mercredi 25 novembre 2009 Dernière mise à jour 00h11


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Da Vinci Code: Graal à la dérive

Odile Tremblay   17 mai 2006  Cinéma
Audrey Tautou et Tom Hanks, vedettes du film américain Da Vinci Code, posent en gare de Cannes devant un TGV Eurostar spécialement décoré aux couleurs du film, après leur arrivée en provenance de la gare de Waterloo, à Londres. Ce TGV, rebaptisé
Photo : Agence France-Presse
Audrey Tautou et Tom Hanks, vedettes du film américain Da Vinci Code, posent en gare de Cannes devant un TGV Eurostar spécialement décoré aux couleurs du film, après leur arrivée en provenance de la gare de Waterloo, à Londres. Ce TGV, rebaptisé
La mégaproduction que Ron Howard a tirée du fameux best-seller Da Vinci Code de Dan Brown a été présentée pour la première fois hier soir devant un parterre de journalistes au Festival de Cannes. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'a guère impressionné la galerie. Toute l'équipe est attendue sur le tapis rouge aujourd'hui et les paparazzi salivent déjà.

Cannes — On avait quand même cru que ce serait mieux que ça. Bon, le livre de Dan Brown était mal écrit et ne se piquait pas trop de vraisemblance, mais son histoire rebondissait sur des péripéties originales. Et s'il s'est écoulé à plus de 40 millions d'exemplaires, c'est que le best-seller surfait sur des concepts artistico-religieux haletants.

Tranchons là. Le film à 125 millions que Ron Howard en a tiré ne vaut pas le roman. Même que ceux qui n'ont pas lu le livre perdront leurs repères pour parvenir à déchiffrer une intrigue qui devient tout à coup si alambiquée qu'elle verse dans la confusion pure.

Est-il besoin de rappeler que, s'appuyant sur une série de devinettes codées, renvoyant souvent à l'oeuvre de Leonard de Vinci et à la théorie d'une filiation christique, on y suit de folles poursuites du couple professeur-policière en quête du secret du Graal, avec l'Opus Dei à ses trousses?

Les prises de vue au Louvre, dans les rues de Paris, à l'église Saint-Sulpice ou à Londres sont filmées sans esprit, et la musique qui aurait pu créer le climat mystique, avec références religieuses, grégoriennes ou autres qui s'imposaient, semble un plat ramassis de morceaux de styles divers mal collés. On dirait un simple thriller, comme il y en a tant, réalisé à la machinerie lourde, sans flamme ni jeux cinématographiques inspirés. Le film s'est offert quelques incursions dans le passé, avec la fuite de Marie-Madeleine en France et les Templiers à Jérusalem partis sur ses traces, mais ces scènes très courtes n'apportent rien au récit et se seraient vues coupées au montage sans qu'on s'en plaigne.

Tout ça pour ça...

Tom Hanks, dans son rôle de professeur spécialisé en symbolique, a l'air de ne jamais croire à son personnage. Pas plus qu'Audrey Tautou d'ailleurs, tout à coup plus candide que l'héroïne brillante qu'elle devait incarner.

Ne subsiste d'un peu crédible, dans la distribution, qu'Ian McKellen en expert obsédé par une éventuelle descendance du Christ après mariage avec Marie-Madeleine. Jean Reno manifeste de la présence aussi, en flic membre de l'Opus Dei qui traque les crimes commis pour motifs religieux. Mais ça ne suffit pas pour nous captiver.

Et quand Tom Hanks lance à Audrey Tautou: «Tu es la dernière descendante du Christ», les rires fusent dans la salle. Quand rien n'est vraisemblable, le ridicule s'en mêle.

Le film a eu quand même la bonne idée d'évacuer le dénouement fleur bleue du roman, pour laisser un peu de mystère planer en bout de piste.

On songe à l'émoi que la venue du film a causé dans certaines communautés catholiques, qui crient au blasphème et appellent au boycottage de l'oeuvre hérétique. Qu'elles rangent leurs lances et leurs boucliers. Da Vinci Code, tel que porté à l'écran, a égaré les dents du livre pour devenir un thriller de divertissement anodin, voire insignifiant, et confus de surcroît.

Et dire qu'il s'agit de la mégaproduction la plus attendue de l'année... À Cannes, les critiques levaient hier les yeux au ciel, mais pas pour prier Marie-Madeleine. Juste parce que Da Vinci Code était un vrai pétard mouillé.






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
0 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres

Articles les plus commentés

Publicité Festival du nouveau cinéma

Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009