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    Espace avec vue

    Une rareté: un terrain disponible en plein centre-ville. Il n'en fallait pas plus à Éric Leblanc pour entrouvrir la boîte à idées et entreprendre la construction de sa propre maison.

    20 mars 2004 |Marie-Hélène Alarie | Arts visuels
    À l’arrière, inspiré par les anciens hangars du quartier, on a utilisé la tôle ondulée.
    Photo: À l’arrière, inspiré par les anciens hangars du quartier, on a utilisé la tôle ondulée.
    Le terrain est acheté en 1999 pour une bouchée de pain. Éric Leblanc l'obtient pour 12 000 $ d'un promoteur qui s'en mord encore les doigts aujourd'hui. Un terrain de cette superficie à l'ombre du pont Jacques-Cartier, ça ne se présente pas tous les jours. Et même si l'architecte n'était pas prêt à construire, il n'allait pas laisser passer cette aubaine.

    Toutefois, le terrain présente quelques contraintes. La plus importante est la dimension: la construction doit s'insérer dans un espace de 21 pieds de façade sur 100 pieds de profondeur. Comme il dessine sa propre maison, Éric Leblanc n'est pas obligé de répondre à des échéanciers précis; il a donc pris son temps. Le terrain est acheté deux ans avant le début des travaux. Ce délai représente le temps nécessaire pour que l'architecte puisse bien comprendre l'espace. Avant d'en arriver au produit fini, il y aura plus de 12 versions préliminaires et on aura jonglé tout ce temps afin de maximiser l'espace. L'architecte explique que, «tout à coup, tout ça s'imbrique et on ne peut plus rien changer... ou on recommence et on change tout!»

    S'érige dorénavant sur ce terrain un duplex avec un logement en rez-de-chaussée et le logement d'Éric Leblanc, qui occupe les premier et deuxième étages.

    Rapidement, l'idée d'une terrasse centrale s'impose: «On a vite compris que cet espace allait recevoir suffisamment de soleil pour être agréable et devenir une pièce supplémentaire de la maison», raconte-t-il.

    Quand on vient insérer une nouvelle construction dans un tissu urbain très serré, on doit faire des choix dictés par les constructions voisines: «À droite, la bâtisse est construite jusqu'au fond du terrain sur trois étages, alors qu'à gauche, c'est un duplex sur deux étages construit plutôt à l'avant du terrain», explique l'architecte. Le dégagement pour la terrasse est donc excentré vers la gauche et appuyé sur le mur mitoyen. La terrasse profite ainsi du soleil de l'après-midi.

    Moduler l'espace

    La façade de l'immeuble ne laisse pas présumer de la lumière qu'on retrouve à l'intérieur: il n'y a pas de fenêtres! Elles sont toutes vers le centre et l'arrière, et ce n'est qu'en entrant qu'on prend conscience de la chose. Il faut d'abord emprunter un long escalier qui s'ouvre sur le séjour. Avec tout son mur de fenêtres, la pièce est lumineuse comme toutes les autres qui s'ouvrent sur la terrasse: «C'est important, le lien entre les espaces, c'est pourquoi tout est ouvert sur la terrasse. Ici, il n'y a aucune porte, les espaces se modulent plus aisément ainsi», explique l'architecte

    Partout, le plancher est de bambou. Ce matériau qu'on dit plus solide que le chêne est stratifié puis découpé en lattes, donnant l'impression d'un plancher de bois franc. Tout au fond se trouve la cuisine et la salle d'eau.

    Mais avant d'arriver à la cuisine, on doit traverser la salle à manger avec ses fenêtres qui s'ouvrent... sur la terrasse! Côté cuisine, le petit budget a fait en sorte qu'on a opté pour la mélamine et le bois stratifié. On s'est quand même permis le luxe d'un long comptoir de bois. Ici, l'accent est mis sur la fenestration. On a percé le mur sur toute la longueur du comptoir et tout juste à sa hauteur. Au sol, un lino bleu, qu'on retrouve aussi dans la salle d'eau. Pièce minuscule, celle-ci est peinte en bleu et égayée par un mur de mosaïque de pâte de verre dans les tons orangés. On a joué avec la texture de la mosaïque en l'installant à la mexicaine, c'est-à-dire sans faire de joints, simplement en la fixant sur le ciment. Sur un repli de ce mur, on est venu déposer un bol à salade de bois qui fait office de lavabo.

    Dans le secteur «circulation» de la maison, Éric Leblanc a créé un escalier qui semble flotter dans les airs. Chacune des marches d'acier donne l'impression de sortir du mur sans y être retenue. À l'étage, le passage est percé de trois fenêtres: «On est ici aux premières loges pour les feux d'artifice», blague Éric Leblanc. Plus loin, la chambre principale impressionne par son minimalisme. On n'y retrouve qu'un lit, c'est tout! Un rangement s'étire le long d'un mur caché derrière des panneaux de tissu alors que, de l'autre côté encore, ce mur est complètement vitré.

    L'espace du fond est occupé par le bureau de l'architecte. Encore ici, une douce lumière filtre par les fenêtres qui donnent une vue spectaculaire du pont Jacques-Cartier.

    La salle de bains se pare de carrés de céramique crème pour habiller sol et murs. Une douche complètement ouverte et une baignoire complètent le décor.

    Et maintenant, parlons-en, de cette fameuse terrasse. Elle joue la transparence tout en étant omniprésente. Peu importe où on se trouve dans la maison, elle est dans notre champ de vision. De la salle à manger, on peut observer la chambre, et, du bureau, on voit très bien ce qui se passe au salon. «Mon petit garçon adore jouer avec moi à la cachette à travers les pièces», raconte en riant Éric Leblanc.

    Pour le recouvrement extérieur de la demeure, on a utilisé des matériaux qui s'intègrent au milieu. Sur la façade, on a utilisé de la brique et des blocs de ciment. Par contre, à l'arrière, inspiré par les anciens hangars du quartier, on a utilisé la tôle ondulée.

    Voici un projet qui remplit ses promesses: une construction originale, des espaces invitants d'où se dégage une impression de simplicité aux parfums orientaux.

    À l'arrière, inspiré par les anciens hangars du quartier, on a utilisé la tôle ondulée.












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