vendredi 25 mai 2012 Dernière mise à jour 12h16
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Un gauchiste sur la Croisette

L'unique, le fou, le vibrant, l'excessif Michael Moore présente Bowling For Columbine et en profite pour tonner contre le système américain

Odile Tremblay   18 mai 2002  Cinéma
Cannes — Je vous ai parlé hier de Bowling For Columbine, le film de Michael Moore, écrivain, cinéaste et animateur gauchiste comme l'Amérique en enfante peu. Qu'il s'agisse du premier documentaire à être projeté en compétition au festival depuis 46 ans constitue en soi un événement. Moore (tout chic, en veston noir — il s'en étonnait lui-même) est apparu sur la Croisette, et son talent de communicateur, ses opinions d'éternel contestataire ont produit ici l'effet d'une commotion. Ses films Roger And Me et The Big One, sa série The Awful Truth et son dernier livre, Stupid White Man, en font l'ennemi public numéro un des bonzes au pouvoir en sa patrie. Il s'en fout et crie de plus belle.

Bowling For Columbine (une production canadienne: allez trouver l'argent pour un sujet pareil chez les voisins du Sud) dénonce d'abord la libre circulation des armes à feu aux États-Unis mais aussi la campagne de peur menée en haut lieu par un gouvernement qui impose ainsi ses politiques de droite.


Il faut entendre Moore tonner contre le système américain qui crache sur les pauvres, les malades et les immigrés, contre la psychose collective qui porte les gens à s'armer et à tirer. «D'autres meurtres collectifs sont perpétrés ailleurs avec des armes à feu, on l'a vu dernièrement en Allemagne, dit-il, mais nulle part ailleurs qu'aux États-Unis surviennent-ils aussi fréquemment et de façon aussi massive.»


Michael Moore se considère comme un des seuls gauchistes des États-Unis à se voir publié et diffusé. On lui met des bâtons dans les roues, mais les gens réclament ses oeuvres et il finit par l'emporter, par gagner des batailles aussi. K-Mart, qui vendait des munitions pour armes à feu dans tout le pays, a cessé de le faire lors du tournage de Bowling For Columbine tant Moore les a emmerdés. «Où sont les journalistes d'enquête chez moi?, demande-t-il. Qui réclame à George W. Bush des comptes sur ses accointances économiques avec la famille d'Oussama ben Laden?» La voix de la gauche américaine est venue crier à Cannes que tous les Américains ne sont pas des abrutis vénérant leur président mais qu'ils sont des millions comme lui à en avoir assez. Sauf qu'ils protestent en silence. Pas lui. Pas l'unique, le fou, le vibrant, l'excessif Michael Moore, passé comme une tornade sur cette Croisette pour décoiffer tout le beau monde.


Mais on a aussi vu des films hier: le bouleversant All Or Nothing de Mike Leigh, dont je vous entretiens plus haut, également le très mystérieux et maîtrisé Sourire de ma mère de Marco Bellochio. Jugé séditieux et condamné en Italie par le Vatican, victime de tracasseries de toutes sortes depuis sa sortie là-bas, ce film raconte l'histoire absurde d'un artiste athée (merveilleux Sergio Castellitto) qui apprend après tout le monde que sa famille veut faire béatifier sa mère assassinée, sombrant ensuite dans le doute et l'angoisse.


Cette oeuvre très belle, qui ne révèle jamais ses codes mais qui puise sa force dans ses énigmes, est portée par le charme de Castellitto mais aussi par une musique, des jeux de caméra, des cadrages superbes, une imagerie parfois fellinienne. Elle traduit une quête de métaphysique sans Dieu, une anxiété moderne avec une rigueur qui porte la griffe du cinéaste qui nous avait jadis donné Les Poings dans les poches.


Dans un registre complètement différent est venu exploser en décibels 24 Hour Party People de Michael Winterbottom. Ce Britannique qui nage dans toutes les eaux a réalisé des films aussi différents que The Claim, Welcome To Sarajevo et Jude. Avec 24 Hour Party People, il s'est attaqué à l'aventure musicale des Sex Pistols mais aussi à celle de Factory Records et de la jadis hyperbranchée boîte de nuit L'Hacienda, à Manchester.


Techniquement impeccable, créatif dans sa forme, j'avoue que ce film qui couvre les années 1976 à 1992 m'a ennuyée plus qu'autre chose. Winterbottom s'est appliqué à sa reconstitution, multipliant les clins d'oeil humoristiques, mais il ne parvient guère à susciter l'émotion et à recréer la vraie folie d'une époque si brûlante.








L'équipe de Max Films a annoncé hier à Cannes que Philippe Noiret viendra tourner au Québec. Il tiendra la vedette dans Père et fils, première réalisation de l'humoriste Michel Boujenah, dont le tournage débutera à l'automne dans Charlevoix pour se poursuivre à Montréal et à Paris. Le film racontera l'histoire d'un père (Noiret) qui tentera de réconcilier ses deux fils en les convaincant sous un faux prétexte de les accompagner au Québec. Père et fils sera produit en France par A.J.O.Z. Films, Little Bear et Gaumont et, pour la part canadienne, par Max Films.


Sur ce, je retourne en salles obscures. À bientôt.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012