Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Abonnez-vous!
    Connectez-vous
    Musée Dufresne-Nincheri

    Le «Big O», ses attraits, ses hommes, ses femmes

    14 mai 2016 | Jérôme Delgado - Collaboration spéciale | Arts visuels
    Le Français Roger Taillibert devant la maquette du Parc olympique
    Photo: Musée Dufresne-Nincheri Le Français Roger Taillibert devant la maquette du Parc olympique
    Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

    Il y a 40 ans cet été, la messe olympique était célébrée pour la première fois au Canada, à Montréal. Pour le souligner, et pour davantage rappeler le grandiose de l’aventure qu’insister sur l’amer héritage qui semble coller aux Jeux olympiques (JO) de 1976, un événement tripartite prendra place dans Hochelaga-Maisonneuve. Non pas une, ni deux, mais trois expositions chercheront à rallumer la petite flamme en dormance dans l’âme de bien des Montréalais.

     

    Point de nostalgie, note cependant Soraya Bassil, chercheuse de l’UQAM spécialisée dans le domaine du patrimoine. C’est elle, en tant que membre de Docomomo Québec, organisme voué à la sauvegarde de l’architecture moderne, qui a eu le mandat de monter une des trois expositions pensées pour ce quarantième anniversaire des JO montréalais.

     

    « Je suis neutre, dit-elle. Je présente un projet architectural, pas de débats politiques, ou de débats sur le financement. Je m’en tiens au projet tel qu’il était. Un projet d’envergure et de calibre international. »

     

    À l’affiche du Musée Dufresne-Nincheri (jadis Château Dufresne), l’exposition intitulée Le Parc olympique, une architecture à célébrer ne fait pas dans la dentelle. Le programme en béton conçu par le Français Roger Taillibert — le stade, mais aussi l’esplanade et les bâtiments connexes (la tour, la piscine et le vélodrome transformé en zoo intérieur) — est une grande oeuvre.

     

    L’exposition découle de l’étude patrimoniale commandée par Le Parc olympique à France Vanlaethem, la présidente de Docomomo Québec. Elle est donc tenue à une rigueur historique dont le but est de justifier cette célébration. Le stade, aussi honni soit-il parfois, et les JO de Montréal s’inscrivent dans une longue aventure.

     

    « On montre, dit Soraya Bassil, qu’il y a eu un développement du projet olympique, porté par deux maires, Camilien Houde, d’abord, puis Jean Drapeau. »

     

    Montréal a obtenu les JO de 1976 après plusieurs tentatives. En 1939, puis en 1956, deux bureaux prestigieux avaient été invités à penser, sur le même site voisin du parc Maisonneuve, des complexes sportifs. Dans le second cas, le projet mené par la firme new-yorkaise Clarke Rapuano donnera naissance à l’aréna (aujourd’hui Maurice-Richard) et à la palestre, qui serviront d’installations olympiques.

     

    L’exposition du Musée Dufresne-Nincheri sera essentiellement composée d’archives photographiques, de quelques plans, mais de peu de maquettes. C’est que le fonds Taillibert est fermé à double tour. L’architecte est toujours vivant, et demeure très amer de son expérience montréalaise. « Les documents qu’on présente, ce ne sont pas les documents de Taillibert ; les dessins ne sont pas ses dessins », confie la commissaire.

     

    Des étudiants de Soraya Bassil ont cependant été invités à faire des maquettes du programme proposé par Roger Taillibert. Il y aura aussi quelques objets originaux, comme le banc-table conçu pour les JO par François Dallegret.

     

    L’exposition est répartie en cinq zones, avec un accent mis sur le stade, ce « Big O » qui fait figure d’emblème.

     

    « On montre l’utilisation du site, les gens dans l’esplanade, le jour, la nuit, ainsi que les bassins d’eau qui avaient été intégrés. On montre l’état d’origine du site, poursuit Soraya Bassil, mais pour nous, l’histoire s’arrête à 1987, lors de la pose de la première toile [comme toit du stade]. »

     

    Le volet L’expérience olympique se tiendra au stade et dans la tour. On y proposera un voyage dans le temps, ponctué de comptes-rendus et d’anecdotes sur les compétitions et sur la vie pendant la fête olympique. Du chantier qui s’éternisait aux performances magiques de Nadia Comaneci sur la poutre (qui ont eu lieu au Forum), c’est l’ensemble de l’aventure qui sera décortiquée.

     

    Une visite guidée jusque dans les entrailles du stade sera également offerte.

     

    Enfin, à la maison de la culture Maisonneuve, située sur la rue Ontario Est, on fera revivre les JO grâce à leur visage le plus humain. Sous l’intitulé Les bâtisseurs des Jeux olympiques de Montréal, des hommes et des femmes d’exception…, ce sont les gens qui ont travaillé à la réalisation des JO qui seront à l’honneur. Des gens, dit-on, « issus des professions des plus variées […], recrutés pour leur génie et leur savoir-faire [qui] ont dû faire face à des enjeux organisationnels, économiques, urbanistiques et sociétaux majeurs ».

     

    L’exposition sur les trois sites débute le 1er juin et sera payante.













    Envoyer
    Fermer
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.