À voir à la télévision le mercredi 1er novembre - Tragédie allemande
On pourrait confondre Les Damnés (1969) avec Dallas ou Dynasty, mais il faudrait pour cela que le film soit totalement dépouillé de la démesure baroque de Luchino Visconti. Or ce mélodrame historique, ce drame familial aux allures de tragédie shakespearienne, cette métaphore grandiloquente d'un pays au bord de l'abîme fasciste reste longtemps dans les mémoires, tout en souffrant peut-être de l'étroitesse du petit écran.
Tourné quelques années avant son chef-d'oeuvre, Mort à Venise (1971), et poussant plus loin son idée d'unir le destin d'une grande famille à celui d'une nation, comme dans Le Guépard (1963), Visconti ne s'est privé de rien pour Les Damnés. Pétri à la fois d'idées marxistes et d'une grande culture bourgeoise, il orchestre cette collision dans une oeuvre grandiose farcie de nombreux personnages dont on peine parfois à établir les liens.
Il y a un parfum de fin de règne, et de fin du monde, qui flotte dans la demeure somptueuse du clan von Essenbeck, une famille de riches industriels allemands. En 1933, l'heure n'est pas à la fête mais à l'inquiétude devant la montée du nazisme
et à l'angoisse de perdre pouvoirs et privilèges; d'autres y voient l'occasion de faire de bonnes affaires. Comparables à la barbarie des royaumes de l'Europe au Moyen Âge, les assassinats deviennent le moyen le plus sûr d'instaurer son pouvoir.
C'est justement la fin que va connaître le baron Joachim, à la tête d'un important complexe d'aciéries. Dès lors, les machinations n'auront plus de limites: sa belle-fille Sophie (Ingrid Thulin) réussit à placer Friederich (Dirk Bogarde), son amant, à la tête de cet empire tout en s'amusant à voir son fils Martin (Helmut Berger) imiter Marlene Dietrich. Pendant ce temps, le Reichstag brûle
et cette famille s'enfonce dans la même misère morale que le peuple allemand. Dans Les Damnés, la décadence n'a jamais montré autant de classe.
Cinéma / Les Damnés, Artv, 19h30
Tourné quelques années avant son chef-d'oeuvre, Mort à Venise (1971), et poussant plus loin son idée d'unir le destin d'une grande famille à celui d'une nation, comme dans Le Guépard (1963), Visconti ne s'est privé de rien pour Les Damnés. Pétri à la fois d'idées marxistes et d'une grande culture bourgeoise, il orchestre cette collision dans une oeuvre grandiose farcie de nombreux personnages dont on peine parfois à établir les liens.
Il y a un parfum de fin de règne, et de fin du monde, qui flotte dans la demeure somptueuse du clan von Essenbeck, une famille de riches industriels allemands. En 1933, l'heure n'est pas à la fête mais à l'inquiétude devant la montée du nazisme
et à l'angoisse de perdre pouvoirs et privilèges; d'autres y voient l'occasion de faire de bonnes affaires. Comparables à la barbarie des royaumes de l'Europe au Moyen Âge, les assassinats deviennent le moyen le plus sûr d'instaurer son pouvoir.
C'est justement la fin que va connaître le baron Joachim, à la tête d'un important complexe d'aciéries. Dès lors, les machinations n'auront plus de limites: sa belle-fille Sophie (Ingrid Thulin) réussit à placer Friederich (Dirk Bogarde), son amant, à la tête de cet empire tout en s'amusant à voir son fils Martin (Helmut Berger) imiter Marlene Dietrich. Pendant ce temps, le Reichstag brûle
et cette famille s'enfonce dans la même misère morale que le peuple allemand. Dans Les Damnés, la décadence n'a jamais montré autant de classe.
Cinéma / Les Damnés, Artv, 19h30
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