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Festival du film de Berlin - Politique et religion dominent la dernière journée de compétition

18 février 2006  Cinéma
Berlin — Politique et religion ont dominé la Berlinale hier, à la veille du palmarès, à travers le combat de jeunes Iraniennes pour assister à un match de foot (Offside) et le désarroi d'une jeune Allemande épileptique qui accepte de se soumettre à un exorcisme (Requiem).

Très applaudi, Offside (Hors-Jeu), du réalisateur iranien Jafar Panahi, a reçu un accueil enthousiaste des festivaliers habitués à voir à Berlin des films engagés.

«J'ai voulu montrer que beaucoup de gens ne peuvent pas bénéficier des droits fondamentaux et mener une vie normale», a expliqué le cinéaste au cours de la conférence de presse.

Bravant la censure, il a décidé de filmer le parcours de plusieurs jeunes filles interdites d'entrer dans un stade de football à Téhéran car, en Iran, les femmes ne sont pas admises dans les enceintes sportives.

En toile de fond de ce film fort et drôle: le match Iran-Bahreïn. Cette rencontre remportée le 8 juin 2005 par l'Iran lui a permis d'être qualifié pour la Coupe du monde de football en Allemagne, qui débute le 9 juin.

Les acteurs sont tous des amateurs et les scènes, souvent improvisées, ont vraiment été tournées le jour de ce match.

Après ce détour par la Berlinale, Jafar Panahi espère, malgré la censure, pouvoir montrer son film dans son pays natal. Mais «je ne suis en aucun cas disposé à amputer le film de quelque manière que ce soit. Je ne le ferai pas, il n'en est pas question, il n'y aura pas de compromis là-dessus», a-t-il insisté.

Le poids de la religion et ses dérives sont aussi au centre du film Requiem du réalisateur bavarois Hans-Christian Schmid, inspiré d'une histoire vraie, celle d'une étudiante catholique, Anneliese Michel, décédée en 1976 des suites de malnutrition et de fatigue extrême après une série d'exorcismes.

Michaela Klingler, 21 ans, issue d'une famille très croyante, souffre d'épilepsie. Elle voue une admiration à sainte Catherine, morte à 33 ans en martyre.

En quête d'indépendance, elle part s'installer à Tübingen, une ville catholique du sud de l'Allemagne, pour suivre des études de pédagogie.

Michaela savoure sa liberté, son amitié avec une étudiante, Hanna, et ses premiers émois avec Stefan. Mais malgré les traitements médicaux, ses crises d'épilepsie se multiplient. Elle entend des voix et ses hallucinations la persuadent qu'elle est possédée par les démons. Elle cherche du secours dans l'église de son village natal.

Cette jeune femme des années 70 est «entourée de gens qui l'aiment mais qui sont incapables de l'aider» parce que «la liberté qu'elle se choisit la conduit droit à la mort», a expliqué le réalisateur quadragénaire.

«Le fossé entre sa maladie et son entourage est trop important» pour pouvoir la sauver, a-t-il ajouté, estimant que son long métrage est aussi «un plaidoyer sur l'effort de couper le cordon familial».

«C'est un film sur le fondamentalisme», a commenté l'acteur Burghart Klaussner dans le rôle du père, faible mais gentil, qui finira par se résigner et accepter l'exorcisme de sa fille.

Hors compétition a été présenté Truman Capote, qui raconte comment le célèbre écrivain américain Truman Capote, auteur de Breakfast at Tiffany's, s'était lancé en 1959 dans une enquête sur le meurtre de quatre membres d'une famille de fermiers du Kansas, qui donnera naissance à son chef-d'oeuvre, De sang-froid.

La performance remarquable de Philip Seymour Hoffman dans le rôle-titre pourrait lui valoir l'Oscar du meilleur acteur lors de la cérémonie du 5 mars à Hollywood.
 
 
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