À voir à la télévision le vendredi 2 juin - Cinéaste extrême
Reconnu au Japon pour ses sujets «extrêmes», Takashi Miike affiche également ses excès dans un rythme de production frénétique: depuis le milieu des années 90, il peut tourner jusqu'à trois films par année. Déjà connu, apprécié mais aussi controversé dans son pays d'origine, c'est avec Audition (1999) que Takashi Miike a fait ses premiers pas à l'étranger, remportant les grands honneurs au Festival de Rotterdam avec ce film qui a d'abord les allures (trompeuses) d'une romance à l'eau de rose.
En effet, Aoyama (Ryo Ishibashi), un veuf respectable et père de famille, décide de se trouver une épouse qui ressemble à celle qu'il a perdue quelques années plus tôt. Avec l'aide d'un collègue et ami du milieu du cinéma, il met en place une fausse série d'auditions où se présentent de belles jeunes femmes. Il y en a une qui attire, plus que les autres, son attention: Asami (Eihi Shiina), ancienne ballerine dont le passé est aussi marqué par la mort — et qui ne s'en cache pas —, subjugue Aoyama. Mais ce que le spectateur découvre peu à peu, et que l'homme ignore avant d'être pris dans les filets de cette beauté mystérieuse, c'est que la jeune femme n'a de fragile que l'apparence. Dans son appartement, dont la laideur et l'austérité illustrent parfaitement son désarroi intérieur, grouille quelque chose qui ressemble à un être humain prisonnier dans un sac...
Dans Audition, Takashi Miike prend tout son temps, et c'est bien là sa première audace. Peu de choses nous indiquent que l'on va basculer peu à peu dans l'horreur tant il scrute, dans les moindres détails, la quête minutieuse de cet homme pour dénicher la femme idéale. Et au-delà d'une finale qui fait vite oublier le climat mélancolique qu'il a patiemment instauré, le cinéaste se drape dans un féminisme «extrême», transformant son héroïne en vengeresse sadique. Sa victime ne méritait peut-être pas le sort qu'elle va lui réserver; ce n'est qu'un des nombreux paradoxes avec lesquels jongle Takashi Miike.
Cinéma / Audition, Artv, 22h
En effet, Aoyama (Ryo Ishibashi), un veuf respectable et père de famille, décide de se trouver une épouse qui ressemble à celle qu'il a perdue quelques années plus tôt. Avec l'aide d'un collègue et ami du milieu du cinéma, il met en place une fausse série d'auditions où se présentent de belles jeunes femmes. Il y en a une qui attire, plus que les autres, son attention: Asami (Eihi Shiina), ancienne ballerine dont le passé est aussi marqué par la mort — et qui ne s'en cache pas —, subjugue Aoyama. Mais ce que le spectateur découvre peu à peu, et que l'homme ignore avant d'être pris dans les filets de cette beauté mystérieuse, c'est que la jeune femme n'a de fragile que l'apparence. Dans son appartement, dont la laideur et l'austérité illustrent parfaitement son désarroi intérieur, grouille quelque chose qui ressemble à un être humain prisonnier dans un sac...
Dans Audition, Takashi Miike prend tout son temps, et c'est bien là sa première audace. Peu de choses nous indiquent que l'on va basculer peu à peu dans l'horreur tant il scrute, dans les moindres détails, la quête minutieuse de cet homme pour dénicher la femme idéale. Et au-delà d'une finale qui fait vite oublier le climat mélancolique qu'il a patiemment instauré, le cinéaste se drape dans un féminisme «extrême», transformant son héroïne en vengeresse sadique. Sa victime ne méritait peut-être pas le sort qu'elle va lui réserver; ce n'est qu'un des nombreux paradoxes avec lesquels jongle Takashi Miike.
Cinéma / Audition, Artv, 22h
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