samedi 28 novembre 2009 Dernière mise à jour 08h19


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Bluff ouvre le 31e FFM

Odile Tremblay   23 août 2007  Cinéma
Que ce 31e Festival des films du monde entre en piste tient encore du miracle. Mais lorsqu'un miracle dure depuis trois ans, on s'y habitue presque. Si les problèmes des dernières années, aux deux éditions coup sur coup boycottées par les institutions, semblent se résorber, la situation budgétaire du rendez-vous demeure précaire. Jusqu'au 3 septembre, c'est pourtant bel et bien reparti, avec 230 longs métrages issus de 70 pays.

Chose certaine: plus personne n'ose parier sur la mort prochaine du FFM, ni d'ailleurs prendre à partie de façon virulente son président, Serge Losique, qui a tenu le fort tout seul si longtemps. Son festival n'a guère gagné en prestige pour autant, mais il a su survivre contre vents et marées. C'est l'acharnement de son capitaine qui impressionne, plus qu'une vraie réorientation de contenu, toujours attendue.

La SODEC a remis de l'argent dans sa tirelire. Téléfilm paiera pour le sous-titrage des films. On ignore encore si l'institution fédérale subventionnera vraiment cette édition du FFM. Pareille incertitude, à cette étape des opérations, semble surréaliste. On s'en plaint chez Téléfilm. À la direction des communications, des voix nous assurent que des négociations sont encore en cours. Vivement qu'ils se branchent!

Au démarrage du FFM: le charmant film Bluff des Québécois Simon-Olivier Fecteau et Marc-André Lavoie vient quand même donner un coup de jeune au FFM, et les invités de la soirée d'ouverture ne regretteront pas leur sortie.

Le jury de la compétition officielle est honorable, dirigé par le producteur américain James B. Harris, qui a produit trois films de Stanley Kubrick (dont Lolita), mais ce jury manque de lustre, à l'encontre de ceux des derniers crus, auxquels siégeaient plusieurs personnalités prestigieuses de la scène internationale. On y retrouve quand même la grande actrice coréenne Kang Su-yeon et notre Denise Filiatrault nationale.

Atout de ce 31e FFM: la qualité de ses hommages. Du côté des interprètes, l'Américain Jon Voight et la Française Sophie Marceau recevront leurs coups de chapeau. Tout comme le producteur espagnol Andrès Vicente Gómez, derrière La Belle Époque et ¡Ay, Carmela!. Ajoutez le cinéaste et scénariste québécois Fernand Dansereau, dont le FFM présente en primeur La Brunante.

À ceux qui s'interrogent: le marché du film, dont on n'avait guère entendu parler jusqu'ici, subsiste bel et bien, ni plus ni moins gros que l'an dernier, dit-on. Il accueillera un atelier sur la gestion des droits des compositions musicales des films.

Qui se pointera chez nous? On attend, entre autres, l'acteur Alain Chabat pour le film Prête-moi ta main, la réalisatrice Pascale Ferran pour Lady Chatterly, largement primé aux derniers César (mais son actrice Marina Hands ne vient plus). Le cinéaste Abel Ferrara, en compétition avec Go Go Tales, se retrouve sur la liste des invités, tout comme Claude Lelouch, hors concours avec Roman de gare, et Claude Miller, qui accompagne Un secret, projeté en clôture. On le verra sans son actrice Cécile de France, semble-t-il, annoncée au départ.

Le calendrier des hommages est absent de l'horaire du FFM, ce qui risque de semer la confusion dans l'esprit des cinéphiles. Bien des décisions ont été prises à la dernière minute. Après être allée aux informations, on apprend que plusieurs de ces hommages se feront au début du festival, tous pris en pain: Jon Voight et Vicente Gómez, célébrés le vendredi 24, et Sophie Marceau, le lendemain. Du moins, Fernand Dansereau se retrouvera hors du lot, le 29 août.

Sur les vingt films en compétition, les deux longs métrages québécois: Toi de François Delisle et Comment survivre à ma mère d'Émile Gaudreault, sont particulièrement attendus. À surveiller aussi:1 journée du Suisse Jacob Berger (attendu à Montréal), avec Bruno Tedeschini et Natacha Régnier, Go Go Tales d'Abel Ferrara, avec Willem Dafoe et Asia Argento, Un secret de Claude Miller, donnant la vedette à Cécile de France, Mathieu Almaric et Julie Depardieu. Encore que la surprise viendra sans doute de cinéastes moins connus, comme d'habitude.

On le sait: le FFM entend se concentrer de plus en plus sur la relève. À propos, parmi les premiers films réunis dans le volet compétitif des premiers longs métrages: la production américaine réalisée par le Québécois François Dompierre, établi en Californie: All the Days before Tomorrow.

Plusieurs pièces de résistance atterrissent hors concours: Il était une fois en Arménie des frères Taviani, Moi qui ai servi le roi d'Angleterre de Jiri Menzel, Lilas de Pavel Lounguine, Dialogue avec mon jardinier de Jean Becker, etc. Cette section apparaît à vue de nez comme la plus riche de la sélection.

