Hommage à la solidarité humaine sur fond de destins croisés
Sans rien lui enlever de ses indéniables qualités littéraires, le best-seller d'Anna Gavalda semblait particulièrement bien moulé pour répondre aux besoins d'une adaptation cinématographique: des chapitres courts où le dialogue prime, des personnages dont les contours sont définis par leurs paroles davantage que par le point de vue d'un narrateur omniscient, une chronologie linéaire, des décors urbains et ruraux d'un commun pittoresque, etc.
Sur papier, Ensemble, c'est tout faisait l'effet d'un scénario haut de gamme. C'est du reste le constat auquel semble être arrivé le cinéaste-producteur Claude Berri (Je vous aime, Uranus, La Débandade). Son adaptation, d'une fidélité exemplaire (moyennant quelques légers sacrifices au nom de la simplicité), reproduit minutieusement l'esprit et la lettre de cet hommage à la solidarité humaine et à la simplicité volontaire, raconté à travers les destins croisés de quatre solitaires.
Camille Fauque (Audrey Tautou) est à la fois le ciment et le déclencheur de leur histoire. Jeune artiste supérieurement douée pour le dessin, mais en situation de repli face à ses ambitions artistiques, elle est amenée à partager l'appartement cossu d'un fils d'aristocrates bègue (Laurent Stocker), lui-même colocataire d'un chef cuisinier taciturne (Guillaume Canet), lui-même petit-fils d'une vieille campagnarde désormais incapable de rester seule (Françoise Bertin). Émancipation, rébellion, prises de bec et amours secrètes composent le menu de leur commune nouveau genre, où pour un instant ils vivront ensemble, c'est tout.
De toute évidence, Claude Berri n'a rien voulu bousculer. Aux admirateurs du roman, il offre une copie conforme, dans laquelle il compense par la légèreté de ton et la vigueur de la peinture son manque d'invention ou d'ambition. D'où cette impression d'un film qui, sympathique et attachant, survole plus qu'il ne pénètre et récite plus qu'il ne dit. Grand amateur des personnages romanesques décalés et marginalisés (Tchao Pantin, Jean de Florette et Manon des sources, Lucie Aubrac), et fidèle à son habitude, Berri disparaît derrière eux, tel un serviteur consciencieux qui sait se rendre invisible.
Il se dégage néanmoins de son film un petit bonheur tranquille, mais de modeste portée, ainsi qu'une légèreté d'humeur qui, sans exclure l'amertume et la douleur, l'adoucit plus que nécessaire.
Cela dit, le plus bel atout du film demeure sans contredit l'usage fait par Berri de la très belle musique de Frédéric Botton. Celle-ci module, tempère, tonifie, voire par moments agit comme une voix hors champ, tant elle nous informe de ce qui se passe dans la tête des personnages, bien campés au demeurant par une distribution harmonieuse. Une distribution au sein de laquelle se distingue néanmoins Laurent Stocker, un nouveau venu issu de la Comédie-Française, qui campe un jeune vulnérable au coeur tendre et qui, par sa délicatesse, oppose un contraste au fantasque Guillaume Canet. Si toutes les femmes rêvent de prendre ce dernier comme amant, elles veulent du premier pour frère. Foi d'Anna Gavalda. Claude Berri ne la contredit pas.
Ensemble, c'est tout
Écrit et réalisé par Claude Berri, d'après le roman d'Anna Gavalda. Avec Audrey Tautou, Guillaume Canet, Laurent Stocker, Françoise Bertin, Firmine Richard, Hélène Surgère. Image: Agnès Godard. Montage: François Gedigier. Musique: Frédéric Botton. France, 2007, 102 min.
Collaborateur du Devoir
Sur papier, Ensemble, c'est tout faisait l'effet d'un scénario haut de gamme. C'est du reste le constat auquel semble être arrivé le cinéaste-producteur Claude Berri (Je vous aime, Uranus, La Débandade). Son adaptation, d'une fidélité exemplaire (moyennant quelques légers sacrifices au nom de la simplicité), reproduit minutieusement l'esprit et la lettre de cet hommage à la solidarité humaine et à la simplicité volontaire, raconté à travers les destins croisés de quatre solitaires.
Camille Fauque (Audrey Tautou) est à la fois le ciment et le déclencheur de leur histoire. Jeune artiste supérieurement douée pour le dessin, mais en situation de repli face à ses ambitions artistiques, elle est amenée à partager l'appartement cossu d'un fils d'aristocrates bègue (Laurent Stocker), lui-même colocataire d'un chef cuisinier taciturne (Guillaume Canet), lui-même petit-fils d'une vieille campagnarde désormais incapable de rester seule (Françoise Bertin). Émancipation, rébellion, prises de bec et amours secrètes composent le menu de leur commune nouveau genre, où pour un instant ils vivront ensemble, c'est tout.
De toute évidence, Claude Berri n'a rien voulu bousculer. Aux admirateurs du roman, il offre une copie conforme, dans laquelle il compense par la légèreté de ton et la vigueur de la peinture son manque d'invention ou d'ambition. D'où cette impression d'un film qui, sympathique et attachant, survole plus qu'il ne pénètre et récite plus qu'il ne dit. Grand amateur des personnages romanesques décalés et marginalisés (Tchao Pantin, Jean de Florette et Manon des sources, Lucie Aubrac), et fidèle à son habitude, Berri disparaît derrière eux, tel un serviteur consciencieux qui sait se rendre invisible.
Il se dégage néanmoins de son film un petit bonheur tranquille, mais de modeste portée, ainsi qu'une légèreté d'humeur qui, sans exclure l'amertume et la douleur, l'adoucit plus que nécessaire.
Cela dit, le plus bel atout du film demeure sans contredit l'usage fait par Berri de la très belle musique de Frédéric Botton. Celle-ci module, tempère, tonifie, voire par moments agit comme une voix hors champ, tant elle nous informe de ce qui se passe dans la tête des personnages, bien campés au demeurant par une distribution harmonieuse. Une distribution au sein de laquelle se distingue néanmoins Laurent Stocker, un nouveau venu issu de la Comédie-Française, qui campe un jeune vulnérable au coeur tendre et qui, par sa délicatesse, oppose un contraste au fantasque Guillaume Canet. Si toutes les femmes rêvent de prendre ce dernier comme amant, elles veulent du premier pour frère. Foi d'Anna Gavalda. Claude Berri ne la contredit pas.
Ensemble, c'est tout
Écrit et réalisé par Claude Berri, d'après le roman d'Anna Gavalda. Avec Audrey Tautou, Guillaume Canet, Laurent Stocker, Françoise Bertin, Firmine Richard, Hélène Surgère. Image: Agnès Godard. Montage: François Gedigier. Musique: Frédéric Botton. France, 2007, 102 min.
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