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André Lavoie   25 février 2006  Cinéma
Elles étaient filmées avec fougue et précision; elles sont devenues sa marque de commerce, sa signature. Les poursuites de bagnoles ont longtemps représenté la grande spécialité de William Friedkin; dans The French Connection (La Filière française, 1971), elles en viennent à voler la vedette à Gene Hackman, ce qui n'est pas un mince exploit.

Alors que plusieurs regrettent de voir New York de plus en plus aseptisé, entre autres par l'empire Disney, celui que l'on voit dans The French Connection n'est jamais maquillé. Friedkin voulait s'aventurer dans les coins les plus délabrés de Manhattan et de Brooklyn afin de reconstituer le plus fidèlement

possible le décor et les méthodes musclées d'un enquêteur qui fait d'abord régner sa loi. Jimmy «Popeye» Doyle (Hackman) est prêt à tout, au pire comme à l'ignoble, pour faire échouer une importante transaction de drogue, 32 millions de dollars en héroïne camouflée dans une Lincoln Continental en provenance de Marseille.

L'affaire possède des ramifications internationales, mais c'est dans les rues de New York que tout va se jouer. Et pour Popeye, entre les policiers corrompus, la mafia et les junkies, le jeu nécessitera bien plus que ses gros bras: c'est la langue bien pendue et le pied sur l'accélérateur qu'il va tenter, avec l'aide de son partenaire Buddy (Roy Scheider), d'aller plus vite que ses adversaires.

Friedkin figure parmi les plus jeunes réalisateurs oscarisés avec cette véritable Cadillac du drame policier, récompensé entre autres pour le meilleur film, la meilleure réalisation, le jeu grandiose de Gene Hackman et bien sûr le montage, d'une redoutable efficacité. Mais comme pour d'autres après lui, trop de pression a visiblement laissé des traces, laissant peu de souvenirs cinématographiques (mis à part The Exorcist) aussi forts que celui lié à The French Connection.

Cinéma / La Filière française
Historia, 22h
 
 
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