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Festival de cinéma des 3 Amériques - Petites merveilles sur pellicule

Isabelle Porter   26 mars 2007  Cinéma
Ghosts of Cité Soleil, d’Asger Leth, nous plonge dans les guerres de gangs de Cité Soleil, un bidonville de Port-au-Prince considéré comme l’un des lieux les plus dangereux du monde.
Ghosts of Cité Soleil, d’Asger Leth, nous plonge dans les guerres de gangs de Cité Soleil, un bidonville de Port-au-Prince considéré comme l’un des lieux les plus dangereux du monde.
Québec — C'est mercredi que débute à Québec le Festival de cinéma des 3 Amériques (FC3A) avec, en ouverture, la première canadienne du thriller français Ne le dis à personne, mettant en vedette François Cluzet et Marie-Josée Croze. Bref avant-goût d'un festival attendu avec impatience.

En dépit de l'ouverture aux longs métrages européens effectuée cette année, le FC3A demeure aligné sur l'Amérique latine, le cinéma indépendant et surtout le documentaire, dont voici quatre merveilles.

L'Incroyable Histoire des machines à pluie de Claude Bérubé (Québec, 2007)

Présenté en première mondiale au FC3A, ce film surréaliste vaut le détour ne serait-ce que pour son sujet. Durant les années 1960, au Saguenay, on aurait tenté de déclencher des averses avec des machines postées au sommet des montagnes (!). Ceux qui n'ont jamais entendu parler de cette sorte de «légende urbaine en milieu rural» n'en reviendront tout simplement pas. On sort de la projection enchantés d'être aussi perplexes.

Ghosts of Cité Soleil d'Asger Leth (Danemark-États-Unis, 2006)

Dans un tout autre ordre d'idées, Ghosts of Cité Soleil nous plonge dans les guerres de gangs de Cité Soleil, un bidonville de Port-au-Prince considéré comme l'un des lieux les plus dangereux du monde. Percutant, dérangeant, le film nous fait partager l'intimité de deux jeunes chefs de gangs, 2pac et Billy. Tandis que les chefs politiques leur attribuent la responsabilité de la violence sévissant dans la capitale, ces deux adolescents attardés jouent les rappeurs et les sauveurs du peuple. Tourné à la manière d'un vidéoclip dans des ruelles de misère, le film nous laisse avec bien des interrogations sur la nature du bien et du mal. Et, à la lumière de l'histoire de ce pays et du danger qu'a dû représenter pareil tournage, ce documentaire courageux relève de l'exploit.

O fim et o principio

(The End and the Beginning) d'Eduardo Coutinho (Brésil, 2005)

Très grand est ce petit film sans prétention signé Eduardo Coutinho qu'on décrit comme le Pierre Perreault des Brésiliens. Dans un petit village du nord du pays nommé Araças, le réalisateur va frapper aux portes de vieillards à qui il pose une série de questions. Le mariage vous a-t-il rendu heureux? Avez-vous peur de la mort? Les récits auxquels ces questions ouvrent la porte sont simples, colorés et bien philosophes. On ne se lasse pas de contempler ces visages ridés dont la plupart ont cuit sous le soleil pendant des décennies. La lenteur et la paix qui émanent du film nous habitent longtemps.

En el hoyo (Dans le trou) de Juan Carlo Rulfo (Mexique, 2007)

Encore une fois ici, le documentaire traite d'un thème dont personne ne semble se soucier. En el hoyo se penche sur la vie des travailleurs de la construction dans l'un des plus grands chantiers du monde — une immense bretelle d'autoroute dans la mégalopole de Mexico. Le tournage a duré deux ans et, pour bien nous faire mesurer la dureté des conditions de travail, la caméra a notamment suivi les ouvriers au sommet de structures vertigineuses, à des dizaines de mètres de hauteur. Le soir, une travailleuse du chantier particulièrement connectée vers l'au-delà nous explique que le diable réclame une âme pour chaque pont construit. À défaut de quoi, il s'effondre.

Collaboratrice du Devoir






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