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Sacre de Congorama aux Jutra

Odile Tremblay   19 février 2007  Cinéma
Le réalisateur de l’excellent Congorama, Philippe Falardeau, et l’acteur principal du film, Paul Ahmarani, avaient de quoi se réjouir hier soir, à la suite de la neuvième cérémonie des Jutra, célébrant les artisans du cinéma québécois.
Photo : Jacques Grenier
Le réalisateur de l’excellent Congorama, Philippe Falardeau, et l’acteur principal du film, Paul Ahmarani, avaient de quoi se réjouir hier soir, à la suite de la neuvième cérémonie des Jutra, célébrant les artisans du cinéma québécois.
Contre toute attente, c’est l’excellent Congorama de Philippe Falardeau qui sortait hier grand vainqueur de la 9e cérémonie des Jutra, célébrant les artisans du cinéma québécois. Malgré ses six mises en nomination (deux fois moins que Bon Cop, Bad Cop et qu’Un dimanche à Kigali,) la production franco-belge se sera hissée jusqu’aux plus hauts sommets: meilleur film, meilleure réalisation, meilleur acteur pour le duo Paul Ahmarani/Olivier Gourmet, meilleur scénario, meilleur acteur de soutien à Gabriel Arcand. Seul le Jutra de la meilleure direction photo lui aura échappé au profit d’Un dimanche à Kigali de Robert Favreau.

Philippe Falardeau ne cachait pas sa stupeur après la moisson. Il s’attendait à récolter le Jutra du meilleur scénario, mais non les plus grands honneurs «Je ne veux pas opposer idéologiquement le cinéma d’auteur et le cinéma commercial, a-t-il précisé cependant. C’est le cinéma commercial qui entraîne les gens dans les salles pour voir ensuite nos films». Congorama devrait connaître une seconde sortie en salles dès vendredi.

Un dimanche à Kigali, tourné au Rwanda sur les traces du génocide de 1994 aura été le second grand gagnant de la soirée. Le film de Robert Favreau a récolté six Jutra dans des catégories moins prestigieuses toutefois que Congorama: meilleure direction photo à Pierre Mignot (primé pour la troisième année consécutive), meilleure direction artistique, meilleur son, meilleure musique, meilleurs costumes, meilleurs maquillages. Les lauriers techniques ont récompensé cette oeuvre tournée dans des conditions difficiles, en un pays encore marqué par son bain de sang.

Autre prix judicieux: celui de la meilleure actrice octroyé à Céline Bonnier pour sa saisissante interprétation d’une femme en quête de dignité dans Délivrez-moi de Denis Chouinard. Cheech, de Patrice Sauvé, ne sera pas rentré bredouille puisqu’il valait à Fanny Malette le Jutra de la meilleure actrice de soutien. Quant au Secret de ma mère de Ghyslaine Côté, il repart avec le laurier (mineur) de la meilleure coiffure.

Animé avec professionnalisme par Normand Brathwaite, mais décidément trop sage, sans la touche de folie qui crée les grandes cérémonies (à part un sketch très drôle sur Jeanne Moreau durant le tournage de Roméo et Juliette), ce 9e Gala des Jutra réunissant tout le milieu du 7e art au Théâtre Maisonneuve, était télédiffusé sur les ondes de la SRC.

Il aura été l’occasion d’un coup de chapeau au comédien Pierre Curzi, au moment où l’ancien président de l’Union des artistes met sa carrière sous le boisseau pour se lancer en politique dans les rangs du Parti québécois. Son Jutra-hommage était livré avec émotion, des interprètes qui chantaient parfois faux, mais Curzi rendit un vibrant hommage au métier de comédien.

