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    Un parcours aux accents écologiques

    L’exposition «Biotope» propose une vision intégrée de la culture et de l’architecture durable

    13 août 2016 | Marie-Ève Charron - Collaboratrice | Arts visuels
    Détail de l’œuvre «Le nième continent» de Diane Landry
    Photo: Megane Guillard Détail de l’œuvre «Le nième continent» de Diane Landry

    En cours depuis le début de l’été, l’exposition se démarque par son judicieux souci d’intégration. Suivant le principe selon lequel la vitalité culturelle va de pair avec le développement durable, elle réunit des oeuvres fortes abordant des questions environnementales et écologiques. Elle se déploie aussi en trois lieux, deux maisons de la culture et un centre culturel, tissant ainsi des collaborations entre des partenaires d’un même réseau.

     

    De part en part, l’exposition se fonde sur la préoccupation du vivre en commun, concourant de ce fait à remplir la mission propre à ces lieux, pour qui la vie citoyenne passe par une démocratisation de l’accès à la culture. Le programme éducatif développé sur mesure, combinant visite guidée et opuscule instructif, confirme d’ailleurs que rien n’a été négligé sur ce plan.

     

    Alors que les oeuvres d’Ana Rewakovicz, d’Andréanne Godin, de Diane Landry, de Jannick Deslauriers et du duo Zoné vert — faites d’objets détournés, de matière vivante ou de matériaux non artistiques — s’inscrivent en porte-à-faux avec les domaines du design, du bâti et de l’aménagement, les espaces physiques qui les présentent sont eux-mêmes identifiés comme des exemples d’architecture durable et de solutions incarnées pour défier la pollution. La visite, dont l’ordre des escales importe peu, éveille doublement.

     

    Équilibres précaires

     

    Le concept est poussé à l’extrême au centre culturel Notre-Dame-de-Grâce, où l’oeuvre de Zoné vert semble disparaître dans le décor. Quoique s’élevant dans le hall d’entrée, la sculpture du duo, de bois brut et transformé, cède toute l’attention au lieu et à sa conception recherchée, signature du consortium Big City, Fichten et associés et L’OeUF. Le nouveau bâtiment, qui abrite entre autres une bibliothèque et une salle de spectacle, entend bien redéfinir les normes en matière d’architecture publique en offrant une construction durable et plus dynamique pour les usagers.

     

    À l’inverse, à la Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce, les oeuvres de Diane Landry et de Jannick Deslauriers, réparties sur deux étages, parviennent à faire oublier le caractère ingrat des espaces d’exposition dans cette bâtisse qui nous ramène à une époque qui ne savait rien des défis actuels posés à la planète. La délicate installation de soie et de fils de Deslauriers est à l’image du marais qu’elle représente, à savoir un fragile écosystème menacé par l’intensification du transport des marchandises. Parmi les nénuphars en floraison dérivent les tristes épaves de trois conteneurs. Landry, quant à elle, arrache de leur ordinaire des objets de consommation qu’elle assemble avec ingéniosité dans des installations cinétiques et sonores. Jantes de vélo, bouteilles de plastique, règles et patères configurent des oeuvres en mouvement et lumineuses capables d’évoquer les cycles de la vie et des objets.

     

    Avec des allusions plus ou moins directes au paysage, les oeuvres ont surtout en commun d’interroger la façon d’habiter les territoires et d’en exploiter les ressources. Aussi, avec Montagne stérile (2012-2013), Andréanne Godin, à la Maison de la culture Côte-des-Neiges, aborde l’impact des activités minières sur le paysage de son Abitibi natale et leur rôle dans le développement économique de la région. Un imposant fatras rocheux, suggéré par une enveloppe de laine grise crochetée couvrant une masse irrégulière, rappelle les remblais ou les empilements de pneus en périphérie des mines, symbole ambigu du maillage entre les compagnies exploitantes et la population à proximité.

     

    Les zones limitrophes sont loin d’être anodines, comme le prouve la terrasse extérieure jouxtant l’espace d’exposition, un toit vert dont l’existence est soulignée. La réduction de la pollution en espace urbain passe en effet par sa végétalisation, à commencer par les surfaces en pourtour des édifices, autrement perdus. Le sujet est d’emblée introduit, à l’intérieur, avec l’installation d’Ana Rewakowicz, dont les bulles en plastique suspendues abritent des végétaux gardés en vie grâce à un sophistiqué système contrôlé par ordinateur. Cette culture en serre, qui participe autant d’une vision optimiste que pessimiste, prévoit, par le truchement d’une paille, intégrer le souffle chargé de CO2 des visiteurs. L’humain, si cela n’était pas encore assez clair, est bien l’imparable facteur dont l’équilibre du monde dépend.

    Détail de l’œuvre «Le nième continent» de Diane Landry L'oeuvre «LSS (Life Support System)» L'oeuvre de Mandala Naya dans la série «Le déclin bleu» Détail de l'oeuvre «Les naufragés» de l'exposition «Biotope» L'oeuvre «Parole d'arbres» de l'exposition «Biotope»
    Biotope
    Au Centre culturel de Notre-Dame-de-Grâce (6400, avenue Monkland) ; à la Maison de la culture de Côte-des-Neiges (5290, chemin de la Côte-des-Neiges) ; à la Maison de la culture Notre-Dame-de-Grâce (3755, rue Botrel) jusqu’au 18 septembre












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