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Exposition - Au pays des tsunamis

Isabelle Porter   12 novembre 2005  Arts visuels
Québec — Pays aussi fascinant que méconnu, l'Indonésie fait l'objet d'une grande exposition thématique au Musée de la civilisation de Québec. Équivalent muséal d'un bon épisode de National Geographic, Nusantara Indonesia donne envie d'oublier les attentats de Bali et les tsunamis pour partir à l'autre bout du monde.

Pourtant, en arrivant dans la salle, on se demandait pourquoi le Musée avait voulu nous parler de ce pays-là plutôt que d'un autre. D'autant que l'entrée n'est pas l'aspect le plus réussi de l'exposition. Le grand écran et le texte d'introduction échouent à susciter un réel intérêt.

Toutefois, l'idée de séparer les différentes sections de l'exposition par des murs de bambou séduit tout de suite. Tout comme cet éclairage aquatique qui vous donne l'impression d'être dans un aquarium ou au fond des mers. En plus d'être en phase avec la réalité des habitants de l'archipel, cela rend la visite apaisante.

À l'entrée, une télévision nous montre un épisode de l'émission Découverte

portant sur le tsunami de l'hiver dernier. L'Indonésie était au coeur de la catastrophe. C'est en effet entre les îles de Java et de Sumatra que le plancher de l'océan a choisi de se déplacer. Plus loin, on nous explique qu'ils en ont vu d'autres dans cette région volcanique: en 1803, l'explosion d'un volcan avait déclenché un tsunami de 40 mètres de haut qui avait fait

36 000 victimes.

Après Gratia Dei et Astérix, Nusantara Indonesia marque la troisième collaboration du Musée avec le KIT Tropenmuseum d'Amsterdam. L'institution néerlandaise

a prêté au Musée de la civilisation pas moins de 250 artéfacts de sa collection coloniale. La plupart des pièces datent

de la période s'étirant du XIXe siècle à la proclamation de l'indépendance après la Seconde Guerre mondiale.

La sélection est fort belle et nous en dit beaucoup sur les cultures traditionnelles. Vous remarquerez peut-être les répliques de maisons sur pilotis, dont cette incroyable demeure en forme de «U». Difficile aussi de passer à côté de cet «étui pénien» coiffé d'un pompon en fourrure, à la manière d'une tuque. Mais c'est à mi-parcours que se trouvent les oeuvres les plus anciennes et les plus impressionnantes. Là, vous pourrez voir des dragons de pierre du XIe et du XIIe siècle à qui on confiait la garde des temples.

Le terme «nusantara» fait référence à l'«archipel» indonésien qui, avec ses 17 500 îles, est le plus grand du monde. Premier pays musulman, ce territoire gigantesque a par ailleurs été traversé par de nombreuses influences, comme en témoignent des sections consacrées à l'hindouisme, au bouddhisme et à l'animisme.

Riches en épices, en bois d'oeuvre et en hydrocarbures, l'Indonésie est aussi un carrefour commercial qui a été visité par maintes puissances étrangères (Portugal, Pays-Bas, Japon... ). «Dans tout le pays, on sent le clou de girofle flotter dans l'air»,

nous dit le narrateur dans l'un des postes d'écoute. Là-bas, on se servait même

du clou de girofle pour construire des répliques de bateaux.

L'exposition s'appuie sur un bon équilibre entre les genres. Les passionnés d'art primitif et d'anthropologie trouveront leur compte dans la sélection d'objets et ceux qui s'intéressent davantage à l'histoire et à la société seront renseignés par de courts exposés lus dans des postes d'écoute. Le contenu est par ailleurs assez relevé pour que l'adulte moyen y trouve son compte et, surtout, sorte de la salle avec le désir d'en apprendre encore davantage.

Nusantara Indonesia

Jusqu'au 11 mars 2007

Au Musée de la civilisation

85, rue Dalhousie, Québec
 
 
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