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FFM: adieu ou au revoir ?

Odile Tremblay   5 septembre 2006  Cinéma
Le FFM a rendu hommage hier soir, au cinéma L’Impérial, aux vainqueurs ex aequo de cette 30e édition, dont on ne sait si elle aura une suite. Le directeur du festival, Serge Losique, est ici photographié aux côtés de la jeune comédienne ailée H
Photo : Jacques Grenier
Le FFM a rendu hommage hier soir, au cinéma L’Impérial, aux vainqueurs ex aequo de cette 30e édition, dont on ne sait si elle aura une suite. Le directeur du festival, Serge Losique, est ici photographié aux côtés de la jeune comédienne ailée H
Clôturé hier avec La Vie secrète des gens heureux, du Québécois Stéphane Lapointe, le 30e Festival des films du monde lançait-il son chant du cygne? Les institutions Téléfilm et la SODEC accepteront-elles de le financer de nouveau après deux ans de panne sèche? À suivre au cours des prochaines semaines. Chose certaine, son président Serge Losique bloquait hier les dates du 23 août au 3 septembre pour une édition 2007. Il lançait: «À l'année prochaine!» et prenait la parole en se tournant vers l'avenir. «À sept ans, on a eu l'âge des responsabilités, à 18 ans, celui de la majorité et à 30 ans on a l'immortalité.»

À ses yeux, le FFM ne peut rester entre les mains «de fonctionnaires en mal de rationalité mercantile». Il invite ceux qui nous gouvernent à suivre le désir de la population dans sa démarche de diversité culturelle. Bref, il attend des subventions pour sa prochaine édition.

Et vogue le navire... L'obstiné président de festival, qui porte sa manifestation à bout de bras depuis deux ans, a reçu des applaudissements chaleureux.

Avant le programme principal, l'assistance a eu droit à la projection des Films de rue, ces petits courts métrages réalisés sur le site durant le rendez-vous, par plusieurs cinéastes. Celui de Jean-Claude Lord, avec ses sourires urbains, tranchait par son humour.

Le 30e FFM, ultime ou non, a livré aussi hier son palmarès. The Show must go on.

Le Grand Prix des Amériques s'est scindé pour coiffer deux ex aequo. Le jury, présidé par l'actrice américaine Kathy Bates, a consacré Une longue marche du Japonais Eiji Okuda et Le Plus Grand Amour du monde du Brésilien Carlos Diegues.

Une longue marche, émouvant périple d'un vieil homme et d'une petite fille mal aimée, a remporté également les lauriers de la Fipresci (critique internationale) et du jury oecuménique. Le cinéaste a récolté son prix sur scène aux côtés de la petite actrice Hana Sugiura, qui avait mis ses ailes pour l'occasion, comme dans le film.

Le Plus Grand Amour du monde abordait de son côté la plongée d'un homme malade dans le quartier pauvre et vivant qui l'a vu naître.

Manifestement, le jury a apprécié son expérience. En tout cas, à la cérémonie de clôture, tant Kathy Bates que la productrice danoise Vibeke Windelow ne tarissaient pas d'éloge sur la qualité des films présentés. La compétition était en général solide. Mais le palmarès laissait souvent perplexe.

Le film chinois Snow in the Wind de Yang Yazhou, une oeuvre nerveuse et parfois confuse sur l'amour du cinéma dans un coin perdu du nord de la Chine, fut deux fois couronné: Grand Prix spécial du jury et prix d'interprétation féminine pour Ni Ping en épouse de projectionniste.

Philip Peeters, vraiment remarquable en homme reclus et malade dans une prison marocaine dans Enfer à Tanger du Belge Frank Van Mechelen, a récolté le prix (prévu) d'interprétation masculine.

Plus inattendu, ce laurier de la mise en scène à Pedersen, le prof du Norvégien Hans Peter Moland, un film bien fait mais qui ne figurait pas parmi les préférés.

On s'est étonné de ne retrouver au palmarès ni Ultima Thule — Aux confins du monde, du Suisse Hans-Ulrich Schlumpf, ni Mariposa Negra (Papillon noir) du Péruvien Francisco J. Lombardi, deux des oeuvres favorites.

Les Filles du botaniste chinois de Dai Sijie, coproduit au Québec par Max Fims, très esthétique dans sa facture, a valu au directeur photo montréalais Guy Dufaux la palme de la meilleure contribution artistique. Hors jury, ce film, très apprécié des festivaliers, récoltait également le Prix du public pour le film le plus populaire, toutes catégories confondues, et celui du film canadien le plus prisé.

C'est Warchild de l'Allemand Christian Wagner, une oeuvre abordant les lendemains de la guerre en Bosnie, qui a obtenu le laurier du meilleur scénario. Le portoricain Ruido de César Rodriguez, profil d'adolescente perturbée, malgré ses allures de téléfilm, repartait avec la palme (incompréhensible) de l'innovation.

La compétition 2006 du FFM ne fut pas très éclatante du côté des courts métrages, souvent moins réussis que les longs. Hormis quelques perles, mises au jour par le jury. C'est le délirant et burlesque Révolution du Belge Xavier Diskeuve, une histoire de couple mal assorti, qui a récolté le premier prix. Checkpoint de l'Australien Ben Phelps, dans un registre dramatique de farce sinistre qui tourne au drame, a reçu le Prix du jury.

Le jury des zéniths octroyés aux meilleurs premiers longs métrages de fiction a donné l'or à Plus que tout au monde des Mexicains Andrès Leon Becker et Javier Solar, l'argent à Pour aller jusqu'où? de l'Équatorienne Tania Hermida et le bronze à L'Immeuble Yacoubian de l'Égyptien Marwan Hamed.

Outre ses faveurs accordées aux Filles du botaniste chinois, le public a couronné Mariposa Negra du Péruvien Francisco Lombardi (Glauber Rocha au meilleur film d'Amérique latine), L'Art de vieillir du Français Jean-Luc Raynaud (meilleur film documentaire) et Jack et Jacques de Marie-Hélène Copti (meilleur court métrage canadien).

Sur ce: adieu FFM, et peut-être au revoir...
Le FFM a rendu hommage hier soir, au cinéma L’Impérial, aux vainqueurs ex aequo de cette 30e édition, dont on ne sait si elle aura une suite. Le directeur du festival, Serge Losique, est ici photographié aux côtés de la jeune comédienne ailée H Une longue marche, du Japonais Eiji Okuda, a non seulement reçu le Grand Prix des Amériques mais aussi les prix de la critique internationale et du jury oecuménique.
 






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