La concurrence déloyale du DVD
Il n'y a pas si longtemps, les studios et les distributeurs américains relançaient la campagne de leurs films en salles au moment de la course aux Oscars et en prolongeaient l'espérance de vie bien au-delà, advenant que leurs poulains soient récompensés. La victoire-surprise de Crash, l'an dernier, a inspiré une tendance inverse qui consiste à devancer la sortie en DVD des films en lice pour le meilleur film. Et pour cause: les experts avaient analysé que le film de Paul Haggis avait coiffé ses adversaires dans les suffrages, dont Brokeback Mountain, parce qu'étant le seul candidat en DVD, les membres votants de l'Académie avaient pu le voir en plus grand nombre. La réflexion qui s'imposa: pourquoi relancer un film en salles pour des retombées économiques marginales (les films en lice sont quand même au bout de leur exploitation) quand on peut, dans la foulée de la course aux Oscars et pour un prix comparable, lancer la campagne promotionnelle du DVD et ainsi générer des revenus trois fois supérieurs?
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