Festival de Biarritz - Un détour du côté sombre de la planète
25 janvier 2007 19h54
Cinéma
Biarritz, France — La douleur des prostituées cambodgiennes, l'enfer d'un hôpital à Bagdad, les malversations d'une multinationale du pétrole... Les fictions et documentaires présentés à Biarritz (sud-ouest) jusqu'à demain auscultent la face la plus sombre du monde.
Une centaine de films, provenant de 31 pays, sont en compétition au Festival international de programmes audiovisuels (FIPA), qui fête en 2007 ses 20 ans.
Pour réaliser Le papier ne peut pas envelopper la braise, le Cambodgien Rithy Panh a placé pendant plusieurs mois ses caméras dans le taudis qui sert de logement à une dizaine de prostituées cambodgiennes, sous la coupe d'une maquerelle.
Ce documentaire, qui est une plongée au plus profond de la détresse humaine, bénéficie d'un vrai regard de cinéaste, loin de tout apitoiement. L'auteur n'intervient jamais: il se contente de filmer les conversations (parfois insoutenables) des jeunes femmes au repas, apparemment oublieuses de la présence de la caméra. «Quand un homme couche avec moi, il couche avec une morte», murmure l'une des femmes.
La prostitution, l'excision (La Douleur secrète, de la Danoise Mette Knudsen), la peine de mort aux États-Unis (Une mort au Texas, des Allemands Thomas et Rena Giefer), les sévices à la prison d'Abou Ghraïb à Bagdad (La Trilogie d'Abou Ghraïb, de l'Australienne Olivia Rousset) ou le quasi-esclavage des clandestins dans le sud de l'Espagne (El Ejido, la loi du profit, du Marocain Jawad Rhalib) composent le tableau d'un monde qui écrase les plus faibles.
Et si l'on sourit au début de Comment c'est fait, l'effarement prend vite le dessus: le réalisateur polonais Marcel Lozinski a suivi pendant trois ans un conseiller en communication qui veut prouver que quiconque peut devenir un homme politique en Pologne dès lors qu'il fait preuve de suffisamment de populisme et de démagogie.
Côté fiction, l'heure n'est pas non plus à l'optimisme. Plusieurs ont pour thème le complot, comme L'État intérieur, des Britanniques Michael Offer et Daniel Percival, sur la manipulation dont est victime un diplomate britannique. Havarie, du Suisse Xavier Koller, retrace les sombres machinations d'une compagnie pétrolière internationale.
Les Français se penchent sur leur histoire mal digérée avec René Bousquet ou le grand arrangement, de Laurent Heynemann, sur le secrétaire général de la police du régime collaborationniste de Vichy en 1942-43.
Parmi les pépites de la sélection figure Bagdad, l'histoire d'un docteur. Un documentaire tourné par un médecin irakien qui a eu l'autorisation de filmer en 2006 au service des urgences de l'hôpital al-Yarmouk. La plupart des patients sont des habitants de Bagdad victimes d'attentats à la bombe. Cette visite en enfer est illuminée par le courage du personnel soignant, des ambulanciers aux infirmières, et par l'humour et la résistance du chirurgien Ali, au milieu des corps mutilés.
Loin de ces tumultes, le Japonais Shinichi Ise a suivi pendant 25 ans la vie d'une famille de la banlieue de Yokohama dont la fille est handicapée mentale. Arigato (Merci) dépeint avec sensibilité le quotidien d'une famille hors normes et l'amour des parents pour leur enfant.
Une centaine de films, provenant de 31 pays, sont en compétition au Festival international de programmes audiovisuels (FIPA), qui fête en 2007 ses 20 ans.
Pour réaliser Le papier ne peut pas envelopper la braise, le Cambodgien Rithy Panh a placé pendant plusieurs mois ses caméras dans le taudis qui sert de logement à une dizaine de prostituées cambodgiennes, sous la coupe d'une maquerelle.
Ce documentaire, qui est une plongée au plus profond de la détresse humaine, bénéficie d'un vrai regard de cinéaste, loin de tout apitoiement. L'auteur n'intervient jamais: il se contente de filmer les conversations (parfois insoutenables) des jeunes femmes au repas, apparemment oublieuses de la présence de la caméra. «Quand un homme couche avec moi, il couche avec une morte», murmure l'une des femmes.
La prostitution, l'excision (La Douleur secrète, de la Danoise Mette Knudsen), la peine de mort aux États-Unis (Une mort au Texas, des Allemands Thomas et Rena Giefer), les sévices à la prison d'Abou Ghraïb à Bagdad (La Trilogie d'Abou Ghraïb, de l'Australienne Olivia Rousset) ou le quasi-esclavage des clandestins dans le sud de l'Espagne (El Ejido, la loi du profit, du Marocain Jawad Rhalib) composent le tableau d'un monde qui écrase les plus faibles.
Et si l'on sourit au début de Comment c'est fait, l'effarement prend vite le dessus: le réalisateur polonais Marcel Lozinski a suivi pendant trois ans un conseiller en communication qui veut prouver que quiconque peut devenir un homme politique en Pologne dès lors qu'il fait preuve de suffisamment de populisme et de démagogie.
Côté fiction, l'heure n'est pas non plus à l'optimisme. Plusieurs ont pour thème le complot, comme L'État intérieur, des Britanniques Michael Offer et Daniel Percival, sur la manipulation dont est victime un diplomate britannique. Havarie, du Suisse Xavier Koller, retrace les sombres machinations d'une compagnie pétrolière internationale.
Les Français se penchent sur leur histoire mal digérée avec René Bousquet ou le grand arrangement, de Laurent Heynemann, sur le secrétaire général de la police du régime collaborationniste de Vichy en 1942-43.
Parmi les pépites de la sélection figure Bagdad, l'histoire d'un docteur. Un documentaire tourné par un médecin irakien qui a eu l'autorisation de filmer en 2006 au service des urgences de l'hôpital al-Yarmouk. La plupart des patients sont des habitants de Bagdad victimes d'attentats à la bombe. Cette visite en enfer est illuminée par le courage du personnel soignant, des ambulanciers aux infirmières, et par l'humour et la résistance du chirurgien Ali, au milieu des corps mutilés.
Loin de ces tumultes, le Japonais Shinichi Ise a suivi pendant 25 ans la vie d'une famille de la banlieue de Yokohama dont la fille est handicapée mentale. Arigato (Merci) dépeint avec sensibilité le quotidien d'une famille hors normes et l'amour des parents pour leur enfant.
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