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Besson chez les Minimoys

Frédérique Doyon   6 janvier 2007  Cinéma
Arthur, la princesse Selenia et son frère Betameche. Source: Luc Besson
Arthur, la princesse Selenia et son frère Betameche. Source: Luc Besson
C'est l'histoire d'un grand réalisateur au pays de minuscules créatures, et aussi celle d'un premier blockbuster d'animation made in France... à l'américaine. Luc Besson était à Montréal hier pour lancer Arthur et les Minimoys, fruit d'une incursion inédite dans l'univers de l'animation 3D et du film familial, en salle dès vendredi.

La production, qui a mûri pendant plus de six ans, arrive précédée du grand tintamarre de sa sortie en France à la mi-décembre, où elle domine le palmarès avec près de cinq millions d'entrées. Une foule de produits dérivés l'accompagnent jusqu'ici, dont un livre truffé d'images du film, premier tome d'une série de trois.

Le réalisateur français nous avait habitués à son éclectisme. Il a arpenté la mégapole de demain en quête du Cinquième Élément, traqué les tueurs à gages dans Nikita, plongé dans les profondeurs du Grand Bleu. Depuis la création de sa boîte de production Europacorp, son parti pris pour les grosses productions de divertissement lui a valu la désaffection d'une partie de la critique et du public. Son avant-dernier opus, le décevant Angel-A, n'avait pas arrangé les choses...

Cette fois, c'est un petit personnage dessiné qui l'a séduit, celui né de la plume de Patrice Garcia, collaborateur pour Le Cinquième Élément.

«Il est venu me voir pendant le tournage de Jeanne d'Arc avec un dessin d'un petit personnage et j'ai craqué complètement, racontait le réalisateur en conférence de presse hier. On peut tout faire avec un petit bonhomme comme ça.»

Luc Besson aurait d'ailleurs «adoré faire deux millimètres», confie-t-il un peu plus tard en rigolant, clin d'oeil à ses héros les Minimoys, créatures de l'infiniment petit, qui tranchent avec les rêves de grandeur et de puissance généralement portés au grand écran chez les voisins américains.

La boutade n'est pas innocente. Avec cette production toute française, le réalisateur souhaitait rivaliser techniquement et artistiquement avec les géants américains du film 3D, les Pixar et Disney, dont il salue au passage le travail de pionnier. «Ils sont forts, admet-il. Ça donne de l'énergie et ça envoie le message que c'est possible.»

Si l'esthétique d'Arthur et les Minimoys emprunte beaucoup à celle de Disney, le film, qui navigue entre le 2D et le 3D, s'avère plus finement ciselé. L'équipe a mis 11 mois à construire la maquette des 350 maisons du village des Minimoys. Quelque 8000 photographies ont donné la texture des images, avec l'expertise de BUF Cie, entreprise française reconnue pour ses effets spéciaux. Reste que l'histoire est campée dans une campagne clairement américaine des années 60...

Le jeune Arthur (Freddie Highmore) y vit avec sa grand-mère (campée par Mia Farrow) et découvre l'univers souterrain et microscopique des Minimoys, créatures sorties de l'imaginaire de son grand-père, grand voyageur mystérieusement disparu depuis quatre ans. Transformé en Minimoy, il délivrera le miniroyaume des griffes du maléfique Malthazar. Avec l'aide de la princesse Selenia et de son frère Betameche, il retrouvera le trésor ramené d'Afrique par son grand-père, afin de sauver le domaine familial des mains d'un promoteur véreux.

Pour sortir du cercle déjà éprouvé des voix d'acteurs connus, Besson s'est tourné vers l'univers des chanteurs. Dans la version anglaise, Madonna a ainsi prêté sa voix à la princesse, David Bowie à Malthazar et le rappeur Snoop Dog à Max, coloré propriétaire du Jaimabar dans la galaxie Koolomassaï.

Souvenirs d'enfance

En filigrane se dessine l'intérêt de Luc Besson pour l'écologie, à travers les inventions d'Arthur ou de son grand-père, mais aussi dans le mode de vie des Minimoys. «Le fond du film, c'est une petite communauté qui vit en parfaite harmonie avec la nature», estime le réalisateur. Quant à l'histoire d'Arthur, elle puise en partie dans sa propre enfance.

«J'ai un peu les mêmes souvenirs que lui», dit-il, évoquant les récits de sa grand-mère, auxquels il aimait croire lui aussi. Cette candeur des jeunes enfants appelait une grande exigence dans la réalisation d'un film qui leur est destiné.

«C'est beaucoup plus important de faire un film pour enfants, parce qu'ils croient tout. Les adultes, c'est moins grave, ils ont leur libre pensée.» Luc Besson s'est tout de même accroché au fait qu'«à sept ou huit ans, on a le sens de la relativité, on comprend l'autre. C'est ça qui [l']a guidé». Pour le reste, il ne considère pas tant son oeuvre comme un film pour enfants. Ceux-ci lui ont plutôt laissé l'impression qu'ils assistaient à «leur premier film de grands».

Encouragé par l'engouement du public, il promet la suite des aventures d'Arthur (Arthur et la cité interdite et Arthur et la vengeance de Malthazar) pour 2009-10. Les rumeurs voulant que ce film soit son dernier ne sont donc pas tout à fait fondées, bien qu'il s'avoue un peu essoufflé.

«Après 30 ans de métier et dix films, on perd un peu d'envie. C'est difficile de faire toujours mieux que son dernier film. Toujours se battre, tout donner... C'est une question d'honnêteté intellectuelle. Je n'ai pas envie de faire un film de plus juste pour l'argent.» Ce qui ne l'empêchera pas de se lancer dans un nouveau tournage s'il tombe demain sur un scénario génial, s'empresse-t-il d'ajouter.

Quoi qu'il en soit, il compte d'abord savourer sa première conquête du côté du film d'animation, entreprise complexe à laquelle il a travaillé pendant plus de six ans avec une équipe de 500 personnes. «Ç'a été très éprouvant parce que je n'ai pas l'habitude de ça; j'ai l'habitude physique des tournages et là, j'étais avec des nerds au bout de leur souris. Il a fallu beaucoup de patience et, au bout de deux ans et demi, une grosse déprime», lance-t-il avec une pointe d'humour, en référence à la longue période qui s'est écoulée sans voir une seule image.

L'aventure du dessin animé lui a toutefois permis de «réaliser un grand fantasme», souligne-t-il. «Ça faisait longtemps que je rêvais de dormir dans un coquelicot», à l'instar d'Arthur, Selenia et Betameche, qui se hissent pour la nuit dans le pistil duveteux d'une fleur, avant d'affronter leur destin...
Arthur, la princesse Selenia et son frère Betameche. Source: Luc Besson Luc Besson
 






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  • vbgf ffdfgd
    Inscrit
    vendredi 19 janvier 2007 21h20
    Production Toute Francaise?
    « Je ne sais pas si vous avez vu les noms au generiques...
    Ils sont tous anglais ou americains hormis le realisateur est son compositeur fetiche. Le style de la maison du gamin et le style du film sont completement copies sur les americains.
    Bien sur, ce film sera double en français puisque a l'origine il a ete tourne en anglais et notre production française n'aura eu que ça.
    Alors...... un film tout francais....laissez moi rire.....! »

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