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    Vibeke Windelov - Dix ans derrière Lars von Trier

    29 août 2006 |Odile Tremblay | Cinéma
    La productrice danoise Vibeke Windeløv participe au jury du FFM.
    Photo: Jacques Grenier La productrice danoise Vibeke Windeløv participe au jury du FFM.
    La Danoise Vibeke Windelov a été la productrice de Lars von Trier durant dix ans aux mythiques studios Zentropa de Copenhague. Dix années fécondes pour le grand cinéaste qui s'étalent de Breaking the Waves à la comédie The Boss of it All dont le Festival du nouveau cinéma aura la primeur nord-américaine cet automne. Entre les deux: Les Idiots, Dancer in the Dark, Dogville, Manderlay: plusieurs oeuvres culte et la vraie percée de Von Trier sur la planète cinéma, déjà lancé comme une balle, désormais sacré maître.

    On rencontre la productrice danoise dans les coulisses du FFM. Elle participe au jury, mais le rejoint avec quelques jours de retard. D'où des horaires de projection serrés, alors qu'elle doit rattraper les premières oeuvres de la compétition.

    Active dans le milieu depuis près de 30 ans, elle a vu le cinéma danois faire trois tours sur lui-même. «On est passés d'une industrie locale à une cinématographie qui traverse les frontières, qui fait jouer des grands acteurs de la scène internationale, s'exclame-t-elle aujourd'hui. Une des forces du cinéma danois est d'avoir compris l'importance de bien raconter des histoires. Le fait d'avoir séduit une large audience avec ces histoires a donné confiance aux cinéastes danois.» Des lauriers prestigieux ont suivi. Prix spécial du jury à Cannes pour Breaking the Waves et palme d'or pour Dancer in the Dark de Lars von Trier. Prix spécial du jury pour Festen (Fête de famille) de Thomas Vinterberg. Les deux cinéastes danois furent en 1995 à l'origine du fameux Dogme, ce courant cinématographique d'épure et de règlements stricts venu répondre à l'extravagance d'un septième art de plus en plus artificiel. Oui, le Danemark est hot sur la planète du septième art.

    Vibeke Windelov avait les yeux rougis. Un film l'avait fait pleurer. «Je pleure facilement, même durant les tournages, avouait la productrice. Quand le personnage de Björk se faisait pendre dans Dancer in the Dark, je sanglotais sur le plateau. Il faut dire que Björk, qui n'était pas actrice, vivait chaque scène comme si tout lui arrivait vraiment...»

    Le génial Lars von Trier est réputé pour être caractériel. Ce que sa productrice réfute haut et fort. «Ce fut un rêve de travailler avec un cinéaste aussi intelligent, qui savait autant ce qu'il désirait et qui tirait partie des obstacles sans s'énerver, quoi qu'on en pense, proteste-t-elle. Produire Von Trier ne signifiait pas l'abreuver de conseils (il n'aurait pas apprécié), mais lui faciliter le travail, créer une atmosphère conviviale.

    Selon Vibeke Windelov, le seul plateau cauchemardesque fut celui de Dancer in the Dark. «Et c'était essentiellement à cause de Björk, qui n'avait pas la distance des acteurs de métier et menaçait de quitter le tournage. Le mythe de Lars caractériel est créé par la presse. Bien sûr, il a des phobies, refuse de prendre l'avion, etc., mais ce ne sont pas des caprices de diva. Il éprouve de vraies souffrances. Sa vie n'a pas été facile.»

    Les prochains films du génial cinéaste se feront sans Vibeke Windelov. En 2005, à la suite du suicide de producteur français Humbert Balsan qui avait travaillé à ses côtés, et d'un voyage en Inde de ressourcement, la Danoise s'est remise en question. Elle a quitté Zentropa au profit d'une nouvelle maison de production, Copenhague Bombay auprès du producteur Sarita Christensen et du cinéaste Anders Morgenthaler, spécialisée surtout mais pas uniquement dans les films pour adolescents et enfants.

    «J'avais perdu le feu sacré, confesse-t-elle, l'enthousiasme des débuts, et Lars voulait faire des films à plus petit budget. Mes défis personnels étaient moins grands. Nous nous sommes quittés en très bons termes.»

    Selon son ancienne productrice, Lars von Trier n'a pas abandonné sa trilogie, entamée avec Dogville, poursuivie avec Manderlay et il compte bel et bien réaliser le dernier volet en temps et lieu.« Mais il a eu besoin de refaire ses forces à travers la comédie. Dans une trilogie, le dernier volet doit être fantastique pour boucler l'armature.»

    En février dernier, Lars von Trier, avant le début du tournage de The Boss of it All, y était allé de sa propre «Déclaration de revitalisation» publiée dans le magazine Variety: «En relation avec le départ de Vibeke Windelov, qui a été ma productrice durant dix ans, et l'arrivée de Meta Louise Foldager à sa place, j'ai l'intention de réorganiser mes activités professionnelles afin de retrouver mon enthousiasme originel à l'égard des films.» affirmait-il. Pour lui aussi, une nouvelle ère débutait.
     
     
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