Alain, artiste démolisseur - La poésie sous les ordures
En notre ère de gaspillage intensif, on gagne toujours à interroger ceux qui choisissent la récupération et le recyclage. Conscience d'une époque frivole qui sème ses déchets à tous vents, ces hommes et ces femmes vont à contre-courant de la tendance générale en offrant une seconde vie à ces objets sacrifiés avant d'être usés. La poésie se cache sous les ordures. C'est un peu vrai.
En ce sens, le documentaire Les Glaneurs et la Glaneuse de la Française Agnès Varda constituait un modèle du genre et avait su nous passionner pour ces questions de récupération en les liant à leur passé historique comme à leurs manifestations modernes.
Voici qu'en programme conjoint deux productions de l'ONF se penchent sur le phénomène. Le lieu de recherche des recycleurs: les dépotoirs, les poubelles, les entrepôts éventrés dont ils tirent des perles et que les cinéastes suivent à la trace.
Alain, artiste démolisseur, de Manon Barbeau, se révèle particulièrement émouvant. Le film, servi par des images magnifiques, bien monté, porté par la magie de son propos et la poésie du personnage mis en scène, est une ode à l'imagination qui transmute le fer en or. En suivant le parcours d'Alain Dubreuil, un Québécois installé à Vancouver, Manon Barbeau (la cinéaste des Enfants de Refus global et de L'Armée de l'ombre) nous présente l'oeuvre d'un architecte visionnaire. Dubreuil transforme des entrepôts, des mines désaffectées, des hangars vétustes en palais de toutes les merveilles, récupérant des portes ici, des fenêtres là, créant des univers féeriques que les cinéastes finissent par adopter pour y tourner leurs films.
«Les cultivateurs, c'étaient des recycleurs parce qu'ils ne jetaient rien», explique Alain Dubreuil. Se souvenant des racines de son peuple, il mêle à son travail la créativité et le rêve. Il faut voir la lumière traverser ces hangars que Dubreuil sauve quelque temps, avant qu'ils ne rencontrent le pic des démolisseurs. Un documentaire inspiré et magique, vraiment!
Les Chercheurs d'or, de son côté, est un premier long métrage de Bruno Baillargeon. Sa facture est plus brouillonne que celle du film de Manon Barbeau et quelques longueurs le déparent, mais il nous fait découvrir avec bonheur les recycleurs québécois qui courent les poubelles et en dégotent souvent des trésors. On y suit surtout le quotidien de Denis, qui collecte la nuit ses trouvailles et en couvre une bicyclette surchargée. Les Chercheurs d'or nous montre l'univers de personnes qui travaillent d'arrache-pied et se passionnent pour leur métier. Une poupée trouvée dans un garage, offerte à une dame qui les collectionne et les habille, nous entraîne du côté de la poésie. Ces deux films ont le mérite de secouer la léthargie des gaspilleurs que nous sommes et de nous faire perdre bien des préjugés sur ceux que certains traitent de guenilloux.
En ce sens, le documentaire Les Glaneurs et la Glaneuse de la Française Agnès Varda constituait un modèle du genre et avait su nous passionner pour ces questions de récupération en les liant à leur passé historique comme à leurs manifestations modernes.
Voici qu'en programme conjoint deux productions de l'ONF se penchent sur le phénomène. Le lieu de recherche des recycleurs: les dépotoirs, les poubelles, les entrepôts éventrés dont ils tirent des perles et que les cinéastes suivent à la trace.
Alain, artiste démolisseur, de Manon Barbeau, se révèle particulièrement émouvant. Le film, servi par des images magnifiques, bien monté, porté par la magie de son propos et la poésie du personnage mis en scène, est une ode à l'imagination qui transmute le fer en or. En suivant le parcours d'Alain Dubreuil, un Québécois installé à Vancouver, Manon Barbeau (la cinéaste des Enfants de Refus global et de L'Armée de l'ombre) nous présente l'oeuvre d'un architecte visionnaire. Dubreuil transforme des entrepôts, des mines désaffectées, des hangars vétustes en palais de toutes les merveilles, récupérant des portes ici, des fenêtres là, créant des univers féeriques que les cinéastes finissent par adopter pour y tourner leurs films.
«Les cultivateurs, c'étaient des recycleurs parce qu'ils ne jetaient rien», explique Alain Dubreuil. Se souvenant des racines de son peuple, il mêle à son travail la créativité et le rêve. Il faut voir la lumière traverser ces hangars que Dubreuil sauve quelque temps, avant qu'ils ne rencontrent le pic des démolisseurs. Un documentaire inspiré et magique, vraiment!
Les Chercheurs d'or, de son côté, est un premier long métrage de Bruno Baillargeon. Sa facture est plus brouillonne que celle du film de Manon Barbeau et quelques longueurs le déparent, mais il nous fait découvrir avec bonheur les recycleurs québécois qui courent les poubelles et en dégotent souvent des trésors. On y suit surtout le quotidien de Denis, qui collecte la nuit ses trouvailles et en couvre une bicyclette surchargée. Les Chercheurs d'or nous montre l'univers de personnes qui travaillent d'arrache-pied et se passionnent pour leur métier. Une poupée trouvée dans un garage, offerte à une dame qui les collectionne et les habille, nous entraîne du côté de la poésie. Ces deux films ont le mérite de secouer la léthargie des gaspilleurs que nous sommes et de nous faire perdre bien des préjugés sur ceux que certains traitent de guenilloux.
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