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    Impressions japonaises

    L’Atelier circulaire reçoit une exposition sur les arts imprimés japonais d’aujourd’hui

    8 décembre 2017 |Caroline Montpetit | Arts visuels
    Les œuvres exposées à l’Atelier circulaire ne sont pas faites selon la technique traditionnelle d’estampe japonaise, appliquée sur du bois gravé.
    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Les œuvres exposées à l’Atelier circulaire ne sont pas faites selon la technique traditionnelle d’estampe japonaise, appliquée sur du bois gravé.

    Au tournant du XXe siècle, l’ukiyo-e, ou l’art de l’estampe japonaise, emballait l’Occident. Les représentations de courtisanes célèbres, du théâtre des mythes, du monde imaginaire et du divertissement formaient ce « monde flottant » de l’ukiyo-e et donnaient lieu au mouvement qu’on appelle le japonisme. Des décennies plus tard, les artistes contemporains japonais ont réinvesti l’art de l’estampe pour en tirer des oeuvres modernes.


    Jusqu’au 20 décembre, l’Atelier circulaire de Montréal, spécialisé dans les arts de l’imprimé, propose une exposition de sérigraphies, de lithographies et d’impressions numériques de grands artistes contemporains japonais. Il s’agit d’une exposition itinérante tirée de la collection de la Japan Foundation.

     

    La plus célèbre des artistes exposés là est sûrement Yayoi Kusama, dont on peut voir quelques oeuvres en noir et blanc. Née au Japon, Yayoi Kusama a longtemps vécu à New York avant de retourner dans son pays natal. Son oeuvre, prodigue, a touché tant à la création de vêtements qu’à la sculpture, à l’installation et à l’estampe.

     

    Dans la petite galerie de l’Atelier se trouve Lemon Squash,une oeuvre tout de noir et de blanc qui témoigne de la fascination de Yayoi Kusama pour les petits points. « Elle est fascinée par les points. Elle s’habille elle-même avec des tissus ornés de petits points et se fait prendre en photo au milieu de ses oeuvres », dit Claudia Leduc, de l’Atelier circulaire, qui nous fait visiter l’exposition. Aux côtés de Lemon Squash, on trouve un exemplaire d’Infinity Net, une série que l’artiste a déployée de 1953 à 1984.

    Photo: Pedro Ruiz Le Devoir On trouve au cinquième étage de l’Atelier circulaire une machinerie imposante, dont ces presses de taille-douce, qu’on active à l’aide d’une énorme roue et qui ont donné son nom à l’Atelier.

    Dans un catalogue consacré à Yayoi Kusama, qui vient de paraître aux éditions Phaidon, on apprend que l’artiste, qui souffre de problèmes de santé mentale, s’est d’abord inspirée de ses hallucinations pour créer. « Toutes ses oeuvres visuelles, à peu d’exceptions, suivent un vocabulaire de motifs denses et répétitifs, qu’elle appelle Infinity Nets [filets infinis], des “infinités réticulaires” constituées d’accumulations de trames, de petites cellules, de pois, d’objets aux formes phalliques, d’étiquettes postales ou encore de pâtes alimentaires. Depuis les années 1960, Yayoi Kusama décrit son obsession pour ces motifs comme le moyen de s’anéantir soi-même », écrit l’historienne de l’art américaine Laura Hopman à son sujet. Plusieurs des artistes exposés à Montréal peignent depuis les années 1960.

     

    Kyoji Takizawa, le commissaire du Musée Machida des arts graphiques, qui signe le petit catalogue de l’exposition de l’Atelier circulaire, relève que l’exposition présente un nouveau champ dans le domaine des arts imprimés japonais. Ce domaine, des impressions faites par des peintres, est remarquable « à la fois comme déclinaison de la peinture et dans une forme autonome ».

     

    L’exposition de l’Atelier circulaire compte également quelques lithographies de Tomohari Murakami, désigné comme le successeur d’Andy Warhol dans le domaine du pop-art par le critique d’art britannique Jonathan Jones. Ses oeuvres exposées à l’Atelier circulaire sont pour leur part simplissimes, se rapprochant de l’art contemporain par leur regard sur la démarche de l’artiste.

     

    Les oeuvres exposées ici ne sont pas faites selon la technique traditionnelle de l’estampe japonaise, appliquée sur du bois gravé, explique Alexandre Fortin, artiste membre de l’Atelier circulaire, qui connaît bien l’art japonais.

     

    Cette technique est pourtant encore utilisée aujourd’hui, même en art abstrait. « La beauté de ce travail sur bois est qu’il ne nécessite aucun équipement lourd, aucun solvant », ajoute-t-il, il peut donc notamment être utile pour l’art guérilla.

     

    C’est au cinquième étage, au-dessus de la galerie, que se trouvent les ateliers d’artistes de l’Atelier circulaire. Et on y trouve en effet une machinerie imposante, dont ces presses de taille-douce, qu’on active à l’aide d’une énorme roue, et qui ont donné son nom à l’atelier, et aussi des imprimantes numériques qui livrent une qualité muséale. Claudia Leduc relève d’ailleurs qu’il s’agit là d’un patrimoine menacé, dans le cadre de la grande concurrence que le numérique mène à l’imprimé.

    Variation et autonomie : Estampes de peintres japonais contemporains
    Jusqu’au 20 décembre à l’Atelier circulaire












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