Vedettes en goguette
Photo : Agence Reuters
C’est monnaie courante à Cannes, mais il y avait quand même beaucoup de vedettes sur le tapis rouge lors de la projection du film Ocean’s 13, hier. Matt Damon, George Clooney, Ellen Barkin, Brad Pitt et Scott Caan dans le même cadrage: les photogr
Cannes — «Où croiser les beaux acteurs d'Ocean's 13?», titrait hier à sa une l'incontournable Nice-Matin. La réponse tenait du jeu de piste: de l'Éden Roc du cap d'Antibes à l'hôtel Carlton, sur la Croisette, en passant par le trois-mâts de George Clooney qui mouille au large de la baie. Fans et paparazzis étaient invités à traquer les riches et célèbres dans leurs repaires. Et les approche qui peut... Au calendrier du festival, l'événement people du festival avait coché la date d'hier. Place au débarquement des stars américaines pour le lancement d'Ocean's 13 de Steven Soderbergh!
George Clooney, Brad Pitt (déjà présent au début de la semaine avec Angelina Jolie pour A Mighty Heart), Matt Damon, Andy Garcia et les autres venaient gravir les marches, sourire devant les caméras et accompagner la plus grosse production hollywoodienne du cru cannois. Ne manquait qu'Al Pacino, retenu ailleurs.
Ocean's 13 fait suite, comme une vague succède à une autre vague, à Ocean's 11 (en 2001), puis à Ocean's 12 (2004). Retour aux audacieux braquages d'un grand casino de Las Vegas sous la baguette de Danny Ocean (Clooney). Voleurs, joueurs et patron de casino se poursuivent et se déjouent comme chats et souris, cette fois avec des diamants à dérober et un ami à venger.
Bon, l'intérêt des films s'émousse un peu plus d'un volet à l'autre. Ça explose sur le Strip de Vegas, la caméra s'éclate aussi, mais la surprise n'est plus de la fête. Sans cette distribution glamour au cube, personne n'en ferait un tel plat...
Ocean's 14 et 15 suivront-ils le même chemin? Les producteurs jonglent avec l'idée d'une autre suite mais estiment prématuré d'en discuter.
«Il faut savoir s'arrêter, les gars!», a-t-on envie de leur dire poliment, mais l'équipe américaine semble tellement de bonne humeur... Qui oserait casser le party?
Vedettes et acteurs moins connus, cinéaste et producteurs du film formaient hier le parterre le plus détendu à s'être présenté devant la presse cannoise depuis des lunes. Le film est hors compétition, sans prétention. Il ne suscite aucun stress. La sélection à Cannes permet à un groupe d'amis de se retrouver sur la Côte d'Azur. Le fait que plusieurs d'entre eux soient de vraies célébrités ne change pas grand-chose à leur euphorie. La conférence de presse était une vraie séance de rigolade. «Cannes nous a donné la meilleure excuse pour être ici et s'amuser», a résumé Brad Pitt.
En entrevue pour le Canal Festival, Clooney a assuré que le seul but de leur présence était l'espoir de remporter la Palme d'or. Entendant que leur film n'était pas en compétition, il a joué les désolés. Toute sa meute s'est alors levée pour protester en riant. On aurait dit des étudiants en vacances.
Quand même... Steven Soderbergh trouve que le festival a changé depuis son dernier passage, plus gros, plus commercial que dans son souvenir. Il n'est plus le même non plus, il faut dire. En 1989, à l'âge vénérable de 26 ans, le cinéaste américain avait remporté ici la Palme d'or avec un premier long métrage étonnant, Sex, Lies and Videotape, vite culte. Devenu icône — il a reçu l'Oscar du meilleur réalisateur pour Traffic en 2000 —, le cinéaste oscille entre films plus personnels et productions commerciales soignées.
«Certains films trouvent leur auditoire, d'autres pas. Mais faut-il toujours blâmer le cinéaste dans ce dernier cas?, demande-t-il. Pensez au nombre d'excellents films présentés à Cannes qui ne rencontreront jamais leur public... »
Soderbergh assure que les Ocean sont plus difficiles à faire qu'un film sérieux. «Parce qu'on peut multiplier à l'infini les jeux de caméras. Mais c'est un côté de ma personnalité que j'aime explorer.»
Las Vegas, ville de tous les artifices, inspire toujours Soderbergh et ses scénaristes. «Juste en cinq ans, cette ville a encore changé, constate le cinéaste. On pense: impossible! Comment multiplier davantage les hôtels, les casinos? Mais la croissance est sans limites. En même temps, cette ville folle, conçue uniquement pour le délassement et le jeu, existe avec ses mythes, ses outrances. C'est un endroit fabuleux.»
Commerciaux tant qu'on voudra, surtout ce dernier volet, inférieur aux deux autres, les Ocean sont une joyeuse galère pour leurs interprètes.
«Le secret du bon climat sur ce plateau? Éliminer au départ tous les faux culs», explique Soderbergh.
- «Est-il difficile de diriger une grappe de stars?
- Le niveau des conversations est toujours élevé et intéressant, mais j'ai bien du mal à garder tout ce monde-là tranquille et concentré en même temps... »
George Clooney a révélé le secret de casting d'une fois à l'autre: «Soderbergh appelle chacun d'entre nous et dit: "Les dix autres ont déjà accepté." Comment refuser, alors?»
Clooney est le plus drôle de la bande. «Ce scénario d'Ocean's 13 est un des meilleurs des temps modernes, ironise-t-il. Un cri pour la paix!»
