La recette au goût fade
Petit cinéaste mais grand tâcheron, Éric Canuel pourrait décrocher avec ce film le passeport américain qu'il semble convoiter avec tant d'ardeur
J'avoue qu'au départ l'idée de faire un film chevauchant les deux solitudes canadiennes me plaisait énormément. D'une part parce que voir le Canada anglais, dont le cinéma est en difficulté, se joindre à la résistance cinématographique québécoise me paraissait stimulant et prometteur. D'autre part parce que l'impact du cinéma québécois au Canada anglais est excessivement marginal, et vice versa, et que, dans ce contexte, une oeuvre d'art rassembleuse me paraissait susceptible de briser la glace et de forcer, de chaque côté de la frontière, la reconnaissance des traits distinctifs de chacun. Mais voilà, Bon Cop Bad Cop, d'Érik Canuel, n'est pas une oeuvre d'art. Pire: les traits distinctifs de chacun sont réduits à quelques clichés populaires qui, loin d'être enracinés dans la biculturalité canadienne, ne font qu'exploiter la surface de nos différences.
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