Cinéma et télévision - Drôle de grève
Le dialogue est à nouveau rompu entre les associations de producteurs canadiens et le syndicat des acteurs anglophones, qui a décidé de quitter la table des négociations hier matin. Comme prévu, la grève a aussitôt été décrétée en Ontario, au Manitoba et en Saskatchewan. Le Québec devrait emboîter le pas demain afin de réclamer à son tour la mise sur pied d'un comité paritaire chargé d'étudier la question des droits de diffusion sur Internet et sur les nouvelles plates-formes mobiles, comme le téléphone portable.
Lancées mercredi dernier, les négociations marathon avaient considérablement progressé pendant la fin de semaine. Il aura suffi d'un seul point, la question des salaires et des droits de diffusion des oeuvres sur Internet, pour que tout bascule. «Nous ne travaillons pas gratuitement pour la télévision, nous ne travaillons pas gratuitement dans un film, et nous n'allons pas travailler gratuitement pour Internet», a lancé la star de Corner Gas, Eric Peterson, lors d'un point de presse tenu par l'Alliance des artistes canadiens du cinéma, de la télévision et de la radio (ACTRA).
Pour l'instant, la grève ne porte pas à conséquence, puisque les producteurs de ces trois régions ont choisi de faire alliance avec l'ACTRA de manière à poursuivre les tournages pendant la grève. Tous ont signé une lettre d'entente qui reprend l'ancienne convention collective tout en acceptant de la bonifier en y ajoutant des augmentations de 5 % en salaire et de 2 % en avantages sociaux, une offre qui dépasse largement celle présentée à la table de négociation et chiffrée à 3 % pour les salaires et à 1 % pour les avantages sociaux.
Pour le directeur régional de l'ACTRA, Raymond Guardia, cette drôle de grève illustre parfaitement le manque de cohésion au sein des associations de producteurs. «À Toronto ce matin [hier], il n'y a aucune ligne de piquetage. Tout le monde est allé au travail parce que 100 % des producteurs qui tournent ont signé une entente avec l'ACTRA. J'espère que les associations vont reconnaître que, pour le moment, 100 % de leur membership les a abandonnées.»
Ce front en apparence uni pourrait toutefois se fissurer au fur et à mesure que le front va s'élargir. Demain, ce sera au tour du Québec de déclencher la grève, les autres régions suivront peu après, à l'exception de la Colombie-Britannique. «Il n'y a pas de tournages importants en cours ou à venir prochainement au Québec. Il y a quelques productions documentaires, de variétés, mais pas de dramatiques, et on ne sait pas si les producteurs ont signé des ententes parallèles», explique Céline Pelletier, directrice des communications de l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ).
Gratuit ou payant?
Selon elle, les producteurs auraient volontiers poursuivi les négociations, quoi qu'en disent les acteurs qui accusent ces derniers de vouloir garder pour eux tous les bénéfices d'Internet et des nouvelles plates-formes. Rien n'est moins vrai, affirme Mme Pelletier. «On est prêts à un partage des recettes, mais pas à un paiement d'avance tout simplement parce qu'on ne sait pas comment établir ce paiement puisqu'on ne sait pas ce que ça va rapporter.»
Sur ce point, les deux parties s'entendent. «Tout le monde sait que c'est l'avenir, mais personne ne connaît le modèle d'affaires qui le rendra rentable», convient M. Guardia. L'ACTRA a donc proposé la formation d'un comité paritaire pour étudier les droits de diffusion sur les nouvelles plates-formes, une idée qui n'a pas été retenue par les associations de producteurs.
Par ailleurs, il semblerait que ce bras de fer soit suivi de près par nos voisins états-uniens qui auront à négocier ces mêmes droits avec les acteurs et les auteurs plus tard cette année. «Les Américains ont pris part au débat et leur mot d'ordre était clair: c'était de barrer la route à tout précédent, à moins que ce ne soit pour un usage gratuit», rapporte M. Guardia.
Si, pour l'instant, les tournages se poursuivent comme si de rien n'était à Toronto, tout ce branle-bas de combat aurait ébranlé la confiance des États-Unis. Selon le négociateur en chef de la Canadian Film and Television Production Association (CFTPA), John Barrack, trois mégaproductions auraient déjà retiré leurs billes, jugeant le climat de travail canadien trop instable.
