d’assistance. On ne sait trop ce que lui réserve l’avenir. Son président, Serge Losique, ne doute pourtant de rien: «Le festival est une cathédrale solide qui va rester pour plusieurs années et plusieurs décennies», a-t-il déclaré hier soir en annonçant les dates de la 32e édition, du 21 août au 1er septembre 2008. Il a remercié également les délégués de Téléfilm Canada qui sont venus voir comment se déroulait son rendez-vous. Le FFM espère toujours recevoir des subventions fédérales pour l’édition qui vient de se terminer.

Le palmarès a aligné de son côté des coups de chapeau mérités et des incongruités. Il n’a pas primé d’oeuvres québécoises, mais rien ne l’y obligeait. Toi, de François Delisle, et Surviving my Mother, d’Émile Gaudreault, sont repartis gros Jean comme devant. La comédie de Gaudreault a néanmoins reçu les suffrages du public, ayant été classé «film canadien le plus populaire».

Arrivé en fin de course, le très charmant Noodle, de l’Israélienne Ayelet Menahemi, pétri d’émotion et de tendresse, l’histoire d’un petit garçon chinois recueilli par une hôtesse de l’air israélienne, a récolté le Grand Prix spécial du jury, qu’il n’a pas volé. La cinéaste avait reçu des remerciements de spectateurs ravis «de voir enfin un film ordinaire venu d’Israël, sans soldats, sans Juifs religieux...»

Plus étonnant: 1 journée, de Jacob Berger, production franco-suisse, oeuvre assez artificielle, mais bien exécutée, sur 24 heures perçues à travers les différents points de vue des protagonistes: mari, épouse, enfant, maîtresse, a gagné le prix de la mise en scène.
La palme de la meilleure contribution artistique est allée à Teresa: El Cuerpo de Cristo, de l’Espagnol Ray Loriga. Portrait de sainte Thérèse d’Avila à l’heure de l’Inquisition. La valeur du film repose effectivement sur ses images splendides.
L’extraordinaire L’Autre Marge, du Portugais Luis Filipe Rocha, oeuvre d’humanité et d’ouverture d’esprit aux personnages bouleversants, a valu à ses deux acteurs, Filipe Duarte (en homosexuel troublé) et Tomas Almeida, trisomique lumineux, le prix d’interprétation masculine en duo.

On n’avait pas vu venir au demeurant le prix d’interprétation féminine à Andrea Sawatzki, en mère déchirée dans L’Autre Garçon, de l’Allemand Volker Einrauch. Ni celui du meilleur scénario aux Jardins de Samira, du Marocain Latif Lahlou, l’histoire d’une jeune urbaine mariée à un vieux propriétaire terrien impuissant et cruel. Ce film a par ailleurs remporté le laurier de la Fipresci (critique internationale). Autre source d’étonnement: le prix de l’innovation accordé à DP75-Tartina City, du Tchadien Issa Serge Coelo, dénonciation politique de la tyrannie qui a été pourtant servie sur fond d’images floues et incertaines. Le cinéaste s’en est pris hier soir au journaliste de La Presse, qui avait épinglé son film...

Du côté des courts métrages, le subtil et désespéré Songes d’une femme de ménage, du Belge Banu Akseki, a remporté le premier prix. Celui du jury est allé à l’étonnant (au punch spectaculaire) L.H.O., des Allemands Jan Zabeil et Kristof Kannegiesser. Mais le public a couronné de son côté le grinçant et délicieux La Lili à Gilles, du Québécois David Uloth. Le choix de la Fipresci s’est plutôt porté sur le troublant Bonne nuit Malik, du Français Bruno Danan.

Le prix Glauber-Rocha du meilleur film d’Amérique latine est allé à Pièces détachées, du Mexicain Aaron Fernandez. Celui du meilleur documentaire, à Après la musique, de l’Allemand Igor Heitzmann.
Dans la section des premiers longs métrages de fiction, le Zénith d’or a couronné La Caja, de l’Espagnol Juan Carlos Falcon, le Zénith d’argent, Mauvaises habitudes, du Mexicain Simon Bross, et le Zénith de bronze, Dong Sun, du Chinois Jian Yi.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 4 septembre 2007 09h10
    Pauvre FFM........ on fait pitié!
    Combien de siege vide y avait-il? Combien d'absent? et comment un film qui n'est même pas sorti en salle peut il gagner le titre de film le plus populaire? Ah oui je sais il y avait 5 personne dans la salle lors de la projection.

    Je trouve que ce festival fait très pitié surtout quand on le compare à celui de Toronto qui lui attire les grande foule et les artistes. Qu'coupe les vives à ce festival et que les milliers de dollars de nos taxes soit investi de façon plus productive.

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
1 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012