Histoire - Vie d'artiste
Peintre figuratif du début du siècle, Rodolphe Duguay fut l'élève de Suzor-Côté. Si on retient moins son apport à l'art québécois que celui de son maître, ce n'est pas simple affaire de talent. Duguay, malgré sa pratique forcenée de la peinture et de la gravure, freina peut-être lui-même sa reconnaissance publique, assailli qu'il était par une humilité doublée d'une naïveté exacerbées. Ce sont ces traits de caractère, enrichis de réflexions sur la pratique naissante de l'art moderne au Québec, que nous donne à lire ce Journal, document inédit que publient maintenant les Éditions Varia.
Fervent admirateur de Duguay, Jean-Guy Dagenais a consacré une dizaine d'années à la préparation de cette édition du journal écrit entre 1907 et 1927. Il a donc pris soin de transcrire et d'annoter le récit autobiographique qu'il avait lu attentivement. Une présentation sentie (augmentée de notes, d'annexes et d'une partie visuelle de qualité) convainc que cette publication est bien l'oeuvre de deux hommes. Alors que la part de création revient indubitablement à Duguay et que son journal demeure une entreprise littéraire dont il est le seul signataire, Dagenais fait preuve d'une curiosité aiguë. Commentateur discret, il a su enrichir le texte de commentaires, d'ajouts, de notes et d'informations biographiques, en faisant preuve d'un jugement et d'une parcimonie qu'appréciera le lecteur attiré par l'aspect intimiste que suppose une telle publication. Le journal est ainsi lu comme un témoignage mais aussi comme un testament, l'héritage secret d'un grand solitaire. Et si le parcours artistique, spirituel et moral de Duguay se révèle des plus transparents tout au long du journal, l'intervention de Dagenais apporte une dimension réflexive à l'oeuvre.
Au contact du témoignage sincère et intérieur de l'artiste, le biographe partage avec le lecteur un questionnement justifié. «La vie et l'oeuvre de cet homme témoignent d'un passé bien révolu, écrit-il en guise d'introduction aux sept cents pages qui vont suivre. Est-il possible maintenant de regarder, avec des yeux neufs et dépourvus de mépris, cette période oblitérée? Est-ce possible de l'aborder dans un esprit d'ouverture afin d'en découvrir l'incomparable richesse?»
De Nicolet à Montréal en passant par les années d'apprentissage à Paris, les pèlerinages à Lisieux, à Lourdes et à Venise, c'est un Rodolphe Duguay en plein essor que nous découvrons. Un peintre qui témoigne de son profond attachement à l'exploration artistique, lien enrichi par une quête incessante du sacré. Un document qui s'adresse au dilettante comme à l'admirateur de l'oeuvre picturale de Duguay.
Journal (1907-1927)
Rodolphe Duguay
Texte établi
par Jean-Guy Dagenais
Éditions Varia
Montréal, 2002, 752 pages
Fervent admirateur de Duguay, Jean-Guy Dagenais a consacré une dizaine d'années à la préparation de cette édition du journal écrit entre 1907 et 1927. Il a donc pris soin de transcrire et d'annoter le récit autobiographique qu'il avait lu attentivement. Une présentation sentie (augmentée de notes, d'annexes et d'une partie visuelle de qualité) convainc que cette publication est bien l'oeuvre de deux hommes. Alors que la part de création revient indubitablement à Duguay et que son journal demeure une entreprise littéraire dont il est le seul signataire, Dagenais fait preuve d'une curiosité aiguë. Commentateur discret, il a su enrichir le texte de commentaires, d'ajouts, de notes et d'informations biographiques, en faisant preuve d'un jugement et d'une parcimonie qu'appréciera le lecteur attiré par l'aspect intimiste que suppose une telle publication. Le journal est ainsi lu comme un témoignage mais aussi comme un testament, l'héritage secret d'un grand solitaire. Et si le parcours artistique, spirituel et moral de Duguay se révèle des plus transparents tout au long du journal, l'intervention de Dagenais apporte une dimension réflexive à l'oeuvre.
Au contact du témoignage sincère et intérieur de l'artiste, le biographe partage avec le lecteur un questionnement justifié. «La vie et l'oeuvre de cet homme témoignent d'un passé bien révolu, écrit-il en guise d'introduction aux sept cents pages qui vont suivre. Est-il possible maintenant de regarder, avec des yeux neufs et dépourvus de mépris, cette période oblitérée? Est-ce possible de l'aborder dans un esprit d'ouverture afin d'en découvrir l'incomparable richesse?»
De Nicolet à Montréal en passant par les années d'apprentissage à Paris, les pèlerinages à Lisieux, à Lourdes et à Venise, c'est un Rodolphe Duguay en plein essor que nous découvrons. Un peintre qui témoigne de son profond attachement à l'exploration artistique, lien enrichi par une quête incessante du sacré. Un document qui s'adresse au dilettante comme à l'admirateur de l'oeuvre picturale de Duguay.
Journal (1907-1927)
Rodolphe Duguay
Texte établi
par Jean-Guy Dagenais
Éditions Varia
Montréal, 2002, 752 pages
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