Les projections «sang et horreur» du nouveau volet Slam de minuit semblent surtout destinées à concurrencer Fantasia. Reste à voir si le jeune public s'y pointera.

Plusieurs projections à la belle étoile rendent hommage aux grands disparus. Seront présentés, entre autres films, sur les écrans extérieurs, La Source de Bergman, Garde à vue et La Cage aux folles 2 pour honorer la mémoire de Michel Serreault, et Cinéma Paradiso afin de lancer un dernier coup de chapeau à Philippe Noiret.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 23 août 2007 07h03
    Y'a-t-il un film qui se fait au Québec sans Raymond Bouchard ou Rémy Girard?
    « Oui, mais très peu. »

  • bernard bujold
    Inscrit
    jeudi 23 août 2007 14h06
    Le bon vieux fauteuil du FFM
    « La journaliste Odile Tremblay a bien raison de qualifier
    de miracle Le Festival des Films du Monde de Montréal (FFM)
    qui vient de débuter sa 31e édition. C'est en fait un peu le retour d'un enfant prodigue. Le FFM est le plus grand
    festival en cinéma à Montréal, parmi plus de 21
    événements ciblés en cinéma, durant l'année.
    Le budget du FFM en 2004 atteignait presque
    2 millions$, dont la moitié provenait des deux
    agences Telefilm et Sodec. Les éditions 2005 et
    2006 ont été réalisées sans ces deux subventions
    et on a même essayé de créer un nouveau festival
    financé par les deux agences gouvernementales.
    Le bilan fut un échec, autant sur le plan financier
    que sur celui de la fréquentation du public.
    Le public a continué d'appuyer le FFM malgré ses
    handicaps et sa compétition et il a boudé le projet
    de remplacement même si on proposait une
    formule dite améliorée et plus complète.
    Les organisateurs du FFM disent que le budget de
    2007 sera équivalent à celui des belles années.
    Quelle conclusion doit-on tirer de ce retour à la
    case de départ?
    Le véritable juge du succès ou de l'échec est
    le public plutôt qu'un individu, aussi talentueux et
    puissant soit-il. Prenons l'exemple de Céline Dion
    et de son nouveau disque. Ce sont les fans qui ont
    forcé le changement du titre de l'album qui sera
    publié en novembre prochain parce qu'il avait
    déjà été utilisé par la chanteuse Shania Twain.
    Dans le cas du FFM, c'est aussi le public qui a
    décidé. J'étais accrédité en tant que journaliste
    au projet de 2005, tout comme Odile Tremblay, un projet financé par Téléfilm et piloté
    par le groupe Spectra, dirigé par Alain Simard.
    Sur le plan professionnel, aucun moyen n'avait été
    ménagé puisque l'on avait le budget. Mais pour
    des raisons inexplicables, le public n'est pas venu.
    Les salles était presque vide et puis, pour
    compliquer le tout, la querelle s'est installée entre
    les deux responsables dont le directeur, Suisse
    d'origine, Moritz de Hadeln, et Alain Simard.
    Ces deux principaux dirigeants ne voulaient plus
    se parler tellement les sentiments étaient
    devenus agressifs entre eux.
    Serge Losique n'est pas un homme facile car il
    est entêté. Mais Losique sait comment rejoindre
    le public cinéphile et les gens participent. Ce n'est
    pas un engouement à la Céline Dion mais les salles
    sont pleines et les cinéphiles apprécient le FFM
    comme un bon vieux fauteuil confortable...
    Le FFM n'affiche pas non plus le genre de glamour
    qu'affiche le Festival de Toronto ou celui de Canne.
    Le FFM de Montréal offre des films, beaucoup de
    films de partout dans le monde, et il les présente
    dans des salles durant douze jours. La formule
    fonctionne et comme disait un ancien entraîneur
    sportif: "Si la formule est gagnante, il ne faut pas
    essayer de la changer"
    Bon Festival des Films du monde!
    Bernard Bujold
    www.LeStudio1.com »

  • Jean Beaumont
    Inscrit
    jeudi 23 août 2007 20h03
    Réorientation de contenu
    « J'aurais aimé que vous soyez plus explicite au sujet de la notion de réorientation de contenu. J'espère en tout cas que vous ne pensez pas au contenu hollywoodien. Ça et les stars à 20 millions de $ par film...plus capable! »

  • Arsène Lupin
    Inscrit
    mardi 28 août 2007 13h53
    De la diversité
    « Monsieur Noël, sachez que de nombreux films québécois sont réalisés chaque année auxquels ne participent pas les comédiens que vous citez. Bien entendu, si vous ne visionnez que les grandes productions cinématographiques diffusées à grand renfort publicitaire, vous n'êtes pas susceptible de le savoir... La situation que vous déplorez est entièrement imputable à votre manque de curiosité et à votre ignorance. La responsabilité de la diversité de votre expérience cinématographique vous incombe entièrement. Il est inutile de blâmer autrui. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
4 réactions
0 votes
 
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres

Articles les plus commentés

Publicité Festival du nouveau cinéma

Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009