À terme, le mouvement de grève touchera tous les producteurs canadiens à l'exception de ceux de la Colombie-Britannique. Les producteurs qui ont signé des lettres d'entente au préalable avec le syndicat seront toutefois épargnés.
Lancées mercredi dernier, les négociations marathon avaient considérablement progressé pendant la fin de semaine. Il aura suffi d'un seul point, la question des salaires et des droits de diffusion des oeuvres sur Internet, pour que tout bascule. «Nous ne travaillons pas gratuitement pour la télévision, nous ne travaillons pas gratuitement dans un film, et nous n'allons pas travailler gratuitement pour Internet», a lancé la star de Corner Gas, Eric Peterson, lors d'un point de presse tenu par l'Alliance des artistes canadiens du cinéma, de la télévision et de la radio (ACTRA).
Pour l'instant, la grève ne porte pas à conséquence, puisque les producteurs de ces trois régions ont choisi de faire alliance avec l'ACTRA de manière à poursuivre les tournages pendant la grève. Tous ont signé une lettre d'entente qui reprend l'ancienne convention collective tout en acceptant de la bonifier en y ajoutant des augmentations de 5 % en salaire et de 2 % en avantages sociaux, une offre qui dépasse largement celle présentée à la table de négociation et chiffrée à 3 % pour les salaires et à 1 % pour les avantages sociaux.
Pour le directeur régional de l'ACTRA, Raymond Guardia, cette drôle de grève illustre parfaitement le manque de cohésion au sein des associations de producteurs. «À Toronto ce matin [hier], il n'y a aucune ligne de piquetage. Tout le monde est allé au travail parce que 100 % des producteurs qui tournent ont signé une entente avec l'ACTRA. J'espère que les associations vont reconnaître que, pour le moment, 100 % de leur membership les a abandonnées.»
Ce front en apparence uni pourrait toutefois se fissurer au fur et à mesure que le front va s'élargir. Demain, ce sera au tour du Québec de déclencher la grève, les autres régions suivront peu après, à l'exception de la Colombie-Britannique. «Il n'y a pas de tournages importants en cours ou à venir prochainement au Québec. Il y a quelques productions documentaires, de variétés, mais pas de dramatiques, et on ne sait pas si les producteurs ont signé des ententes parallèles», explique Céline Pelletier, directrice des communications de l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ).
Gratuit ou payant?
Selon elle, les producteurs auraient volontiers poursuivi les négociations, quoi qu'en disent les acteurs qui accusent ces derniers de vouloir garder pour eux tous les bénéfices d'Internet et des nouvelles plates-formes. Rien n'est moins vrai, affirme Mme Pelletier. «On est prêts à un partage des recettes, mais pas à un paiement d'avance tout simplement parce qu'on ne sait pas comment établir ce paiement puisqu'on ne sait pas ce que ça va rapporter.»
Sur ce point, les deux parties s'entendent. «Tout le monde sait que c'est l'avenir, mais personne ne connaît le modèle d'affaires qui le rendra rentable», convient M. Guardia. L'ACTRA a donc proposé la formation d'un comité paritaire pour étudier les droits de diffusion sur les nouvelles plates-formes, une idée qui n'a pas été retenue par les associations de producteurs.
Par ailleurs, il semblerait que ce bras de fer soit suivi de près par nos voisins états-uniens qui auront à négocier ces mêmes droits avec les acteurs et les auteurs plus tard cette année. «Les Américains ont pris part au débat et leur mot d'ordre était clair: c'était de barrer la route à tout précédent, à moins que ce ne soit pour un usage gratuit», rapporte M. Guardia.
Si, pour l'instant, les tournages se poursuivent comme si de rien n'était à Toronto, tout ce branle-bas de combat aurait ébranlé la confiance des États-Unis. Selon le négociateur en chef de la Canadian Film and Television Production Association (CFTPA), John Barrack, trois mégaproductions auraient déjà retiré leurs billes, jugeant le climat de travail canadien trop instable.
À terme, le mouvement de grève touchera tous les producteurs canadiens à l'exception de ceux de la Colombie-Britannique. Les producteurs qui ont signé des lettres d'entente au préalable avec le syndicat seront toutefois épargnés.
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