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    Mission paysage aux Rencontres de la photographie en Gaspésie

    Lynne Cohen, «Œuvres récentes (Recent Works)»
    Photo: Robert Dubé Lynne Cohen, «Œuvres récentes (Recent Works)»

    Qui eût pu prédire que la Gaspésie deviendrait un territoire lié de près à la diffusion de la photographie ? Pour la huitième édition de ces Rencontres internationales de la photographie, la Gaspésie accueille cette année 26 artistes. Depuis juillet, leurs oeuvres sont présentées tout le long de la côte en un long chapelet d’images qui s’égrènent sur plus de 800 km, au sein de quatorze municipalités et de trois parcs nationaux.

     

    « On a atteint un autre niveau désormais, dit Claude Goulet, le fondateur et directeur général de l’événement. La qualité des présentations et de l’accrochage conduit à une expérience d’un nouveau genre, d’un haut niveau en fait. On a renouvelé notre façon de présenter les oeuvres. »

     

    Goulet agit aussi à titre de commissaire de l’événement. Mais en pratique, l’homme a su s’entourer et se laisse beaucoup conseiller. « C’est un travail collectif en fait, disons-le. » Il est aiguillé notamment par deux proches collaborateurs importants, l’historien de l’art Serge Allaire et l’ex-directeur artistique du Centre Vu à Québec, Alexis Desgagnés. Celui-là propose au sein des Rencontres un panorama du livre photographique au Québec ainsi qu’une riche plongée dans la photographie familiale des Gaspésiens, tandis que celui-ci s’intéresse notamment à l’intérêt de documenter le paysage québécois dans une démarche contemporaine.

    Photo: Robert Dubé Jessica Auer, «Seeing the forest for the trees (C'est l'arbre qui fait la forêt)», installée à Chandler
     

    « La première mission photographique sur le paysage québécois contemporain a été lancée en 2016. Le résultat sera présenté au centre d’artistes Vaste et Vague à Carleton dès vendredi. » Le travail des artistes Sara A. Tremblay et Jean-François Hamelin, sous le commissariat d’Alexis Desgagnés, poursuit en action un travail de réflexion sur le paysage. Toute cette dimension des rencontres est attachée à une réflexion sur le paysage que la société québécoise habite désormais et sur ce que peut en pratique accomplir la photographie pour aider à y réfléchir.

     

    L’ambition des Rencontres à cet égard se fonde sur un modèle français. « Ce projet s’inspire de la mission photographique de la Délégation à l’aménagement du territoire et à l’action régionale, mission mieux connue sous le nom de DATAR (1984) et ayant mené à la création, par l’État français, d’un fonds d’archives nationales de plus de 2000 photographies de paysages. Plus récemment, le projet France(s) Territoire liquide (2011-2014) a bouleversé notre perception du genre du paysage : 45 photographes incarnant autant d’approches photographiques ont montré la réalité contemporaine de leur pays en représentant la France comme un territoire pluriel, liquide. » Les Rencontres souhaitent aider à produire quelque chose du genre pour le Québec.

     

    Oeuvres permanentes

     

    Cette année, le travail de 26 photographes, dont 15 Québécois, est présenté aux rencontres. Les visiteurs peuvent notamment voir la murale permanente installée à Carleton par les photographes Miki Gingras et Patrick Dionne, lesquels se jouent du réel pour mieux l’interroger. « C’est la première oeuvre permanente que nous allons laisser à la Gaspésie. » Et il y en aura plusieurs autres, assure Claude Goulet.Des oeuvres de la regrettée Lynne Cohen sont aussi présentées. « Nous l’avions invitée l’année où elle est morte. Il faut voir l’ampleur que prennent ses oeuvres sur les grands cubes blancs où elles sont installées. C’est splendide, magique. »

    Photo: Robert Dubé Lynne Cohen, «Œuvres récentes (Recent Works)», installée à New Richmond
     

    Les photographes se rendent en Gaspésie pour des échanges et des présentations. De cette présence, le public est invité à profiter. Des résidences d’artistes sont aussi organisées. Les Rencontres jouissent à cette fin de diverses ententes, notamment avec la France et l’Allemagne. Elles permettent d’aider à des artistes d’ici à poser pied ailleurs et à développer de la sorte leur art dans des horizons nouveaux. « Cela peut paraître bête, mais les Rencontres ont vraiment beaucoup grandi au fil de rencontres, ici et ailleurs. Et plus ça va, plus nous nous développons. » Cette année encore, la programmation se veut tout simplement « à contre-courant des images médiatiques ». Les Rencontres internationales de la photographie en Gaspésie se terminent fin septembre.













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