À voir à la télévision le samedi 11 mars - Les tueurs d'enfance
Pour expliquer l'état de grâce sur le plateau de tournage de Mystic River (2003), Clint Eastwood, toujours aussi pragmatique, disait simplement que la Warner lui avait fiché la paix. Le studio cherchait alors à contrôler les énormes coûts de production des deux derniers chapitres de The Matrix; la bagatelle d'Eastwood, chiffrée à 30 millions de dollars, ne ruinait ni leur porte-monnaie ni leur sommeil.
Grâce au roman de Dennis Lehane, et à son association avec le brillant scénariste de L.A. Confidential, Brian Helgeland, Eastwood allait retrouver sa place parmi les légendes (vivantes) de Hollywood. Depuis Unforgiven (1992), nous attendions le retour de celui qui n'avait pas quitté les écrans mais dont le travail, devant et derrière la caméra, ne fut jamais aussi puissant que dans ce western crépusculaire. Contre toute évidence, cette histoire de pédophilie, et de policiers dévoués et professionnels, lui allait comme un gant. Bien sûr, la soif de vengeance et ses répercussions tragiques, des thèmes récurrents et collés sur le visage crevassé d'Eastwood, sont au coeur de ce film bouleversant et d'une maîtrise parfaite.
Reconnu comme un exceptionnel directeur d'acteurs — lui dont la palette d'interprète est pourtant si limitée... —, il a composé une distribution impeccable, nous faisant redécouvrir l'intensité de Sean Penn et les possibilités, souvent gaspillées, de Kevin Bacon, secondés par un bouleversant Tim Robbins. Ceux-ci incarnent trois amis d'enfance d'un quartier populaire de Boston, séparés tôt par la vie mais surtout par un incident dramatique qu'ils n'oublieront jamais. Vingt-cinq ans plus tard, le meurtre de la fille de l'un d'entre eux forcera des retrouvailles qui se révéleront funestes.
Évidemment, nous voulons tous connaître l'auteur de ce crime crapuleux, mais Eastwood nous entraîne ailleurs, dans un drame aux dimensions shakespeariennes (la magnifique Laura Linney se transforme, l'espace d'une scène, en lady Macbeth), où les vrais coupables ne sont pas nécessairement ceux qui ont du sang sur les mains...
Cinéma / Mystic River
TQS, 20h15
Grâce au roman de Dennis Lehane, et à son association avec le brillant scénariste de L.A. Confidential, Brian Helgeland, Eastwood allait retrouver sa place parmi les légendes (vivantes) de Hollywood. Depuis Unforgiven (1992), nous attendions le retour de celui qui n'avait pas quitté les écrans mais dont le travail, devant et derrière la caméra, ne fut jamais aussi puissant que dans ce western crépusculaire. Contre toute évidence, cette histoire de pédophilie, et de policiers dévoués et professionnels, lui allait comme un gant. Bien sûr, la soif de vengeance et ses répercussions tragiques, des thèmes récurrents et collés sur le visage crevassé d'Eastwood, sont au coeur de ce film bouleversant et d'une maîtrise parfaite.
Reconnu comme un exceptionnel directeur d'acteurs — lui dont la palette d'interprète est pourtant si limitée... —, il a composé une distribution impeccable, nous faisant redécouvrir l'intensité de Sean Penn et les possibilités, souvent gaspillées, de Kevin Bacon, secondés par un bouleversant Tim Robbins. Ceux-ci incarnent trois amis d'enfance d'un quartier populaire de Boston, séparés tôt par la vie mais surtout par un incident dramatique qu'ils n'oublieront jamais. Vingt-cinq ans plus tard, le meurtre de la fille de l'un d'entre eux forcera des retrouvailles qui se révéleront funestes.
Évidemment, nous voulons tous connaître l'auteur de ce crime crapuleux, mais Eastwood nous entraîne ailleurs, dans un drame aux dimensions shakespeariennes (la magnifique Laura Linney se transforme, l'espace d'une scène, en lady Macbeth), où les vrais coupables ne sont pas nécessairement ceux qui ont du sang sur les mains...
Cinéma / Mystic River
TQS, 20h15
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