Même quand une journaliste chinoise a reproché au cinéaste de faire du personnage chinois une sorte de clown (l'acrobate Shaobo Qin), il n'y a pas eu moyen de faire sortir l'équipe goguenarde de ses gonds. «Ce n'est que du spectacle!», a répondu le jeune Chinois en haussant les épaules.
Et tous les autres ont renchéri. «Seulement du spectacle!» Et ce qu'on s'amuse à Cannes! Youppi!
George Clooney, Brad Pitt (déjà présent au début de la semaine avec Angelina Jolie pour A Mighty Heart), Matt Damon, Andy Garcia et les autres venaient gravir les marches, sourire devant les caméras et accompagner la plus grosse production hollywoodienne du cru cannois. Ne manquait qu'Al Pacino, retenu ailleurs.
Ocean's 13 fait suite, comme une vague succède à une autre vague, à Ocean's 11 (en 2001), puis à Ocean's 12 (2004). Retour aux audacieux braquages d'un grand casino de Las Vegas sous la baguette de Danny Ocean (Clooney). Voleurs, joueurs et patron de casino se poursuivent et se déjouent comme chats et souris, cette fois avec des diamants à dérober et un ami à venger.
Bon, l'intérêt des films s'émousse un peu plus d'un volet à l'autre. Ça explose sur le Strip de Vegas, la caméra s'éclate aussi, mais la surprise n'est plus de la fête. Sans cette distribution glamour au cube, personne n'en ferait un tel plat...
Ocean's 14 et 15 suivront-ils le même chemin? Les producteurs jonglent avec l'idée d'une autre suite mais estiment prématuré d'en discuter.
«Il faut savoir s'arrêter, les gars!», a-t-on envie de leur dire poliment, mais l'équipe américaine semble tellement de bonne humeur... Qui oserait casser le party?
Vedettes et acteurs moins connus, cinéaste et producteurs du film formaient hier le parterre le plus détendu à s'être présenté devant la presse cannoise depuis des lunes. Le film est hors compétition, sans prétention. Il ne suscite aucun stress. La sélection à Cannes permet à un groupe d'amis de se retrouver sur la Côte d'Azur. Le fait que plusieurs d'entre eux soient de vraies célébrités ne change pas grand-chose à leur euphorie. La conférence de presse était une vraie séance de rigolade. «Cannes nous a donné la meilleure excuse pour être ici et s'amuser», a résumé Brad Pitt.
En entrevue pour le Canal Festival, Clooney a assuré que le seul but de leur présence était l'espoir de remporter la Palme d'or. Entendant que leur film n'était pas en compétition, il a joué les désolés. Toute sa meute s'est alors levée pour protester en riant. On aurait dit des étudiants en vacances.
Quand même... Steven Soderbergh trouve que le festival a changé depuis son dernier passage, plus gros, plus commercial que dans son souvenir. Il n'est plus le même non plus, il faut dire. En 1989, à l'âge vénérable de 26 ans, le cinéaste américain avait remporté ici la Palme d'or avec un premier long métrage étonnant, Sex, Lies and Videotape, vite culte. Devenu icône — il a reçu l'Oscar du meilleur réalisateur pour Traffic en 2000 —, le cinéaste oscille entre films plus personnels et productions commerciales soignées.
«Certains films trouvent leur auditoire, d'autres pas. Mais faut-il toujours blâmer le cinéaste dans ce dernier cas?, demande-t-il. Pensez au nombre d'excellents films présentés à Cannes qui ne rencontreront jamais leur public... »
Soderbergh assure que les Ocean sont plus difficiles à faire qu'un film sérieux. «Parce qu'on peut multiplier à l'infini les jeux de caméras. Mais c'est un côté de ma personnalité que j'aime explorer.»
Las Vegas, ville de tous les artifices, inspire toujours Soderbergh et ses scénaristes. «Juste en cinq ans, cette ville a encore changé, constate le cinéaste. On pense: impossible! Comment multiplier davantage les hôtels, les casinos? Mais la croissance est sans limites. En même temps, cette ville folle, conçue uniquement pour le délassement et le jeu, existe avec ses mythes, ses outrances. C'est un endroit fabuleux.»
Commerciaux tant qu'on voudra, surtout ce dernier volet, inférieur aux deux autres, les Ocean sont une joyeuse galère pour leurs interprètes.
«Le secret du bon climat sur ce plateau? Éliminer au départ tous les faux culs», explique Soderbergh.
- «Est-il difficile de diriger une grappe de stars?
- Le niveau des conversations est toujours élevé et intéressant, mais j'ai bien du mal à garder tout ce monde-là tranquille et concentré en même temps... »
George Clooney a révélé le secret de casting d'une fois à l'autre: «Soderbergh appelle chacun d'entre nous et dit: "Les dix autres ont déjà accepté." Comment refuser, alors?»
Clooney est le plus drôle de la bande. «Ce scénario d'Ocean's 13 est un des meilleurs des temps modernes, ironise-t-il. Un cri pour la paix!»
Même quand une journaliste chinoise a reproché au cinéaste de faire du personnage chinois une sorte de clown (l'acrobate Shaobo Qin), il n'y a pas eu moyen de faire sortir l'équipe goguenarde de ses gonds. «Ce n'est que du spectacle!», a répondu le jeune Chinois en haussant les épaules.
Et tous les autres ont renchéri. «Seulement du spectacle!» Et ce qu'on s'amuse à Cannes! Youppi!
Haut de la page