On déplorait que ces 9e Jutra n’aient guère été placés sous le sceau des déclarations politiques chocs. Alors que la controversée ministre du Patrimoine Bev Oda était dans la salle (en plus de bien des têtes politiques québécoises), seul Patrick Roy, d’Alliance Atlantis Viva film, aura eu quelques mots pour déplorer le manque de ressources de Téléfilm Canada à verser dans la cagnotte du long métrage québécois. Sinon, les lauréats se sont montrés bien prudents, sans donner de coups de gueule. La tribune était là mais le milieu n’osa s’en servir pour protester.

Devant les journalistes, la ministre de la Culture, Line Beauchamp, a tenu à préciser que les nouveaux fonds alloués au long métrage par le Québec privilégieraient surtout l’axe du film d’auteur. Elle a répété que les discussions avec Ottawa sont intenses dans le dossier cinéma. «Les choses doivent bouger», affirme-t-elle.

Les 12 nominations à Good Cop, Bad Cop, qui avaient affolé une partie de la critique, laquelle y lisait une victoire du succès commercial au détriment des considérations cinéphiliques, n’auront pas débouché sur la consécration de la comédie d’Érik Canuel. Mais peut-être le tollé médiatique a-t-il influencé dans leurs votes certains membres de l’Académie québécoise. Aux Génies canadiens, Bon Cop, Bad Cop avait récolté le titre de meilleur film.

Sur le flanc québécois, le film de Canuel n’aura récolté en tout et pour tout qu’un seul Jutra, celui du meilleur montage, en plus du billet d’or attribué d’office au film ayant engrangé le plus grand nombre de recettes au guichet.

En cette année mineure où notre septième art n’aura pas été au mieux de sa forme, plusieurs films en nomination sont restés sur la touche, comme Guide de la petite vengeance de Jean-François Pouliot et La Vie secrète des gens heureux de Stéphane Lapointe. Idem pour Kamataki de Claude Gagnon, Le Génie du crime de Louis Bélanger, Sans elle de Jean Beaudin, etc. Seuls six longs métrages se sont partagé l’ensemble des prix.

Dans les autres catégories, c’est À force de rêves de Serge Giguère abordant l’âge d’or et ses passions qui a récolté le Jutra du meilleur documentaire. Celui du meilleur film d’animation et allé à McLaren’s Negatives de Marie-Josée Saint-Pierre, regard sur le génial créateur des Voisins. Le Jutra du meilleur court et moyen métrage a couronné Les Eaux mortes de Guy Édoin, une histoire d’épouse fantôme qui hante son veuf, (ce dernier incarné par Gabriel Gascon, très présent cette année au cinéma).

Le Jutra du film s’étant le plus illustré à l’étranger fut attribué à C.R.A.Z.Y. de Jean-Marc Vallée qui a fait parler de lui partout. Quant à celui du meilleur exploitant, il a couronné Stéphane Tremblay, du Cinéma Élysée, à Granby.

Finalement, cette soirée a permis aux cinéphiles de retrouver confiance dans le bien-fondé d’une remise de prix, qui a fait passer la cinéphilie avant le commerce.
***
De fortes rumeurs veulent que la ville de Québec accueille en 2008 le prochain gala des Jutra pour souligner le 400e anniversaire de la capitale. L’approbation des télédiffuseurs ne serait toutefois pas encore assurée.

Par ailleurs, le «Jutra hommage» de la 10e édition ne serait pas attribué à une personne mais à une institution, la Cinémathèque québécoise. À la direction des Jutra, on nie ces fuites farouchement.
Le réalisateur de l’excellent Congorama, Philippe Falardeau, et l’acteur principal du film, Paul Ahmarani, avaient de quoi se réjouir hier soir, à la suite de la neuvième cérémonie des Jutra, célébrant les artisans du cinéma québécois. Les vedettes du film Bon Cop, Bad Cop, Patrick Huard et Colm Feore, hier soir aux Jutra. Malgré ses douze mises en nomination, Bon Cop, Bad Cop n’a pas été consacré. La comédie d’Érik Canuel n’a récolté en tout et pour tout qu’un seul Jut
 






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