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    John Morris, mort d’un homme d’images

    L’éditeur photo John Morris a imprimé sa griffe à la couverture de moments clés du XXe siècle

    C’est John G. Morris qui, pendant la guerre du Vietnam, a convaincu le «Times», en 1968, de publier la terrible photo d’Eddie Adams montrant un policier tirant une balle dans la tête d’un homme.
    Photo: Eddie Adams Associated Press C’est John G. Morris qui, pendant la guerre du Vietnam, a convaincu le «Times», en 1968, de publier la terrible photo d’Eddie Adams montrant un policier tirant une balle dans la tête d’un homme.

    L’oeil de John G. Morris, poids lourd de la photographie de presse, s’est fermé pour la dernière fois à Paris, ce vendredi, dans un hôpital près du boulevard Beaumarchais, où il vivait. À 100 ans bien comptés, le journaliste et rédacteur photo américain comptait parmi les figures phares du photojournalisme du XXe siècle, ayant imprimé sa griffe à la couverture de moments clés de l’histoire de l’humanité, de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la guerre du Vietnam.

     

    C’est son collègue et ami Robert Pledge, le fondateur de l’agence Contact Press Images, qui a confirmé son décès en milieu de journée. Adoubé par la prestigieuse agence Magnum, pour laquelle il a travaillé, John G. Morris a eu une longue carrière d’éditeur photo qui lui a permis de nouer des relations d’affaires avec de grandes publications allant du magazine Life au New York Times en passant par le National Geographic.

     

    « John Morris a joué un rôle très important durant les premières années de Magnum », a écrit le directeur général de l’agence, David Kogan, dans un communiqué publié vendredi.

     

    Complice du photographe Robert Capa, John G. Morris fut celui qui s’assura d’éditer, de faire valider et d’acheminer au magazine Life les clichés pris par le célèbre photographe le 6 juin 1944, jour du débarquement allié en Normandie lors de la Seconde Guerre mondiale. La légende veut qu’il ait sauvé 11 images des films Capa qui auraient été endommagés au développement. Cette version a été remise en question récemment, une rumeur persistante voulant que M. Morris ait été si secoué par ce qu’il avait vu sur les films de Capa qu’il aurait préféré se rabattre sur une sélection. Rumeur que n’a jamais validée l’éditeur photo.

     

    C’est par ailleurs John G. Morris qui, pendant la guerre du Vietnam, a convaincu le Times, en 1968, de publier la terrible photo d’Eddie Adams montrant un policier tirant une balle dans la tête d’un homme suspecté d’être un Vietcong. C’est aussi lui qui a lutté pour que le Times publie la photo d’une jeune Vietnamienne nue fuyant un raid au napalm par Nick Ut, en 1972. Deux photos devenues iconiques.

     

    Né en 1916 à Maple Shade, au New Jersey, John G. Morris a publié ses mémoires à la fin des années 1990, mémoires traduites en français à La Martinière sous le titre Des hommes d’images. La France, où il a passé la dernière partie de sa vie, lui avait donné la Légion d’honneur, en 2009, et le Center of Photography de New York, son Infinity Award for Lifetime Achievement, en 2010.













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