Arts visuels - Un siècle, en un an
« Il est aujourd'hui beaucoup plus facile d'obtenir des prêts »
Plus ancienne institution muséologique fondée au Canada, le Musée des beaux-arts de Montréal (MBA) a connu des époques fastes, d'autres moins. Au chapitre de la programmation, l'année 2003 peut assurément compter dans la première catégorie. C'est d'ailleurs ce qui a valu à l'institution d'être finaliste pour le Grand Prix du Conseil des arts de Montréal. Un hommage bien senti par l'équipe du musée, heureuse de voir ainsi ses efforts reconnus.
De l'avant-garde française au bouillonnement créatif des années 1960, de l'avis du Conseil des arts de Montréal, les quatre grandes présentations proposées par le Musée des beaux-arts en 2003 «témoignaient avec la plus grande éloquence de la richesse et de l'inventivité de la création artistique au cours du XXe siècle». Plus encore, pour l'organisme subventionnaire, la qualité des expositions, des publications, le dynamisme des activités éducatives proposées et le rayonnement international font du MBA «une des plus grandes institutions au pays».
Pour Guy Cogeval, directeur de l'institution muséale, la programmation de 2003 est d'abord et avant tout le résultat d'un extraordinaire travail d'équipe et de nombreuses années d'efforts. «Dès mon entrée au musée en 1998, j'ai promis que j'allais amener les post-impressionnistes à Montréal. J'y travaillais donc depuis ce temps. D'autres expositions présentées en 2003 étaient en chantier dès 1999. Nous travaillons sur plusieurs choses en même temps et c'est toujours intéressant de les voir se concrétiser et retenir l'attention du public.»
Par-delà la reconnaissance du milieu culturel, la programmation de 2003 est effectivement parvenue à toucher monsieur-madame-tout-le-monde. De toute l'histoire du Musée des beaux-arts de Montréal, l'exposition L'invitation au voyage — L'avant-garde française de Gauguin à Matisse de la collection du Musée de l'Ermitage est effectivement l'une des expositions ayant attiré le plus de visiteurs.
Succès du Village
Pendant que les trésors de l'un des plus imposants musées d'Europe de l'Est attiraient les foules, la communauté muséale internationale, pour sa part, s'est, aux dires de Guy Cogeval, laissé séduire par l'exposition Village global — Les années 1960, plus particulièrement par les publications qui en ont découlé. «Partout où je vais, je vois le catalogue de l'exposition Village global. Il est regardé de très près par les plus grands musées du monde. Par son graphisme et sa présentation, il a complètement renouvelé le genre. Il faut dire que le contenu de l'exposition était, lui aussi, exceptionnel. Personnellement, j'ai pu voir certaines pièces pour la première fois de ma vie en vrai.»
En fait, pour le directeur de l'institution, il ne fait aucun doute que la programmation de 2003 a définitivement confirmé la place du Musée des beaux-arts de Montréal dans le cercle restreint des très grands musées du monde. «Il est aujourd'hui beaucoup plus facile d'obtenir des prêts que ça pouvait l'être il y a dix ans ou même cinq ou six ans. Le MBA est connu et respecté. De plus en plus, nous sommes l'un des musées où une exposition internationale peut s'arrêter en Amérique du Nord.»
Atterrissage difficile
Heureux de la nouvelle position occupée par le musée dans les milieux culturels mondiaux, Guy Cogeval ne cache tout de même pas son inquiétude pour les années à venir. C'est que, si les idées et les propositions fusent, l'argent, lui, manque cruellement. «J'ai en ce moment beaucoup moins d'argent qu'il y a six ans pour faire de la publicité, pour inviter les gens à venir voir les expositions. Les présentations que nous faisions à New York pour attirer les touristes américains à venir voir nos expositions ne se font plus parce que nous n'en avons plus les moyens. Résultat, le nombre de visiteurs étrangers diminue. Nous sommes en décroissance de postes et nous faisons face à un gros déficit. C'est très inquiétant.»
En fait, la situation est à ce point précaire que le directeur affirme ouvertement avoir envisagé la fermeture. «Nous aimons croire que, s'il fallait en venir à cela, la raison prévaudrait et tout serait préservé, mais la situation actuelle est très difficile.»
