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    Arts visuels

    Pourvoyeurs de collectivités

    Le 375e de Montréal fera sentir sa présence dans les centres d’artistes et les galeries

    14 janvier 2017 | Jérôme Delgado - Collaborateur | Arts visuels
    Serge Clément, «Flip», Outremont, Québec, 1975, #1978-052-05A, 1975/2015. Tirée de «cARTographier» à la galerie Simon Blais.
    Photo: Source Galerie Simon Blais Serge Clément, «Flip», Outremont, Québec, 1975, #1978-052-05A, 1975/2015. Tirée de «cARTographier» à la galerie Simon Blais.

    En cette année de festivités à Montréal, les sentiments d’appartenance à un groupe seront bien présents dans les centres d’artistes et les galeries. Oui, le 375e sera manifeste, mais il ne sera pas le seul motif à exposition. Tour d’horizon.

     

    Montréal et urbanité

     

    Avec cARTographier (dès le 25 janvier), la galerie Simon Blais soulignera le 375e de Montréal. L’exposition réunira des artistes qui ont marqué le paysage montréalais (Riopelle, Ferron, Daudelin, Michel Goulet) et en inclura d’autres qui ont scruté la ville par le truchement de la photographie. De Serge Clément, on aura droit à Outremont sous la neige, de Bertrand Carrière, au Red Light, de Françoise Sullivan, aux raffineries, et de Yann Pocreau, au chantier du CHUM.

     

    Au même moment, la galerie Hugues Charbonneau jettera, avec Recomposer la ville, un regard critique sur le 375e en l’abordant par la planification urbaine, les luttes sociales et des thèmes identitaires. Quatre artistes sont concernés : Isabelle Hayeur, Maria Hupfield, David Lafrance et Alain Paiement.

     

    Hors Montréal, mais toujours en regard d’une urbanité qui se montre parfois agressive, Le Lieu accueille, dès maintenant, le « travail tenace et engagé » de l’artiste Marc Boutin. La ville affrontée offre un regard rétrospectif sur 40 ans de luttes pour l’amour de Québec et contre les promoteurs immobiliers.

     

    Qui dit année de célébrations dit 50 ans d’Expo 67. Le centre MAI reviendra sur ce qui est vu comme le premier pan de Montréal en tant que ville planétaire. Pour Expo 67/17 (avril-mai), le diffuseur du quartier Milton Parc invitera un maximum d’artistes, question, souligne-t-on, de reprendre les thèmes de l’Exposition universelle : « l’individu en tant que personne créatrice, exploratrice, productrice et pourvoyeuse de sa collectivité ».

     

    Dessin et autres regroupements

     

    Depuis 2013, la famille du dessin publie sporadiquement la revue HB. La voilà qu’elle passe à l’exposition. Réunis autour de l’intitulé HB no 6/Hors page, dix experts du crayon (ou de la souris, parce que le dessin est aussi numérique) occupent le centre Clark depuis quelques jours. Cette expo se présente comme le sixième numéro de la revue, complètement défigurée pour l’occasion. Le dessin ne tient plus dans le cadre restreint d’une page de magazine. Il est vaste, impossible à reproduire, immersif et en mouvement.

    Photo: Source Centre Clark Jess Johnson Simon Ward, détail d’«Ixian Gate», 2015. L’animation fait partie de l’expo «HB no 6/Hors page», qui rassemble dix experts du crayon (ou de la souris) au centre Clark.
     

    Le très numérique centre Eastern Bloc s’aventure dans l’inimaginable : la vie après Internet. L’expo The Dead Web – La fin (dès le 19 janvier) réunit cinq artistes et collectifs. Parmi d’autres regroupements disciplinaires, soulignons les expositions I’ve Only Known My Own autour de la performance (Optica, avril-juin) et L’image en mouvement (Galerie de l’UQAM, février-avril), ainsi que le programme vidéo Pont/Bridge (Dazibao, avril-juin). Dans les deux derniers cas, il s’agit d’échanges internationaux, le premier avec Genève, le second avec le Royaume-Uni.

     

    Pour riposter à une Syrie terre de chaos et de violence depuis 2011, le centre Skol propose, déjà en ce moment, l’exposition Paysage interne. Celle-ci rassemble une rare sélection d’artistes syriens avec des thèmes paisibles, comme « la pudeur, la délicatesse du trait, le format modeste de la page de croquis, la fragilité du papier ».

     

    L’ensemble autochtone

     

    La vaste famille autochtone sera bien visible, au-delà d’une seule exposition et de la simple manifestation de service — ce que La Biennale d’art autochtone pilotée par la galerie Art mûr a joué dans le passé. Rebaptisée Wood Land School, la galerie SBC, au Belgo, en sera sa principale vitrine.

     

    Wood Land School est le nom d’un collectif aux contours variables, fondé dans le nord de l’Ontario par l’artiste Duane Linklater. Au centre-ville de Montréal, il prendra la forme d’une exposition qui couvrira à elle seule toute l’année de la SBC. Toute la mise en espace suivra un lent processus et sera ponctuée par de petits gestes, dont le premier est attendu le 21 janvier. On rendra alors un hommage posthume à Annie Pootoogook, lauréate du prix Sobey en 2006 et décédée en septembre.

     

    À la galerie Leonard et Bina Ellen de l’Université Concordia, l’année débute par la très politisée Actes de souveraineté (dès le 21 janvier). Présentée en 2015 à Toronto, cette expo confronte les stéréotypes de l’Indien mis en spectacle à travers les oeuvres de huit artistes, dont les renommés Rebecca Belmore, Lori Blondeau et Robert Houle.

    Photo: Avec l’aimable concours de l’artiste Dayna Danger, Adrienne, 2016. L’œuvre fera partie de la politisée «Actes de souveraineté» à la galerie Leonard et Bina Ellen.
     

    Il n’y a peut-être pas de Biennale au menu, mais un Printemps autochtone d’art, si. La 3e édition de ce festival multidisciplinaire prendra place à la Maison de la culture Frontenac et le volet arts visuels (avril à juin) mettra à l’honneur deux artistes de Kahnawake. À noter aussi que deux artistes autochtones auront droit à leurs premiers solos à Montréal : Sony Assu à Art mûr (à compter d’aujourd’hui) et Skawennati au centre Oboro (en février).

     

    Des individualités

     

    Enfin, notons quelques solos parmi tous ceux annoncés. Déjà en cours à la Galerie de l’UQAM, celui de Françoise Sullivan rassemble des oeuvres conceptuelles mettant en valeur corps et environnement. Les systèmes mécaniques de Jean-Pierre Gauthier seront en vedette à la Fondation Molinari (dès le 19 janvier), puis à la jeune galerie du centre-ville Ellephant (février-mars).

     

    L’Arsenal honore le très éclectique Marc Séguin avec une expo, déjà en cours, autour de lui et de son travail. La Fondation DHC, elle, proposera à compter d’avril les installations vidéo du Britannique Ed Atkins, nouvelle figure internationale.

     

    Le centre Circa accueille le projet Made in Quebec de Kim Waldron (dès le 21 janvier) et la galerie Parisian Laundry, une nouvelle installation du festif et rassembleur Dean Baldwin (février-mars). Pendant que la Fonderie Darling a repêché de la Biennale de Montréal la Sud-Africaine Dineo Seshee Bopape (mars-mai), le centre Vox réserve son printemps (avril-juin) à Serge Tousignant pour une rétrospective de l’ensemble de son oeuvre (photo, sculpture, peinture, installation). Sans doute le clou de la saison.













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