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    Pointe-à-Callière

    Pointe-à-Callière : visite au centre de la ville

    4 mars 2017 | Claude Lafleur - Collaboration spéciale | Arts visuels
    Le renouvellement du système d’éclairage permet de mieux visualiser la succession des différents emplacements de l’exposition permanente.
    Photo: GSMProject Le renouvellement du système d’éclairage permet de mieux visualiser la succession des différents emplacements de l’exposition permanente.
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Qui ne connaît pas le musée Pointe-à-Callière ? Qui ne l’a pas visité… au moins une fois ?

     

    « Il va falloir que vous reveniez nous visiter puisque nous avons renouvelé une bonne partie de nos expositions permanentes et nous ouvrirons un nouveau pavillon en mai », rétorque Anne Élisabeth Thibault, directrice expositions-collections de Pointe-à-Callière.

     

    Ce musée a ceci de particulier qu’il est situé précisément au lieu où se sont installés ses premiers occupants. Montréal serait la seule ville en Amérique du Nord — et l’une des rares au monde — où l’on sait exactement où vivaient ses premiers habitants.

     

    Et c’est par ses soubassements et les souterrains adjacents que Pointe-à-Callière nous invite à marcher sur les traces des premiers habitants. Dans quelques semaines, nous annonce Mme Thibault, nous aurons même l’occasion de marcher juste au-dessus des pas des fondateurs de la ville, Paul Chomedey de Maisonneuve et de Jeanne Mance. En effet, le nouveau pavillon qui sera bientôt inauguré recouvre les vestiges du fort de Ville-Marie, qui deviendra plus tard Montréal. « Dans cet édifice, nous avons construit un sol en verre sur lequel les visiteurs marcheront littéralement sur les pas des premiers Montréalistes, précise Mme Thibault. On flotte donc au-dessus de ces vestiges ! »

     

    L’archéologie à l’ère du multimédia

     

    Les expositions permanentes de Pointe-à-Callière sont liées aux vestiges archéologiques de Montréal, alors que le musée présente des expositions temporaires qui, pour la plupart, mettent en valeur d’autres civilisations ou certains aspects particuliers de la vie montréalaise. Le musée se fait aussi un point d’honneur d’utiliser les approches les plus novatrices en matière de multimédia, ce qui en fait un leader mondial en la matière.

     

    Ainsi, la visite des expositions permanentes s’amorce dans une salle multimédia qui surplombe des vestiges archéologiques intégrés au spectacle. On se dirige ensuite vers le sous-sol, pour visiter l’ensemble des vestiges qui constituent l’exposition permanente.

     

    « Pointe-à-Callière présente l’histoire de Montréal à partir de son site de fondation, explique Anne Élisabeth Thibault, donc à partir des vestiges archéologiques que nous avons trouvés. Notre objectif, c’est toujours de faire parler ces vestiges et notre approche, c’est l’humain, donc de faire parler les hommes et les femmes qui ont construit Montréal. »

     

    Parmi les plus récentes innovations, explique la directrice expositions-collections, le musée recourt au multimédia pour nous faire vivre une expérience immersive. « Lorsqu’on se dirige vers le Carré des vestiges — situé sous la place Royale —, on traverse une projection vidéo avec narration et jeux de lumière afin de présenter aux visiteurs les personnages qui constituent l’histoire de Montréal. » Le nouveau système d’éclairage permet notamment de mieux visualiser la succession des différents emplacements.

     

    Désormais, le musée accorde une place importante au traité de la Grande Paix conclu en 1701 entre les colons de Montréal et les autochtones et qui marque un tournant dans les débuts de Montréal.

     

    « On sait que la Grande Paix de Montréal, mise en avant par Louis-Hector de Callière, a eu lieu sur le site actuel du Vieux-Montréal, indique Anne Élisabeth Thibault. Ç’a été un très, très grand événement continental puisque cette paix a ensuite permis de procéder au développement commercial de Montréal. C’est ce qui a fait que Montréal est devenue ce qu’elle est aujourd’hui. »

     

    Vers le fort de Ville-Marie par les égouts

     

    Chose inusitée, la visite du sous-sol du musée nous amène à parcourir le premier égout collecteur érigé en Amérique du Nord. Construit entre 1832 et 1838, ce majestueux conduit en pierre est demeuré en service jusqu’en 1989. Il s’agit d’un magnifique ouvrage d’ingénierie civile, comme le décrit Mme Thibault.

     

    Lors des visites précédentes du musée, on pouvait parcourir une dizaine de mètres de cet égout, qui en fait en réalité 400, s’étendant jusqu’à la rue McGill. Mais voilà qu’on en parcourra désormais 110 mètres afin de parvenir jusqu’aux vestiges du fort de Ville-Marie.

     

    « Pour accéder au fort, les visiteurs passeront à travers un artefact qui fait 100 mètres de long : le premier égout collecteur de Montréal, explique fièrement Mme Thibault. C’est un artefact unique à Montréal et dans lequel on vous fait vivre une expérience multimédia complète, avec projections, sons et lumières. Vous verrez, c’est un très, très bel endroit », promet-elle.

     

    Ce passage nous mène jusqu’aux vestiges du fort de Ville-Marie, situé sous un petit immeuble à l’ouest du musée. Il s’agit du premier fort bâti par Maisonneuve et Jeanne Mance en 1742 et qu’on vient de mettre au jour.

     

    « Les archéologues savaient depuis au moins vingt ans qu’on était sur le site de ce fort, rapporte Mme Thibault. Mais on ignorait son emplacement précis. »

     

    Il y a une dizaine d’années, Pointe-à-Callière a eu accès à un petit atelier pour bateaux, désaffecté depuis des décennies. En partenariat avec l’Université de Montréal, des fouilles y ont été menées. « On y a enfin découvert les traces du fort de Ville-Marie, relève Mme Thibault. Ç’a été incroyable ! On a même été capables de modéliser le fort et de voir le terrain qu’il couvrait. »

     

    « Nous n’avons pas repéré tout le fort, poursuit-elle, puisqu’il était très vaste, mais nous en avons une portion. Dans nos fouilles, nous avons aussi découvert des vestiges plus récents, ce qui nous permet de suivre l’évolution du site dans le temps, de voir que les résidants ont par la suite construit un puits, une forge, etc. Nous mettons donc en valeur des vestiges de plusieurs périodes. »

     

    Le 17 mai prochain — date qui correspond au 375e anniversaire de fondation de Montréal —, Pointe-à-Callière célébrera ses 25 ans d’existence. Pour souligner ce double anniversaire, le musée s’offre en cadeau… en nous donnant accès gratuitement à toutes ses expositions pendant un mois, du 20 mai au 20 juin. « C’est un cadeau que nous nous faisons et que nous faisons aux Montréalais », confirme Anne Élisabeth Thibault.













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