À voir à la télévision le vendredi 21 avril - Deux vies et une seule mort
La transposition d'un drame personnel en oeuvre artistique est une démarche tout autant courageuse que dangereuse; le regard, d'une authenticité supposément irréprochable, affiche parfois son cruel manque de distance.
La cinéaste française d'origine islandaise Solveig Anspach n'a jamais nié que son premier long métrage de fiction, Haut les coeurs!, s'inspirait abondamment de son propre combat contre le cancer, dont elle est sortie à la fois victorieuse et lucide. À d'autres, les larmoiements et un romantisme sirupeux devant la maladie qu'on voit dans trop de films, qui font fi des aléas du quotidien et de ceux du milieu médical.
Emma Stern (Karin Viard, dont la carrière a pris un tournant décisif après ce film), une violoncelliste qui respire la joie de vivre, saura trop vite qu'elle porte en elle la vie et la mort. La nouvelle de sa grossesse est suivie, de très près, par l'annonce d'un cancer du sein.
Un premier médecin tente de la convaincre de subir un avortement, les traitements de chimiothérapie pouvant être fatals pour le foetus. Avec le soutien indéfectible de Simon (Laurent Lucas, d'une sobriété exemplaire), son compagnon, Emma refuse d'abdiquer, prête à mener une double bataille, pour sa propre existence mais aussi pour l'avenir de son enfant.
Le refus du pathos est tout à l'honneur de Solveig Anspach, ne faisant pas de ses personnages des êtres plus grands que nature ou réduits en miettes parce que frappés par la foudre du destin. À travers la figure lumineuse de Karin Viard, qui «remercie la médecine et emmerde la nature» pour son accouchement à coup sûr très médicalisé, la réalisatrice a trouvé le ton juste pour décrire une réalité insoutenable, selon une approche dépouillée et en demi-teintes. La sobriété comme antidote aux excès du mélodrame.
Cinéma / Haut les coeurs ! Télé-Québec, 23h30
La cinéaste française d'origine islandaise Solveig Anspach n'a jamais nié que son premier long métrage de fiction, Haut les coeurs!, s'inspirait abondamment de son propre combat contre le cancer, dont elle est sortie à la fois victorieuse et lucide. À d'autres, les larmoiements et un romantisme sirupeux devant la maladie qu'on voit dans trop de films, qui font fi des aléas du quotidien et de ceux du milieu médical.
Emma Stern (Karin Viard, dont la carrière a pris un tournant décisif après ce film), une violoncelliste qui respire la joie de vivre, saura trop vite qu'elle porte en elle la vie et la mort. La nouvelle de sa grossesse est suivie, de très près, par l'annonce d'un cancer du sein.
Un premier médecin tente de la convaincre de subir un avortement, les traitements de chimiothérapie pouvant être fatals pour le foetus. Avec le soutien indéfectible de Simon (Laurent Lucas, d'une sobriété exemplaire), son compagnon, Emma refuse d'abdiquer, prête à mener une double bataille, pour sa propre existence mais aussi pour l'avenir de son enfant.
Le refus du pathos est tout à l'honneur de Solveig Anspach, ne faisant pas de ses personnages des êtres plus grands que nature ou réduits en miettes parce que frappés par la foudre du destin. À travers la figure lumineuse de Karin Viard, qui «remercie la médecine et emmerde la nature» pour son accouchement à coup sûr très médicalisé, la réalisatrice a trouvé le ton juste pour décrire une réalité insoutenable, selon une approche dépouillée et en demi-teintes. La sobriété comme antidote aux excès du mélodrame.
Cinéma / Haut les coeurs ! Télé-Québec, 23h30
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