Pendant que la recherche de financement se poursuit en coulisses, les expositions de 2004, elles, continuent aussi de s'organiser. De Cocteau aux trésors de l'Égypte du British Museum, le directeur se dit fier de la programmation à venir et espère encore une fois compter sur un bon achalandage. «Le Musée des beaux-arts de Montréal est un grand musée et nous allons continuer à le démontrer quoi qu'il advienne.»
De l'avant-garde française au bouillonnement créatif des années 1960, de l'avis du Conseil des arts de Montréal, les quatre grandes présentations proposées par le Musée des beaux-arts en 2003 «témoignaient avec la plus grande éloquence de la richesse et de l'inventivité de la création artistique au cours du XXe siècle». Plus encore, pour l'organisme subventionnaire, la qualité des expositions, des publications, le dynamisme des activités éducatives proposées et le rayonnement international font du MBA «une des plus grandes institutions au pays».
Pour Guy Cogeval, directeur de l'institution muséale, la programmation de 2003 est d'abord et avant tout le résultat d'un extraordinaire travail d'équipe et de nombreuses années d'efforts. «Dès mon entrée au musée en 1998, j'ai promis que j'allais amener les post-impressionnistes à Montréal. J'y travaillais donc depuis ce temps. D'autres expositions présentées en 2003 étaient en chantier dès 1999. Nous travaillons sur plusieurs choses en même temps et c'est toujours intéressant de les voir se concrétiser et retenir l'attention du public.»
Par-delà la reconnaissance du milieu culturel, la programmation de 2003 est effectivement parvenue à toucher monsieur-madame-tout-le-monde. De toute l'histoire du Musée des beaux-arts de Montréal, l'exposition L'invitation au voyage — L'avant-garde française de Gauguin à Matisse de la collection du Musée de l'Ermitage est effectivement l'une des expositions ayant attiré le plus de visiteurs.
Succès du Village
Pendant que les trésors de l'un des plus imposants musées d'Europe de l'Est attiraient les foules, la communauté muséale internationale, pour sa part, s'est, aux dires de Guy Cogeval, laissé séduire par l'exposition Village global — Les années 1960, plus particulièrement par les publications qui en ont découlé. «Partout où je vais, je vois le catalogue de l'exposition Village global. Il est regardé de très près par les plus grands musées du monde. Par son graphisme et sa présentation, il a complètement renouvelé le genre. Il faut dire que le contenu de l'exposition était, lui aussi, exceptionnel. Personnellement, j'ai pu voir certaines pièces pour la première fois de ma vie en vrai.»
En fait, pour le directeur de l'institution, il ne fait aucun doute que la programmation de 2003 a définitivement confirmé la place du Musée des beaux-arts de Montréal dans le cercle restreint des très grands musées du monde. «Il est aujourd'hui beaucoup plus facile d'obtenir des prêts que ça pouvait l'être il y a dix ans ou même cinq ou six ans. Le MBA est connu et respecté. De plus en plus, nous sommes l'un des musées où une exposition internationale peut s'arrêter en Amérique du Nord.»
Atterrissage difficile
Heureux de la nouvelle position occupée par le musée dans les milieux culturels mondiaux, Guy Cogeval ne cache tout de même pas son inquiétude pour les années à venir. C'est que, si les idées et les propositions fusent, l'argent, lui, manque cruellement. «J'ai en ce moment beaucoup moins d'argent qu'il y a six ans pour faire de la publicité, pour inviter les gens à venir voir les expositions. Les présentations que nous faisions à New York pour attirer les touristes américains à venir voir nos expositions ne se font plus parce que nous n'en avons plus les moyens. Résultat, le nombre de visiteurs étrangers diminue. Nous sommes en décroissance de postes et nous faisons face à un gros déficit. C'est très inquiétant.»
En fait, la situation est à ce point précaire que le directeur affirme ouvertement avoir envisagé la fermeture. «Nous aimons croire que, s'il fallait en venir à cela, la raison prévaudrait et tout serait préservé, mais la situation actuelle est très difficile.»
Pendant que la recherche de financement se poursuit en coulisses, les expositions de 2004, elles, continuent aussi de s'organiser. De Cocteau aux trésors de l'Égypte du British Museum, le directeur se dit fier de la programmation à venir et espère encore une fois compter sur un bon achalandage. «Le Musée des beaux-arts de Montréal est un grand musée et nous allons continuer à le démontrer quoi qu'il advienne.»
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