À voir à la télévision le vendredi 1er septembre - On est bien mieux chez nous
Dans Le Grand Dérangement de Saint-Paulin Dalibaire (2004), un documentaire qui donne la parole à des Gaspésiens dont le village fut fermé par les autorités gouvernementales au début des années 1970, le cinéaste Jean-Claude Labrecque évoque le tournage des Smattes (1972), son premier long métrage de fiction s'inspirant de ce drame. La démolition des maisons se faisait si rapidement que les raccords d'une image à une autre image devenaient un véritable casse-tête!
Les Smattes constitue un exemple étonnant d'éléments documentaires arrimés à la fiction. Labrecque profite, si l'on peut dire, de cette débâcle sociale (même s'ils vivent dans une extrême pauvreté, c'est avec consternation que toutes ces familles partent s'établir «en bas», à Matane, à Cap-Chat ou à Rimouski) pour dénoncer l'insensibilité de l'État mais aussi pour égratigner son obsession sécuritaire. Tourné peu de temps après la Crise d'octobre, le film décrit les policiers comme les gros bras du gouvernement, sommés d'appliquer les règles et non d'en juger la pertinence.
Tandis que les habitants de Saint-Paulin se résignent à voir leurs maisons détruites (ironiquement, l'oeil aiguisé du directeur photo Guy Dufaux capte l'ampleur de ce moment tragique tout en composant de superbes tableaux où se mêlent les beautés rugueuses du paysage gaspésien), deux amis, Réjean (Daniel Pilon) et Pierre (Donald Pilon), rêvent plutôt de s'enraciner. Mais leur insouciance leur causera bien des soucis: ils doivent bientôt fuir la police après avoir tiré, par erreur, sur un jeune sociologue venu constater les effets des fermetures. Comme dans d'autres films de l'époque sur de jeunes révoltés (Taureau, Bingo, La Vraie Nature de Bernadette), leur combat apparaît plus viscéral que réfléchi, provoquant son lot de drames inutiles. En filigrane, il y a cet appel à la fin de la soumission, incarné avec brio par un Marcel Sabourin en soutane, dont l'homélie, en soi un puissant manifeste, ferait frémir d'indignation certains de nos évêques les plus réactionnaires...
Cinéma / Les Smattes, Télé-Québec, 21h
Les Smattes constitue un exemple étonnant d'éléments documentaires arrimés à la fiction. Labrecque profite, si l'on peut dire, de cette débâcle sociale (même s'ils vivent dans une extrême pauvreté, c'est avec consternation que toutes ces familles partent s'établir «en bas», à Matane, à Cap-Chat ou à Rimouski) pour dénoncer l'insensibilité de l'État mais aussi pour égratigner son obsession sécuritaire. Tourné peu de temps après la Crise d'octobre, le film décrit les policiers comme les gros bras du gouvernement, sommés d'appliquer les règles et non d'en juger la pertinence.
Tandis que les habitants de Saint-Paulin se résignent à voir leurs maisons détruites (ironiquement, l'oeil aiguisé du directeur photo Guy Dufaux capte l'ampleur de ce moment tragique tout en composant de superbes tableaux où se mêlent les beautés rugueuses du paysage gaspésien), deux amis, Réjean (Daniel Pilon) et Pierre (Donald Pilon), rêvent plutôt de s'enraciner. Mais leur insouciance leur causera bien des soucis: ils doivent bientôt fuir la police après avoir tiré, par erreur, sur un jeune sociologue venu constater les effets des fermetures. Comme dans d'autres films de l'époque sur de jeunes révoltés (Taureau, Bingo, La Vraie Nature de Bernadette), leur combat apparaît plus viscéral que réfléchi, provoquant son lot de drames inutiles. En filigrane, il y a cet appel à la fin de la soumission, incarné avec brio par un Marcel Sabourin en soutane, dont l'homélie, en soi un puissant manifeste, ferait frémir d'indignation certains de nos évêques les plus réactionnaires...
Cinéma / Les Smattes, Télé-Québec, 21h
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